C'est avec The Joker (1973) que Steve Miller Band amorce la deuxième phase de sa carrière musicale. Le changement est notoire ; la période psychédélique est enterrée à jamais, c'est désormais un blues rock plus mélodique, plus sommaire qui prend le relais. Et ça cartonne ! Les antennes radiophoniques passent en boucle les chansons du renouveau de l'artiste. Le point d'orgue de ce succès est la chanson-titre. Certifié disque de platine, The Joker, c'est pour les amateurs de bonne pop. Pas pour les clients de la première heure. C'est de la musique qui se gobe trop facilement, trop simpliste. Pas ma tasse de thé. Il faut être sur la même longueur d'ondes que Miller pour l'apprécier dans cette nouvelle orientation professionnelle. Je n'ai jamais été séduit, donc je n'ai jamais cherché à faire l'effort, c'est pourquoi j'ai rarement accompagné cet ex-acteur de l'Area Bay dans son délirant parcours des années 70. Le Miller des seventies, très peu pour moi. The Joker prépare la piste aux albums commerciaux qui ont suivi. Pour avoir été numéro 1 aux States (1974), il doit forcément avoir ses sympathisants. Moi, je n'ai pas aimé à l'époque. Je n'aime toujours pas. C'est comme ça. On dégagera dans ce disque de bric et de broc, le Joker, pour son aura interplanétaire, Sugar Babe, une belle chanson et Come On In My Kitchen (live). Pour le reste, platitude sur toute la ligne.