Un incontestable chef-d'oeuvre - sans doute l'un de ses meilleurs - signé du génial et décidément indomptable Orson Welles, qui s'amuse des codes du film noir et les porte jusqu'à la plus totale folie créatrice, ce que le vilain garnement paiera par un échec commercial. Le film est "allumé" par un brasier ardent très vénéneux nommé Rita Hayworth, personnage mythique au panthéon des "blondes dangereuses" qui n'est pas sans rappeler la Barbara Stanwyck d'"Assurance sur la mort" de Wilder... entre autres !
C'est du Welles, alors tout y est magnifique : cadrages à tomber, lumière parfaite, réalisation perfectionniste. Le réalisateur campe lui-même le rôle d'un naïf sublime, aventurier irlandais un peu soiffard qui sera le jeu de toutes les ombres chinoises dans un immense bassin où les requins, qu'il observe d'un oeil résigné, s'entre-boufferont avidement entre eux jusqu'à un final mémorable.
Un Welles essentiel.