The Jam

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Biographie

Paul Weller (guitare) et Rick Buckler (batterie), originaires de Woking, dans le Surrey, se connaissent depuis 1973. C'est sur l'impulsion du guitariste Steve Brookes qu'ils forment The Jam qui n'est, à ses débuts, qu'un rassemblement de copains venus faire la fête. Paradoxalement, c'est avec le départ de Brookes en 1975 que le groupe, rejoint par Bruce Foxton (basse), devient plus sérieux et commence à faire des progrès, alors que ses membres vont encore à l'école.

Weller a 17 ans et vient de découvrir Dr. Feelgood et leur album, Down By the Jetty. Comme beaucoup de groupes punk, The Jam ... Lire la suite

Paul Weller (guitare) et Rick Buckler (batterie), originaires de Woking, dans le Surrey, se connaissent depuis 1973. C'est sur l'impulsion du guitariste Steve Brookes qu'ils forment The Jam qui n'est, à ses débuts, qu'un rassemblement de copains venus faire la fête. Paradoxalement, c'est avec le départ de Brookes en 1975 que le groupe, rejoint par Bruce Foxton (basse), devient plus sérieux et commence à faire des progrès, alors que ses membres vont encore à l'école.

Weller a 17 ans et vient de découvrir Dr. Feelgood et leur album, Down By the Jetty. Comme beaucoup de groupes punk, The Jam fait ses armes avec le pub rock.Grâce à leur manager, John Weller, qui n'est autre que le papa de Paul, The Jam entreprend dès le début 1976 d'écumer le circuit des pubs londoniens. C'est à cette époque que Paul découvre des groupes anglais des années 1960 comme The Who et The Small Faces, et, dix ans après ses nouveaux héros, devient à son tour un mod, sacrifiant à tous les rituels de cette tradition de dandys typiquement britanniques : il s'achète un scooter, une parka et se rend à des soirées Northern Soul.

Le mélange d'influences rock sixties et rhythm'n'blues va ainsi marquer sa musique pour toujours, et le son du groupe devient immédiatement plus nerveux et agressif. Weller constate qu'il est dans l'air du temps quand il découvre en juillet les Sex Pistols sur scène : ces leaders de la nouvelle vague punk aiment les mêmes groupes que lui (ils reprennent eux aussi des titres des Small Faces) et jouent avec la même énergie (et le même manque de technique...).

Un autre groupe phare de cette révolution musicale, The Clash, va jouer un rôle important en poussant Weller à écrire ses propres chansons dans une veine personnelle, comme il le confirmera bien plus tard, à sa façon, au magazine Mojo : « Certaines des premières chansons de The Jam étaient exécrables, des tentatives de prises de conscience sociales. Mais ce n'était que moi singeant The Clash, après avoir lu des interviews de Joe Strummer et de Mick Jones, disant que les gens devraient écrire à propos de ce qui se passe aujourd'hui. Je n'y avais jamais pensé auparavant. »

Ces chroniques virulentes de la vie de la classe moyenne, dans la grande tradition de celles que Ray Davies concoctait dix ans plus tôt pour les Kinks, seront en grande partie responsable du succès immédiat de The Jam auprès des jeunes anglais (on parlera bientôt de Weller comme de la « voix de sa génération ») et des moins jeunes : Pete Townshend (The Who) ne tardera pas à le considérer comme son digne successeur.

En septembre 1976, alors que le groupe se produit dans tous les clubs en vue de la capitale (Nashville Rooms, 100 Club, Greyhound), paraissent dans la presse les premiers articles à lui être consacrés. Il attire ainsi l'attention de Chris Parry, directeur artistique chez Polydor, qui a une revanche à prendre car CBS vient de lui piquer The Clash... The Jam signe avec Polydor en février 1977, pour une avance de 6 000 Livres (bientôt renégociée) !

Le premier album, In The City, sort en mai, à la suite du single du même nom. The Jam est pris dans la tourmente punk tout en conservant ses distances par rapport à ce « mouvement » : « Nous ne sommes pas vraiment un groupe punk, mais je suppose que nous faisons partie de la new wave » déclare alors Weller. L'album se vend à plus de 60 000 exemplaires en quelques semaines et atteint la 20ème place des classements, alors que le groupe participe à la fameuse tournée Anarchy des Sex Pistols, dont il se fait rapidement virer pour des raisons prétendues idéologiques.

Le trio est effectivement mal vu par les punks, considéré comme une bande d'arrivistes en costumes noir et blanc sixties n'ayant pas les bonnes coupes de cheveux. Le paradoxe, comme à l'époque de la rivalité entre Beatles et Stones, est que la majorité des punks sont issus de la classe moyenne alors que les membres de The Jam, perçus comme des conservateurs (à cause de quelques déclarations malheureuses de Weller qui corrigera rapidement le tir) viennent réellement de la classe ouvrière...Mais Weller, qui n'a que 18 ans, écrit des hymnes de trois minutes qui cristallisent la colère et la frustration de toute une génération.

Le second single de The Jam, « All Around the World » (qui ne figure sur aucun album) est un immense succès (il manque de peu d'entrer dans le Top 10). Polydor impose au groupe d'enregistrer un deuxième album en été, aussi vite que possible, quitte à y glisser des fillers (morceaux de « remplissage »). This Is the Modern World, qui sort en novembre 1977, est donc assez mal accueilli par la critique. Il se classe pourtant à la 22ème place, tandis que « The Modern World » entre dans le Top 40 des singles. C'est le meilleur titre de l'album, qui s'adresse d'ailleurs aux critiques malveillants : « Je n'ai pas à m'expliquer pour vous/ Rien à foutre de vos chroniques » Rien qu'en 1977, cette fameuse « année punk », The Jam a donc classé deux albums et trois singles dans les charts anglais !

L'année 1978 sera plus difficile et, finalement, plus glorieuse. Tout d'abord, deux tournées américaines se soldent par des échecs : le public reste totalement insensible au charme so british des trois mods. Il faut dire qu'ils sont programmés en première partie de Blue Öyster Cult : on peut difficilement faire plus éloigné de leur univers... Ce manque de succès aux Etats-Unis sera l'éternel grand problème du groupe, comme il avait été celui de leurs héros trop anglais dans les années 1960, même si les Who et les Kinks ont fini par « conquérir » l'Amérique au cours de la décennie suivante (en modifiant énormément leur musique).

Mais au début 1978, le plus grand souci de The Jam, dont le style commence à être copié aux quatre coins de l'Angleterre, c'est que l'inspiration de Weller se tarit... C'est Foxton (déjà auteur de deux titres sur le second album) qui écrit le nouveau single, « News of the World ». Et la démo du troisième album est rejetée par Chris Parry : « Je leur ai dit que c'était de la merde et qu'ils ne devraient pas faire l'album avec ça. Ça les a sérieusement secoués. Buckler et Foxton ne m'ont jamais pardonné, mais une semaine plus tard, Paul m'a dit qu'il était d'accord, et ils ont enregistré la chanson de Ray Davies, « David Watts », pour un single destiné à leur donner un peu d'air. »

C'est peut-être en puisant chez Ray Davies que Weller trouve une nouvelle inspiration, dans la veine typiquement britannique découverte pour la première fois sur le Something Else des Kinks. L'autre titre du single, « A-Bomb On Wardour Street », pointe dans la bonne direction. Il sera suivi d'une autre réussite, « Down in the Tube Station at Midnight », annonçant un troisième album finalement superbe, All Mod Cons, qui place The Jam en première division punk.

Tous les singles du groupe entrent dorénavant dans le Top 20 et « Eton Rifle » se classe dans le Top 10 en novembre 1979 (n°3) annonçant l'album Setting Sons, un nouveau succès en Angleterre (n°4). Les singles suivants se classent directement numéro un, « Going Underground » au printemps 1980 et « Start » en août.

L'album Sound Affects sort en novembre et contient un nouveau classique, « That's Entertainment ». Le trio est alors au sommet de sa gloire.Les deux singles parus en 1981, « Funeral Pyre » en été, et « Absolute Beginners » où le son du trio est enrichi par des cuivres, n°4 en automne, annoncent l'orientation franchement soul de l'album The Gift qui sort en mars 1982, après que Weller ait fait une dépression nerveuse et arrêté de boire. Le premier single, « A Town Called Malice », est leur troisième à atteindre la première place. L'album, qui sera le dernier de The Jam, est aussi leur premier à se classer numéro un des charts en Angleterre !

Weller, frustré par les limitations musicales du trio, décide de le dissoudre. Il l'annonce en octobre après qu'un dernier single, « The Bitterest Pill » se soit classé n°2. C'est quasiment un deuil national... Le groupe fait alors une tournée d'adieu et son dernier single, « Beat Surrender », se classe directement n°1. Une compilation de titres live, Dig the New Breed, atteint la deuxième place des albums à la fin de l'année. Début 1983, Polydor ressort les 16 singles du groupe qui rentrent tous à nouveau dans les charts !

Après la séparation de The Jam, Bruce Foxton publie un album solo, Touch Sensitive, en 1984 et Rick Buckler rejoint le groupe Time UK. Les deux hommes formeront ensuite Sharp et écriront ensemble une biographie de The Jam cassant du sucre sur le dos de Weller... Tout ceci sans grand succès. A la fin des années 1980, Foxton intègrera Stiff Little Fingers, groupe survivant de la vague punk.

Paul Weller, de son côté, forme The Style Council avec le pianiste Mick Talbot (ex Merton Parkas, un sous-Jam) qui accompagnait déjà The Jam sur ses derniers concerts. Le groupe connaîtra un succès décroissant tout au long des années 1980, avant de jeter l'éponge. Weller se lancera alors en solo, avec beaucoup plus de réussite.

En 2007, Foxton et Buckler ont recruté Russell Hastings et formé From the Jam, un bien étrange concept : un tribute band comprenant deux des membres originaux... Le groupe tourne dans le monde entier et publice fin 2008 un DVD enregistré sur scène à Londres. Paul Weller a déclaré ne pas être intéressé par une éventuelle reformation de The Jam.

Consacré meilleur groupe anglais trois années consécutives de 1980 à 1982, The Jam a durablement marqué l'histoire du rock britannique. A la fin du millénaire, trois de ses chansons ont été classées par les lecteurs de Q dans les 100 Meilleurs singles de tous les temps : « A Town Called Malice » (n°45), « Going Underground » (n° 54) et « That's Entertainment » (n°89) !

Depuis sa séparation, l'influence du trio a été omniprésente sur la britpop, tout particulièrement évidente chez des groupes comme The Smiths (Morrissey a repris « That's Entertainment »), Oasis, Blur ou, plus récemment, The Libertines (Carl Barat reprend « Eton Rifles » sur Under The Influence).

Copyright 2014 Music Story Stan Cuesta

Paul Weller (guitare) et Rick Buckler (batterie), originaires de Woking, dans le Surrey, se connaissent depuis 1973. C'est sur l'impulsion du guitariste Steve Brookes qu'ils forment The Jam qui n'est, à ses débuts, qu'un rassemblement de copains venus faire la fête. Paradoxalement, c'est avec le départ de Brookes en 1975 que le groupe, rejoint par Bruce Foxton (basse), devient plus sérieux et commence à faire des progrès, alors que ses membres vont encore à l'école.

Weller a 17 ans et vient de découvrir Dr. Feelgood et leur album, Down By the Jetty. Comme beaucoup de groupes punk, The Jam fait ses armes avec le pub rock.Grâce à leur manager, John Weller, qui n'est autre que le papa de Paul, The Jam entreprend dès le début 1976 d'écumer le circuit des pubs londoniens. C'est à cette époque que Paul découvre des groupes anglais des années 1960 comme The Who et The Small Faces, et, dix ans après ses nouveaux héros, devient à son tour un mod, sacrifiant à tous les rituels de cette tradition de dandys typiquement britanniques : il s'achète un scooter, une parka et se rend à des soirées Northern Soul.

Le mélange d'influences rock sixties et rhythm'n'blues va ainsi marquer sa musique pour toujours, et le son du groupe devient immédiatement plus nerveux et agressif. Weller constate qu'il est dans l'air du temps quand il découvre en juillet les Sex Pistols sur scène : ces leaders de la nouvelle vague punk aiment les mêmes groupes que lui (ils reprennent eux aussi des titres des Small Faces) et jouent avec la même énergie (et le même manque de technique...).

Un autre groupe phare de cette révolution musicale, The Clash, va jouer un rôle important en poussant Weller à écrire ses propres chansons dans une veine personnelle, comme il le confirmera bien plus tard, à sa façon, au magazine Mojo : « Certaines des premières chansons de The Jam étaient exécrables, des tentatives de prises de conscience sociales. Mais ce n'était que moi singeant The Clash, après avoir lu des interviews de Joe Strummer et de Mick Jones, disant que les gens devraient écrire à propos de ce qui se passe aujourd'hui. Je n'y avais jamais pensé auparavant. »

Ces chroniques virulentes de la vie de la classe moyenne, dans la grande tradition de celles que Ray Davies concoctait dix ans plus tôt pour les Kinks, seront en grande partie responsable du succès immédiat de The Jam auprès des jeunes anglais (on parlera bientôt de Weller comme de la « voix de sa génération ») et des moins jeunes : Pete Townshend (The Who) ne tardera pas à le considérer comme son digne successeur.

En septembre 1976, alors que le groupe se produit dans tous les clubs en vue de la capitale (Nashville Rooms, 100 Club, Greyhound), paraissent dans la presse les premiers articles à lui être consacrés. Il attire ainsi l'attention de Chris Parry, directeur artistique chez Polydor, qui a une revanche à prendre car CBS vient de lui piquer The Clash... The Jam signe avec Polydor en février 1977, pour une avance de 6 000 Livres (bientôt renégociée) !

Le premier album, In The City, sort en mai, à la suite du single du même nom. The Jam est pris dans la tourmente punk tout en conservant ses distances par rapport à ce « mouvement » : « Nous ne sommes pas vraiment un groupe punk, mais je suppose que nous faisons partie de la new wave » déclare alors Weller. L'album se vend à plus de 60 000 exemplaires en quelques semaines et atteint la 20ème place des classements, alors que le groupe participe à la fameuse tournée Anarchy des Sex Pistols, dont il se fait rapidement virer pour des raisons prétendues idéologiques.

Le trio est effectivement mal vu par les punks, considéré comme une bande d'arrivistes en costumes noir et blanc sixties n'ayant pas les bonnes coupes de cheveux. Le paradoxe, comme à l'époque de la rivalité entre Beatles et Stones, est que la majorité des punks sont issus de la classe moyenne alors que les membres de The Jam, perçus comme des conservateurs (à cause de quelques déclarations malheureuses de Weller qui corrigera rapidement le tir) viennent réellement de la classe ouvrière...Mais Weller, qui n'a que 18 ans, écrit des hymnes de trois minutes qui cristallisent la colère et la frustration de toute une génération.

Le second single de The Jam, « All Around the World » (qui ne figure sur aucun album) est un immense succès (il manque de peu d'entrer dans le Top 10). Polydor impose au groupe d'enregistrer un deuxième album en été, aussi vite que possible, quitte à y glisser des fillers (morceaux de « remplissage »). This Is the Modern World, qui sort en novembre 1977, est donc assez mal accueilli par la critique. Il se classe pourtant à la 22ème place, tandis que « The Modern World » entre dans le Top 40 des singles. C'est le meilleur titre de l'album, qui s'adresse d'ailleurs aux critiques malveillants : « Je n'ai pas à m'expliquer pour vous/ Rien à foutre de vos chroniques » Rien qu'en 1977, cette fameuse « année punk », The Jam a donc classé deux albums et trois singles dans les charts anglais !

L'année 1978 sera plus difficile et, finalement, plus glorieuse. Tout d'abord, deux tournées américaines se soldent par des échecs : le public reste totalement insensible au charme so british des trois mods. Il faut dire qu'ils sont programmés en première partie de Blue Öyster Cult : on peut difficilement faire plus éloigné de leur univers... Ce manque de succès aux Etats-Unis sera l'éternel grand problème du groupe, comme il avait été celui de leurs héros trop anglais dans les années 1960, même si les Who et les Kinks ont fini par « conquérir » l'Amérique au cours de la décennie suivante (en modifiant énormément leur musique).

Mais au début 1978, le plus grand souci de The Jam, dont le style commence à être copié aux quatre coins de l'Angleterre, c'est que l'inspiration de Weller se tarit... C'est Foxton (déjà auteur de deux titres sur le second album) qui écrit le nouveau single, « News of the World ». Et la démo du troisième album est rejetée par Chris Parry : « Je leur ai dit que c'était de la merde et qu'ils ne devraient pas faire l'album avec ça. Ça les a sérieusement secoués. Buckler et Foxton ne m'ont jamais pardonné, mais une semaine plus tard, Paul m'a dit qu'il était d'accord, et ils ont enregistré la chanson de Ray Davies, « David Watts », pour un single destiné à leur donner un peu d'air. »

C'est peut-être en puisant chez Ray Davies que Weller trouve une nouvelle inspiration, dans la veine typiquement britannique découverte pour la première fois sur le Something Else des Kinks. L'autre titre du single, « A-Bomb On Wardour Street », pointe dans la bonne direction. Il sera suivi d'une autre réussite, « Down in the Tube Station at Midnight », annonçant un troisième album finalement superbe, All Mod Cons, qui place The Jam en première division punk.

Tous les singles du groupe entrent dorénavant dans le Top 20 et « Eton Rifle » se classe dans le Top 10 en novembre 1979 (n°3) annonçant l'album Setting Sons, un nouveau succès en Angleterre (n°4). Les singles suivants se classent directement numéro un, « Going Underground » au printemps 1980 et « Start » en août.

L'album Sound Affects sort en novembre et contient un nouveau classique, « That's Entertainment ». Le trio est alors au sommet de sa gloire.Les deux singles parus en 1981, « Funeral Pyre » en été, et « Absolute Beginners » où le son du trio est enrichi par des cuivres, n°4 en automne, annoncent l'orientation franchement soul de l'album The Gift qui sort en mars 1982, après que Weller ait fait une dépression nerveuse et arrêté de boire. Le premier single, « A Town Called Malice », est leur troisième à atteindre la première place. L'album, qui sera le dernier de The Jam, est aussi leur premier à se classer numéro un des charts en Angleterre !

Weller, frustré par les limitations musicales du trio, décide de le dissoudre. Il l'annonce en octobre après qu'un dernier single, « The Bitterest Pill » se soit classé n°2. C'est quasiment un deuil national... Le groupe fait alors une tournée d'adieu et son dernier single, « Beat Surrender », se classe directement n°1. Une compilation de titres live, Dig the New Breed, atteint la deuxième place des albums à la fin de l'année. Début 1983, Polydor ressort les 16 singles du groupe qui rentrent tous à nouveau dans les charts !

Après la séparation de The Jam, Bruce Foxton publie un album solo, Touch Sensitive, en 1984 et Rick Buckler rejoint le groupe Time UK. Les deux hommes formeront ensuite Sharp et écriront ensemble une biographie de The Jam cassant du sucre sur le dos de Weller... Tout ceci sans grand succès. A la fin des années 1980, Foxton intègrera Stiff Little Fingers, groupe survivant de la vague punk.

Paul Weller, de son côté, forme The Style Council avec le pianiste Mick Talbot (ex Merton Parkas, un sous-Jam) qui accompagnait déjà The Jam sur ses derniers concerts. Le groupe connaîtra un succès décroissant tout au long des années 1980, avant de jeter l'éponge. Weller se lancera alors en solo, avec beaucoup plus de réussite.

En 2007, Foxton et Buckler ont recruté Russell Hastings et formé From the Jam, un bien étrange concept : un tribute band comprenant deux des membres originaux... Le groupe tourne dans le monde entier et publice fin 2008 un DVD enregistré sur scène à Londres. Paul Weller a déclaré ne pas être intéressé par une éventuelle reformation de The Jam.

Consacré meilleur groupe anglais trois années consécutives de 1980 à 1982, The Jam a durablement marqué l'histoire du rock britannique. A la fin du millénaire, trois de ses chansons ont été classées par les lecteurs de Q dans les 100 Meilleurs singles de tous les temps : « A Town Called Malice » (n°45), « Going Underground » (n° 54) et « That's Entertainment » (n°89) !

Depuis sa séparation, l'influence du trio a été omniprésente sur la britpop, tout particulièrement évidente chez des groupes comme The Smiths (Morrissey a repris « That's Entertainment »), Oasis, Blur ou, plus récemment, The Libertines (Carl Barat reprend « Eton Rifles » sur Under The Influence).

Copyright 2014 Music Story Stan Cuesta

Paul Weller (guitare) et Rick Buckler (batterie), originaires de Woking, dans le Surrey, se connaissent depuis 1973. C'est sur l'impulsion du guitariste Steve Brookes qu'ils forment The Jam qui n'est, à ses débuts, qu'un rassemblement de copains venus faire la fête. Paradoxalement, c'est avec le départ de Brookes en 1975 que le groupe, rejoint par Bruce Foxton (basse), devient plus sérieux et commence à faire des progrès, alors que ses membres vont encore à l'école.

Weller a 17 ans et vient de découvrir Dr. Feelgood et leur album, Down By the Jetty. Comme beaucoup de groupes punk, The Jam fait ses armes avec le pub rock.Grâce à leur manager, John Weller, qui n'est autre que le papa de Paul, The Jam entreprend dès le début 1976 d'écumer le circuit des pubs londoniens. C'est à cette époque que Paul découvre des groupes anglais des années 1960 comme The Who et The Small Faces, et, dix ans après ses nouveaux héros, devient à son tour un mod, sacrifiant à tous les rituels de cette tradition de dandys typiquement britanniques : il s'achète un scooter, une parka et se rend à des soirées Northern Soul.

Le mélange d'influences rock sixties et rhythm'n'blues va ainsi marquer sa musique pour toujours, et le son du groupe devient immédiatement plus nerveux et agressif. Weller constate qu'il est dans l'air du temps quand il découvre en juillet les Sex Pistols sur scène : ces leaders de la nouvelle vague punk aiment les mêmes groupes que lui (ils reprennent eux aussi des titres des Small Faces) et jouent avec la même énergie (et le même manque de technique...).

Un autre groupe phare de cette révolution musicale, The Clash, va jouer un rôle important en poussant Weller à écrire ses propres chansons dans une veine personnelle, comme il le confirmera bien plus tard, à sa façon, au magazine Mojo : « Certaines des premières chansons de The Jam étaient exécrables, des tentatives de prises de conscience sociales. Mais ce n'était que moi singeant The Clash, après avoir lu des interviews de Joe Strummer et de Mick Jones, disant que les gens devraient écrire à propos de ce qui se passe aujourd'hui. Je n'y avais jamais pensé auparavant. »

Ces chroniques virulentes de la vie de la classe moyenne, dans la grande tradition de celles que Ray Davies concoctait dix ans plus tôt pour les Kinks, seront en grande partie responsable du succès immédiat de The Jam auprès des jeunes anglais (on parlera bientôt de Weller comme de la « voix de sa génération ») et des moins jeunes : Pete Townshend (The Who) ne tardera pas à le considérer comme son digne successeur.

En septembre 1976, alors que le groupe se produit dans tous les clubs en vue de la capitale (Nashville Rooms, 100 Club, Greyhound), paraissent dans la presse les premiers articles à lui être consacrés. Il attire ainsi l'attention de Chris Parry, directeur artistique chez Polydor, qui a une revanche à prendre car CBS vient de lui piquer The Clash... The Jam signe avec Polydor en février 1977, pour une avance de 6 000 Livres (bientôt renégociée) !

Le premier album, In The City, sort en mai, à la suite du single du même nom. The Jam est pris dans la tourmente punk tout en conservant ses distances par rapport à ce « mouvement » : « Nous ne sommes pas vraiment un groupe punk, mais je suppose que nous faisons partie de la new wave » déclare alors Weller. L'album se vend à plus de 60 000 exemplaires en quelques semaines et atteint la 20ème place des classements, alors que le groupe participe à la fameuse tournée Anarchy des Sex Pistols, dont il se fait rapidement virer pour des raisons prétendues idéologiques.

Le trio est effectivement mal vu par les punks, considéré comme une bande d'arrivistes en costumes noir et blanc sixties n'ayant pas les bonnes coupes de cheveux. Le paradoxe, comme à l'époque de la rivalité entre Beatles et Stones, est que la majorité des punks sont issus de la classe moyenne alors que les membres de The Jam, perçus comme des conservateurs (à cause de quelques déclarations malheureuses de Weller qui corrigera rapidement le tir) viennent réellement de la classe ouvrière...Mais Weller, qui n'a que 18 ans, écrit des hymnes de trois minutes qui cristallisent la colère et la frustration de toute une génération.

Le second single de The Jam, « All Around the World » (qui ne figure sur aucun album) est un immense succès (il manque de peu d'entrer dans le Top 10). Polydor impose au groupe d'enregistrer un deuxième album en été, aussi vite que possible, quitte à y glisser des fillers (morceaux de « remplissage »). This Is the Modern World, qui sort en novembre 1977, est donc assez mal accueilli par la critique. Il se classe pourtant à la 22ème place, tandis que « The Modern World » entre dans le Top 40 des singles. C'est le meilleur titre de l'album, qui s'adresse d'ailleurs aux critiques malveillants : « Je n'ai pas à m'expliquer pour vous/ Rien à foutre de vos chroniques » Rien qu'en 1977, cette fameuse « année punk », The Jam a donc classé deux albums et trois singles dans les charts anglais !

L'année 1978 sera plus difficile et, finalement, plus glorieuse. Tout d'abord, deux tournées américaines se soldent par des échecs : le public reste totalement insensible au charme so british des trois mods. Il faut dire qu'ils sont programmés en première partie de Blue Öyster Cult : on peut difficilement faire plus éloigné de leur univers... Ce manque de succès aux Etats-Unis sera l'éternel grand problème du groupe, comme il avait été celui de leurs héros trop anglais dans les années 1960, même si les Who et les Kinks ont fini par « conquérir » l'Amérique au cours de la décennie suivante (en modifiant énormément leur musique).

Mais au début 1978, le plus grand souci de The Jam, dont le style commence à être copié aux quatre coins de l'Angleterre, c'est que l'inspiration de Weller se tarit... C'est Foxton (déjà auteur de deux titres sur le second album) qui écrit le nouveau single, « News of the World ». Et la démo du troisième album est rejetée par Chris Parry : « Je leur ai dit que c'était de la merde et qu'ils ne devraient pas faire l'album avec ça. Ça les a sérieusement secoués. Buckler et Foxton ne m'ont jamais pardonné, mais une semaine plus tard, Paul m'a dit qu'il était d'accord, et ils ont enregistré la chanson de Ray Davies, « David Watts », pour un single destiné à leur donner un peu d'air. »

C'est peut-être en puisant chez Ray Davies que Weller trouve une nouvelle inspiration, dans la veine typiquement britannique découverte pour la première fois sur le Something Else des Kinks. L'autre titre du single, « A-Bomb On Wardour Street », pointe dans la bonne direction. Il sera suivi d'une autre réussite, « Down in the Tube Station at Midnight », annonçant un troisième album finalement superbe, All Mod Cons, qui place The Jam en première division punk.

Tous les singles du groupe entrent dorénavant dans le Top 20 et « Eton Rifle » se classe dans le Top 10 en novembre 1979 (n°3) annonçant l'album Setting Sons, un nouveau succès en Angleterre (n°4). Les singles suivants se classent directement numéro un, « Going Underground » au printemps 1980 et « Start » en août.

L'album Sound Affects sort en novembre et contient un nouveau classique, « That's Entertainment ». Le trio est alors au sommet de sa gloire.Les deux singles parus en 1981, « Funeral Pyre » en été, et « Absolute Beginners » où le son du trio est enrichi par des cuivres, n°4 en automne, annoncent l'orientation franchement soul de l'album The Gift qui sort en mars 1982, après que Weller ait fait une dépression nerveuse et arrêté de boire. Le premier single, « A Town Called Malice », est leur troisième à atteindre la première place. L'album, qui sera le dernier de The Jam, est aussi leur premier à se classer numéro un des charts en Angleterre !

Weller, frustré par les limitations musicales du trio, décide de le dissoudre. Il l'annonce en octobre après qu'un dernier single, « The Bitterest Pill » se soit classé n°2. C'est quasiment un deuil national... Le groupe fait alors une tournée d'adieu et son dernier single, « Beat Surrender », se classe directement n°1. Une compilation de titres live, Dig the New Breed, atteint la deuxième place des albums à la fin de l'année. Début 1983, Polydor ressort les 16 singles du groupe qui rentrent tous à nouveau dans les charts !

Après la séparation de The Jam, Bruce Foxton publie un album solo, Touch Sensitive, en 1984 et Rick Buckler rejoint le groupe Time UK. Les deux hommes formeront ensuite Sharp et écriront ensemble une biographie de The Jam cassant du sucre sur le dos de Weller... Tout ceci sans grand succès. A la fin des années 1980, Foxton intègrera Stiff Little Fingers, groupe survivant de la vague punk.

Paul Weller, de son côté, forme The Style Council avec le pianiste Mick Talbot (ex Merton Parkas, un sous-Jam) qui accompagnait déjà The Jam sur ses derniers concerts. Le groupe connaîtra un succès décroissant tout au long des années 1980, avant de jeter l'éponge. Weller se lancera alors en solo, avec beaucoup plus de réussite.

En 2007, Foxton et Buckler ont recruté Russell Hastings et formé From the Jam, un bien étrange concept : un tribute band comprenant deux des membres originaux... Le groupe tourne dans le monde entier et publice fin 2008 un DVD enregistré sur scène à Londres. Paul Weller a déclaré ne pas être intéressé par une éventuelle reformation de The Jam.

Consacré meilleur groupe anglais trois années consécutives de 1980 à 1982, The Jam a durablement marqué l'histoire du rock britannique. A la fin du millénaire, trois de ses chansons ont été classées par les lecteurs de Q dans les 100 Meilleurs singles de tous les temps : « A Town Called Malice » (n°45), « Going Underground » (n° 54) et « That's Entertainment » (n°89) !

Depuis sa séparation, l'influence du trio a été omniprésente sur la britpop, tout particulièrement évidente chez des groupes comme The Smiths (Morrissey a repris « That's Entertainment »), Oasis, Blur ou, plus récemment, The Libertines (Carl Barat reprend « Eton Rifles » sur Under The Influence).

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