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Commentaires client les plus utiles
34 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Attention, chef d'oeuvre : oubliez vos préjugés !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Lamb Lies Down On Broadway (CD)
Oui, oubliez vos préjugés. Oubliez les tubes calibrés FM. Oubliez Phil Collins. Oubliez les années 80. Et puis les 90 également. Et revenons en 1974.Genesis, depuis 4 ans, s'est taillé progressivement une réputation de premier choix. Et à l'époque, au même titre qu'un Bowie, le groupe est considéré comme avant-gardiste, en raison notamment des expérimentations scéniques et théâtrales de Peter Gabriel. Plus léger que Yes, moins torturé que King Crimson, plus humble que Pink Floyd, le groupe en quelques albums a développé un univers bien à lui, une marqueterie travaillée, faite de chansons délicates, de comptines cruelles et de ballades épiques. Un univers très anglais, entre rêve étrange et jardin mystérieux. "The Lamb Lies down on Broadway" va sonner comme un véritable coup de tonnerre et saccager ce jardin anglais. Finis les paysages anglais : le groupe a accouché d'un cauchemar new-yorkais. Et nous donne un album urbain, vicieux, sombre, où éboulements, cris, râles, klaxons, stridences côtoient des chansons hantées, angoissées et de toute beauté. Un album qui va dérouter les fans de la première heure et les critiques de l'époque - pas tous, mais certains vont mettre un temps avant de digérer ce monstre. Je dois dire que je n'ai jamais très bien compris cette aventure surréaliste qui parle d'agneau, de chambres bizarres, d'hommes pantoufles, et d'un certain Rael qui part à la recherche de son frère John (ou le contraire). C'est barré, c'est l'époque, qui, au cinéma, est celle de Ken Russell ou d'Alexandre Jodorowsky - ce dernier ayant été pressenti pour réaliser une adaptation cinématographique de cette histoire sortie du cerveau, à l'époque passablement dérangé, de Peter Gabriel. Alan Parker également - qui fera finalement The Wall. Tant pis, ou tant mieux, c'est ainsi. Mais qu'on comprenne ce texte ou pas, peu importe : la musique exprime toute la brutalité, la folie, la violence, les errances et la sensualité des paroles de Gabriel. Cela dit, si Gabriel a été une locomotive dans cette aventure, il me semble être une injustice de créditer exclusivement celui-ci de la paternité d'une œuvre, qui est un véritable travail de groupe, un travail fait d'alchimie, de complémentarité et de tensions (les querelles entre Banks et Gabriel étaient particulièrement violentes). Ici pas d'envolées planantes, ni de morceaux de 15 minutes : les chansons sont courtes, se succèdent rapidement et si Gabriel est massivement présent, les musiciens lui arrachent des moments hallucinés et rageurs comme «The Waiting Room», qui leur appartient en propre. L'album est à l'image de ce titre d'ailleurs : chaotique et bordélique. Si vous ne connaissez pas "The Lamb" et que vous faites l'effort de le découvrir, soyez prévenus : il n'y a pas d'autre choix que d'y rester hermétique ou d'en faire un indispensable qui, écoute après écoute, vous dévoilera ses beautés cachées. Cela fait 25 ans que je connais cet album: aujourd'hui encore, contrairement aux autres albums du groupe, je l'écoute toujours régulièrement, et j'en découvre encore des subtilités. Comme toutes les grandes œuvres, plusieurs fois seront nécessaires pour l'appréhender et en apprécier les richesses : les tempos lourds et graisseux de "Fly On the Wildshield" (où l'influence de Bonham sur Collins s'est rarement autant fait sentir); le défilé grimaçant et hurlant de "The Grand Parade of Lifeless Packaging"; "Back in NYC", où un Gabriel enragé se déchire la voix dans des cris pré-punks - "Back in NYC" que Jeff Buckley, en fin connaisseur du rock 70's et admirateur de l'album, reprendra ; «Carpet Crawlers», son crescendo et son refrain hypnotique et lancinant, et où Gabriel prouve définitivement qu'il est une des plus belles voix du rock - malheureusement pour Collins qui aura toujours bien du mal avec ce morceau lors de ses reprises en concert; «The Lamia», et sa mélodie sensuelle et vénéneuse... Comment ces anglais, timides et de bonne famille, élevés dans le giron d'une public school so british ont-ils pu se laisser aller ainsi ? Débauche de créativité, spontanéité du pétage de plomb, urgence de l'inspiration ? Plus de trente cinq ans après, ce disque reste un mystère dans la discographie de Genesis. Et un chef d'œuvre. Pas seulement de Genesis. Pas seulement du rock progressif, dont l'étiquette sur cet album m'a toujours laissé un peu dubitatif. Mais du rock tout court. Après une tournée épuisante de concerts qui auront durablement marqué les heureux spectateurs éberlués de l'époque, Gabriel jette l'éponge et, se sentant trop à l'étroit dans une dynamique de groupe, décidera d'aller continuer ses audaces en solo. Banks, Collins, Rutherford et Hackett retourneront dare-dare dans leur cottage douillet, et, pour quelques temps encore, retrouveront - home sweet home - le fil de leurs délicates rêveries. Pour finir et pour la bonne bouche, je vous cite un extrait d'une pure chronique rock'n roll de l'époque, bien allumée comme il se doit, et qui vous donnera à la fois une idée de la façon dont on percevait Genesis, à qui on les comparait, et une idée de l'impact de l'album et de la tournée qui a suivi. Critique de François Ducray, il me semble, parue dans Rock & Folk : «... c'était mille fois plus fort que dans Tommy, l'opéra rock où l'intelligence et la finesse le disputaient à la virulence et à la beauté. "Back in NYC", "The Lamia", "Carpet Crawlers", ces minutes vous crachaient au corps le corps de Rael le prototype, et tous nous rampions, baisions, esquivions et dérapions avec lui... A Paris, j'ai blêmi sous la puissance de ce coup tellement pénétrant que plein d'attaches lâchaient : oh oui, les Groovies réactivaient la sève originelle, et oui, la tournée Dylan/Band en flanquait un paquet d'intensité bouleversante, et oui, Zermati concoctait à l'Open Market la légende salvatrice d'Iggy et le berceau du rock français, mais moi, même ça qui me sciait de frissons, même Lou Reed au Palais, digne et plus aristofrappé que jamais, moi je tourneboulais comme un derviche dans les sinusoidales arabesques de Gabriel qui enfanta un chef d'œuvre immaculé, quitta le confort et se traça sa course comme il avait zébré ces mois trop ternes.» Oui vraiment, oubliez vos préjugés : précipitez-vous sur ce disque en vous rappelant que tous les groupes n'ont pas eu la chance d'exploser en vol et de disparaître avant l'invention du Top 50... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Lamb Lies Down On Broadway (CD)
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST JUIN 1978 N° 119 Page 607° Album 1974 33T Réf : PHONOGRAM 6641 226 Quel choc fut la parution de ce double album. Ce drame fantastique en noir et blanc était en rupture totale avec les pastels raffinés de « Selling England », son décor de Mégalopole américaine nous emmenait loin des cottages britanniques et des histoires merveilleuses à la Lewis Carrol. Genesis avait rompu froidement le fil de son évolution tranquille, et c'est peut être pourquoi ce double album, ainsi nettement mis en valeur, reste le monument d'éternité du groupe. Avec lui, Genesis conquit la France et commença enfin à percer aux USA. Pourtant, tous les membres de Genesis , y compris Peter Gabriel qui en fut le génial et inspiré concepteur, sont d'accord pour dire qu'il s'agit là d'une oeuvre à part dans leur carrière, une sorte de détour, une fiction qu'ils se sont imposés, qu'ils ont jouée jusqu'au bout, mais qui leur était finalement étrangère. Alors qu'auparavant ils avaient laissé parler leur tempérament naturel, ici, sous la conduite d'un Gabriel devenu soudain visionnaire, ils avaient crée de toutes pièces un tout qui leur était presque extérieur. Par la suite, ils revinrent naturellement à leur inspiration britannique. A part donc, mais fantastiquement mis en scène, « The Lamb lies down on Broadway » narre avec un souffle quasi épique une fantasmatique odyssée urbaine où le réel américain devient la source d'un cauchemar où est posé le problème de l'égo. Rael-rael-it, tout se mêle et interfère. Ce film est tout à l'image de Peter et de ses poétiques obsessions et marque le sommet de son importance dans le groupe. Sentant qu'il en a peut être trop imposé à ses complices, il partira ensuite pour assumer à lui seul ses folies. C'est parce qu'il est ainsi unifié, parce qu'il est le seul disque de Genesis à former un tout, que l'on regarde « The Lamb » comme le grand'oeuvre décisif du groupe. Mais c'est sans doute aussi parce qu'il fut de tous ses albums, le plus percutant, le plus inattendu, le plus traumatisant. A part et donc exceptionnel, même pour Genesis. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un des meilleurs albums des 70's.,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Lamb Lies Down On Broadway (CD)
Dernier album de Genesis avec Peter Gabriel, sorti en 1974, ce double album était assez différent des précédents (même la pochette). Plus tendu, plus hard, morceaux beaucoup plus courts, cet album est un véritable chef-d'oeuvre du rock progressif et du rock tout court. Créativité , originalité, mélodies superbes ("hearless hair", "carpet crawl","the lamia"), maitrise technique, les mots manquent pour décrire ce monument.Genesis réalisera ensuite encore 2 très bons albums, bien que beaucoup plus classiques ("A trick of the tail", "Wind and wuthering") avant une descente "progressive" vers une musique de plus en plus commerciale. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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