Fort du récent « succès » du dernier album de la formation, « Songs of darkness, words of light », Peaceville réédite ses précédents enregistrements à prix câlin en version remasterisée sous forme de digipack dont le maître mot semble être... sobriété. Mais alors première interrogation, comment se fait-il que même après remasterisation, la production de ce « The light at the end of the world » manque toujours aussi cruellement de relief et de profondeur ? Desservies par la carence en puissance du son, ce sont néanmoins 71 minutes d'un doom lancinant et décadent qui s'écoulent au fil de 9 titres aussi allègres qu'un troupeau de croque-morts à une crémation. Tempo agonisant, râles plaintifs de douleur, instrumentation minimaliste parsemée de claviers, spoken words d'outre tombe, riffs franchement dantesques (« The light at the end of the world »), textes aussi sombres que pervers, 8 minutes de moyenne par morceaux,... la bête est loin d'être facile à pénétrer. Ce n'est donc qu'au prix de nombreuses écoutes que l'on entre pleinement dans ces titres aux envoûtantes effluves de désolation. Néanmoins la longueur de l'album finit par le desservir sur sa fin puisque malgré l'excellence des ambiances développées, les titres semblent quelquefois tourner en rond de par leur linéarité... et cette production ne fait rien pour arranger l'affaire. « The light at the end of the world » n'en reste pas moins un excellent album susceptible de plaire à bien des familles du metal tant il emprunte à différents styles de l'ombre et se révèle au final, bien plus accessible qu'il n'y paraît.