A toi... internaute lambda qui surfe sur ce site, papillonnant de pages en pages à la recherche de plaisirs éphémères... à toi qui pose un oeil distrait sur ce commentaire... à toi, je dis STOP !!!
Attarde-toi sur ce disque d'une beauté rare, le nouvel album de Rich Machin et Ian Glover qui viennent de réveiller les Soulsavers... pour notre plus grand plaisir.
En toute honnêteté, ces sauveurs d'âmes m'étaient quasiment inconnus jusqu'à ce matin. Tout juste savais-je qu'ils existaient.
Il aura fallu une écoute légèrement distraite de leur nouvel album, chez mon disquaire préféré, pour pénétrer leur monde... un monde qui est désormais le miens.
Vous dire que le sticker sur le CD annonçant la participation d'un certain Dave Gahan, n'y est pour rien... serait vous mentir. Ah ! Ces satanés stickers... à chaque fois je jure qu'ils n'influenceront plus mes choix et à chaque fois... je replonge.
Bon là, pour le coup, c'est avec bonheur... car Dave Gahan c'est un peu l'idole de ma jeunesse, The Voice of the 80's ! Avec DM, il a traversé les décennies, il a parfois plié, sombré mais jamais capitulé. Le torse bombé, il est toujours remonté à la surface, semant ses démons. Dans l'ombre de Martin Gore 20 années durant, ce n'est que dans les années 2000 qu'il s'est lancé dans l'écriture de ses textes, pour DM et pour lui-même. Résultat : deux albums solo poussifs, pas vraiment mémorables et que je n'ai toujours réussi à écouter en entier. Pour ne rien arranger, les DM ont connu une période de disette artistique avec des albums pas franchement transcendants et notamment le dernier, carrément insipide. Bref, il manquait quelque chose d'essentiel pour que la résurrection de Dave Gahan soit totale... il manquait de bonnes musiques.
Et ce sont donc les Soulsavers qui les apportent à Dave Gahan, sur un plateau. Car oui, à l'écoute de ces 12 titres, on se demande parfois si ce n'est pas un album de Dave Gahan accompagné par les Soulsaver plutôt que l'inverse.
Voyons... comment définir cette musique... grave, sombre, lumineuse, apaisée, émouvante, puissante, aérienne, suspendue, mélancolique, gothique, tristement envoutante, obsédante, romantique, cinématographique... ce sont les mots qui me viennent.
Les ingrédients de cette réussite ? La voix de Gahan bien sûr, unique, habitée, gutturale, les arrangements de haute volée, les mélodies jamais faciles mais toujours fascinantes, les cordes superbement arrangées par Daniele Luppi (l'homme du projet
Rome avec Danger Mouse), les choeurs gospel, l'alliance d'une production moderne avec de vrais instruments (guitares, basse, batterie, piano)...
Mention spéciale au titre Longest Day qui concentre à lui seul tous ces ingrédients. In The Morning, Presence Of God, Gone To Far, Take Me Back Home, I Can't Stay et Tonight sont autant d'autres sommets de l'album. Un album qui ne connaît aucune faiblesse si ce n'est sa durée... trop courte forcément.
Les 12 titres défilent à une vitesse folle et on a qu'une envie, réécouter et réécouter encore cette oeuvre rare... belle à pleurer.
Et on se dit que c'est martin qui va être jaloux... car ça fait belle lurette qu'il n'a pas offert pareil écrin à la voix de son pote Dave. Se sentira-t-il piqué au vif, défié ? Rien de moins certain.
Pas grave car en attendant, avec cet album des Soulsavers, on tient de quoi patienter encore pendant quelques années...