Cet album de Mike Skinner, aka The Streets, est un décrochage dans sa carrière.
Après deux albums passés à raconter la vie des branleurs, l'anglais le plus direct et le plus tchacheur du moment revient avec un album affranchi de l'influence des musiques noires (hip hop, reggae, funk et nu-soul réglaient les sons des deux précédents épisodes), et s'ouvre sur un répertoire plus grand (les Beatles font leur grande apparition).
Si certains regretteront que l'homme ne raconte plus ce qu'ils vivent, il faut reconnaitre que Skinner reste fidèle à ses principes: raconter ce que lui vit.
Avec le succès et l'argent, ces thèmes ont maintenant changé et ont été approfondis: Memento Mori (réflexion sur la façon dont il faut mener sa vie et de la place de la mort) est franchement philosophique, Hotel Expressionism se moque ouvertement de la société intellectualiste... Là où l'artiste va le plus loin, c'est sur Never Went To Church, qui relate la mort de son père et la recherche d'une compréhension qui en découle. Mike Skinner est alors franchement prenant et nous livre un petit sommet de pop (rythmé par les Beatles) à mon avis plus touchant que Dry your eyes du précédent album.
Que les amateurs de gouaille anglaise se rassure, l'album regorge de chansons auxquels les Streets nous ont habitué: Prangin out (assez funk), Fake Street Hats (très hip hop)...
Bref, un album très complet qui se dégage de la noirceur des précédents, en étant toujours aussi honnête, et qui marque un tournant dans la carrière de cet anglais, décidemment très à l'aise.