'The green hornet' c'est 'Retour vers le futur' : adapté d'une pièce radiophonique remontant carrément aux années 30, devenue par après une bande dessinée, mais surtout dans les années 60 une série télévisée qui n'a pas eu de succès (elle compte seulement 26 épisodes de 26mn), mais qui est devenue culte par après en raison de la présence à son générique de Bruce Lee (auquel il est d'ailleurs rendu hommage dans ce film au travers de quelques dessins le représentant dans le carnet à croquis de Kato), ce long-métrage rétro-bricolo-gondriaque est une parodie des films de super-héros qui abondent désormais sur nos écrans tournée à la sauce de l'époque avec même un méchant autrichien, naturalisé allemand, en l'occurrence l'excellent Christoph Waltz (qui a quand même eu la très mauvaise idée -sauf pour son portefeuille- de préférer ce film au dernier opus en date de David Cronenberg) qui prend donc ce faisant la succession des éminents méchants allemands d'antan comme Gert Froebe, Peter van Eyck ou Mario Adorf qui sévirent sur tous les écrans pendant toutes les années 60 dans le rôle « du tonnerre qui frappe la foudre » .
Aux commandes d'un blockbuster, le grand enfant qu'est le formidable Michel Gondry s'est donc laissé tenter par cette superproduction pétaradante accumulant gadgets, courses-poursuites, bagarres et explosions et qui raconte 20 ans après (c'est le syndrome Alexandre Dumas) les aventures du petit devenu grand Britt Reid (Seth Rogen, qui n'a pas dû être trop dépaysé dans cette comédie presque apatowienne), héritier de son père (le grand Tom Wilkinson) d'un journal que dirige en fait Mike Axford (le sympathique Edward James Olmos, le commandant Adama dans 'Battlestar Galactica') et donc magnat de la presse le jour, et justicier sous le pseudonyme du Frelon Vert assisté de l'époustouflant Kato (le musicien et chanteur taïwanais Jay Chou, vu dans 'La cité interdite') la nuit (ou presque), tous deux luttant pour le droit à la teuferie d'enfer et pour tomber Cameron Diaz (qui n'a toutefois pas vraiment grand-chose à faire tout au long du film).
Trop vulgaire pour les enfants et pas assez fine pour les cinéphiles, l'histoire de ce grand imbécile d'américain qui ne serait rien sans son partenaire chinois (est-ce que cela ne vous dirait pas un petit quelque chose « par hasard et pas rasé » ?) est on ne peut plus actuelle finalement malgré son côté « rétro c'est trop », mais s'adresse surtout aux ado- et adulescents qui constituent désormais le gros des troupes de nos salles obscures. A bon entendeur, salut !