Du passé faisons table rase. C'est sans nul doute ce que blackie et sa bande ont dû se dire au moment de publier ce quatrième album. Exit le Hard Rock "Grand guignol": Scie circulaire sur les parties, jet de barbaque dans le public ou toutes autres artifices à base d'émoglobine. Le grand "Electric circus" a définitivement plié bagages et Wasp clôt ce qui reste des années 80 en délivrant son disque le plus rageur et le plus aboutit musicalement. La suite ne sera que redite ou simple déclinaison.
Ce qui est certain c'est qu'en ouvrant pour le géant Iron Maiden, Wasp a eu une révélation. Comme s'il s'était apperçu que même en combinant puissance et structures alambyquées on ne perdait en rien de son pouvoir de séduction sur un public avide de décibels.
Dès l'introductif "The Heretic", on mesure à quel point Maiden aura eu une influence positive sur l'écriture de Blackie.
Délaissant la Basse, le Chanteur s'empare cette fois de la guitare rythmique. Epaulant/soutenant dorénavant son guitariste soliste, la musique de Wasp s'en retrouve enrichie et bien plus acérée qu'auparavant. L'incorporation du marteleur Frankie Banalie (ex Quiet Riot) et du Bassiste Johnny Rod renforce encore d'avantage la cohésion du groupe.
Au sortir de l'album, le verdict est sans appel: "The headless children" est une déflagration sans nom. La cohésion, la force qui s'en dégage laisse à penser qu'après l'écoute de cet opus l'herbe ne repoussera plus. Riff acérés (Chris Holmes réinventant son jeu), double grosse caisse en rafale, quand les vocaux possédés de Blackie éructent comme jamais des paroles non dénuées de sens. Venu prêter main forte à ce "nouveau" Wasp, le clavieriste Ken Hensley apporte avec justesse et le métier qu'on lui connait le petit plus qui fait parfois la différence. Et différent, "Headless children" l'est en tout point de ses prédécesseurs. Certes on pourra toujours dire que sur un ou deux titres, l'album perd un poil de son intensité et que une fois encore la production est un peu sèche (comme sur "Crimson idol"). Sacré bon disque quand même (et quelle pochette !). Une chose est sûre: Il y aura eu chez ce groupe un avant et un après "Headless children". 17/20