Quatrième album solo du guitariste de Blur et de loin le meilleur. A la différence de "The Sky is Too High", "The Golden D" et "Crow Sit On Blood Tree" où Coxon contrôlait tout de A à Z, jouant de tous les instruments et produisant lui-même ses opus, Coxon s’est entouré ici de deux musiciens, BJ Cole à la pédale steel et Louis Vause aux claviers ainsi que du producteur Mike Pelanconi. Pour le reste, c’est encore du Coxon pur et dur (chant, guitares, basse, batterie, percussions, harmonica), le tout enregistré à l’ancienne sur cassette et console analogiques. Son oeuvre est plus aboutie, plus variée et plus tempérée. Bien sûr, comme il s’agit d’un travail de guitariste, les guitares dominent. On y trouve des ballades acoustiques dépouillées, des morceaux rock aux guitares torturées à la Syd Barrett, des délires punk, des country songs, du blues et du jazz. Même si Coxon n’est pas chanteur né, son chant s’est nettement amélioré et sa voix plaintive et nue rend les textes d’autant plus intenses ("Mountain Of Regret"). Essentiellement des chansons tristes qui parlent de solitude, d’amour insatisfait et parfois de haine, les paroles sont intimes, mélancoliques, voire agressives ("Song For The Sick").
Le packaging est très soigné. Comme pour ses albums solo précédents (ainsi que pour l’album "13" de Blur et les singles qui en sont issus), c’est une création de Coxon lui-même qui illustre la pochette (eh oui ! notre homme est aussi artiste graphique). On y voit de jolis nuages argentés sur un ciel ensoleillé et des montagnes rougeoyantes sur un support digipack cartonné couleur beigeasse, matériau utilisé pour toutes les sorties de Transcopic (label créé par Coxon). Si vous n’avez pas encore découvert le travail solo de Coxon, cet album est l’occasion à saisir.