The Who c'est quatre garçons talentueux formés de Pete Townshend (guitare - chant), John Entwistle (basse), Keith Moon (batterie) et Roger Daltrey (chant - basse), les WHO ont marqué l'histoire du rock à leur manière. Principalement axée sur la guitare de Pete Townshend, qui se révèle l'un des plus grands compositeurs rock des années 60 et 70, la musique des WHO reprend des racines rhythm n'blues et rock n'roll tout en explorant de nouveaux territoires. En l'année 1964, les WHO débutent dans des salles restreintes comme au Marquee Club de Londres (devenu dès lors un lieu mythique de la scène rock) et Pete Townshend se fait vite remarquer par Kit Lambert et de Chris Stamp, plus des mécènes que des managers en raison de la forte personnalité du guitariste alors leader du groupe. The Who adopte un courant plus stylistique que musical, le mod, qui fait fureur à cette époque en Grande-Bretagne : il s'agit de revêtir des costumes néo-classiques et de jouer du RnB dans le style des SMALL FACES qui se distingue le plus dans ce genre.
I Can't Explain est le premier single que les WHO vont sortir en 1964 et bien vite, ils bénéficient d'une couverture médiatique conséquente, d'autant que leurs apparitions télévisées sont remarquées : Pete Townshend et Keith Moon laissent parler leur fureur destructrice en maltraitant leur instrument lors d'un show TV intitulé Ready, Steady, Go. Durant cette année 65 qui est celle de la révélation, le groupe sortira deux autres singles, - Anyway, Anyhow, Anywhere - ainsi que - My Generation - qui atteignent un réel succès dans les charts anglais. Quelques mois plus tard le premier album, The Who Sings My Generation, voit le jour. Monument du mod pop à la rage jusqu'alors inégalée, il contient également des parties très beatlesiennes de même que deux reprises de blues. Parmi les inoubliables, citons - Out in the Street - My Generation - et - The Kids are alright.
Le deuxième album, A Quick One, sort l'année suivante. Fruit d'un travail commun, il ne convainc pas autant que le précédent. Néanmoins, il faut remarquer que Pete Townshend est déjà à la recherche de nouveauté comme en témoigne A quick one while he's away, (mini-opéra de 9 minutes) qui laisse présager de l'orientation future qu'il voudrait donner au groupe. Boris the Spider, composée par John Entwistle, nous dévoile son talent indéniable. En 1967, c'est au tour de l'opus The Who Sell Out de squatter les charts européen et américain. I can see for Miles, l'un des singles, se hisse d'ailleurs à la première place du classement Outre Atlantique. Ce troisième album mérite une analyse plus approfondie dans la mesure où il est sous-tendu par un concept global : la parodie des radios pirates. Agrémenté de faux jingles reliant les morceaux, il démontre l'originalité du groupe cherchant à se démarquer petit à petit du courant mod pop qui s'essouffle gentiment.
Deux ans plus tard, The Who sont de retour avec un double-album conceptuel, Tommy, le premier album de rock opéra ayant été enregistré. Il récolte des critiques favorables autant de la part de la presse musicale que du public. Cet album entièrement composé par Pete Townshend propulsera le groupe au rang de super stars et sera adapté sur les planches de théâtre et au cinéma. Tommy, recèle plusieurs titres dignes d'intérêt - Pinball Wizard - I'm free - Underture et Sensation, parmi d'autres. En 1970 la sortie du premier album live : Live At Leeds deviendra un événement majeur dans l'histoire de la rock music comprenant - My Generation - Substitute - et Magic Bus. Le groupe se remet au travail et Pete Townshend se montre plus prolifique et inventif que jamais. Who's Next bien qu'exempt de tout concept métaphysique, cet album se révèlera comme l'un des meilleurs du groupe, si ce n'est le meilleur en absolu. Il contient en effet des monuments tels que - Baba O'Riley - Bargain - My Wife (de Entwistle) - Won't get fooled again et Behind Blue Eyes. A la fois passionné, drôle et grave, Who's Next demeure également un sommet dans la musique rock.
Quadrophenia (1973), au même titre que Tommy, est un double-album conceptuel. Quatre personnalités (littéralement coupé en quatre). Cette analyse de Pete Townshend est censée représenter les quatre membres du groupe confrontés à leurs racines, leurs divergences et leurs démons. D'une profondeur supérieure à Tommy, Quadrophenia est truffé de compositions originales et innovatives, surtout grâce à l'utilisation répétée de synthétiseurs. Dès lors, le groupe va se scinder et chacun vaquer à ses propres occupations. Mais pour Pete Townshend, les WHO ne sont pas une force éteinte et en 1975, un nouvel album The Who By Numbers, est édité. D'une sincérité désarmante, il parcourt des thèmes tels que l'addiction à l'alcool et les problèmes relationnels avec les femmes vécus ces derniers temps par Pete Townshend. On peut considérer cet album sombre comme différent des précédents opus dans la mesure où les paroles prennent le pas sur la mélodie, d'habitude omniprésente chez les WHO. Enchaînant les tournées à un rythme effréné, les quatre londoniens se retrouvent ensemble pour un dernier album : Who Are You, symptomatique d'un groupe à la fois fatigué, dissocié et en constante hésitation quant à la direction musicale à prendre. Il contient cependant d'excellents morceaux : Love is coming down - Music must change - ainsi que le titre éponyme. On se souviendra de cet album comme celui marquant une tragédie destinée à détruire le groupe : le décès de Keith Moon par overdose en septembre 1978. Bien que les WHO continuent à jouer ensemble pendant encore de nombreuses années, ceci sous l'impulsion principale de Roger Daltrey et John Entwistle, ils reconnaitront plus tard que la mort de Keith Moon a véritablement signé la fin des WHO en 1978.
The Kids Are Alright est un album emblématique au son live ! Chronologie judicieuse d'un répertoire musical dans une époque en pleine ébullition. Ces enfants du rock parfois pas sages entre eux ont pourtant écrit l'une des plus belles pages de la rock music. Album indispensable, ne serait-ce que pour comprendre ce que fut à l'époque cette rebellion nourrie de frustration adolescente que scande l'hymne : Won't Get Fooled Again - qui en outre est toujours d'actualité.
Bande originale des titres
01 - My Generation (Smother Brothers Comedy Hour, CBS Studios, 15 november 1967)
02 - I Can't Explain (Shindig, Twickenham Film Studios, London, 3 august 1965)
03 - Happy Jack (University Refectory, Leeds, 14 february 1970)
04 - I Can See For Miles (Smother Brothers Comedy Hour, CBS Studios, 15 november 1967)
05 - Magic Bus (Original Studio Version, 1968)
06 - Long Live Rock (Olympic Studios, Barnes, 5 june 1972)
07 - Anyway Anyhow Anywhere (Ready Steady Go, 1 july 1965)
08 - Young Man Blues (The Coliseum, London, 14 december 1969)
09 - My Wife (Gaumont State Theatre, Kilburn, 15 december 1977)
10 - Baba O'Riley (Shepperton Film Studios, 25 may 1978)
11 - A Quick One While He's Away (Rolling Stones' Rock'N'Roll Circus, 10 december 1968)
12 - Tommy Can You Here Me ? (Beat Club, German TV, 27 september 1969)
13 - Sparks (Woodstock Music And Arts Fair Festival, Bethel, 17 august 1969)
14 - Pinball Wizard (Woodstock Music And Arts Fair Festival, Bethel, 17 august 1969)
15 - See Me, Feel Me (Woodstock Music And Arts Fair Festival, Bethel, 17 august 1969)
16 - Join Together - Roadrunner - My Generation Blues (Silver Dome, Pontiac, 6 december 1975)
17 - Won't Get Fooled Again (Shepperton Film Studios, 25 may 1978)