Il aura fallut presque un an de travail de composition acharné, un orchestre symphonique de 93 pupitres, et un choeur de presque 200 personnes pour aboutir a ce qui se place directement parmi les bande-originales de films les plus abouties jamais crées ! Dès le début de l'album, on peut s'aperçevoir que Howard Shore est définitivement l'homme de la situation . Le compositeur attitré de David Cronenberg (ExistenZ) se démène ici pour nous offrir des morceaux d'anthologie, abondant de choeurs forts et profonds, mais également de violons par dizaines dont les douces sonorités reconstituent le rythme épique du film. "Concerning Hobbits", morceau léger par excellence est véritablement un chef d'oeuvre de composition qui ébahissent dès la première écoute . "The treason of Isengard", est prétexte à une explosion chorale du plus bel effet, tandis que le thème principal du "Seigneur des Anneaux" (repris dans de nombreuses compositions) se fait entendre . Que d'émerveillement devant "Many Meetings" ou encore "The Council of Elrond" dont la majestuosité des accords transporte littéralement le mélomane averti dans un monde magique rendu si proche par son imagination et la merveilleuse oeuvre d'Howard Shore . "A Journey in the Dark" et "The Bridge of Khâzad Dûm", quand à elles, sont absolument stupéfiantes de virtuosité dans la maitrise du rythme de la musique, les violons se déchainent, les choeurs sont en ébullition et la composition saccadée sans être brouillone dans ses accords mettent en valeur le sommet du film et par ailleurs de cette B.O . Que dire enfin de "Amon Hen" et de "The Breaking of the Fellowship" dont la magistrale mélancolie mise en valeur par les violons et les contrebasses teintent néanmoins comme une note d'espoir, malgré les amères pertes et les difficultés du voyage, dans un futur s'annonçant bien noir pour les marcheurs ... finissons enfin cette critique en tirant un coup de chapeau à la divine Enya, chanteuse irlandaise, dont l'étrange voix éthérée apporte une touche de féérie supplémentaire a un chef d'oeuvre déjà mémorable . Ainsi, ses deux apparitions : "Aniron" (le thème d'Aragorn et d'Arwen) et "May It Be" sont de véritables tueries et le deuxième clôt de haute volée l'album, avec des paroles et une mélodie déjà inoubliables ! On pourra peut être reprocher à Howard Shore de répéter une fois sur deux le thème principal du SDA dans cette B.O.F, et en cela, on aurait tout à fait raison, mais le thème est si court et cela est si bien fait que cela n'est pas de beaucoup une tare . Un MUST absolu, un chef d'oeuvre mythique et déjà culte, qu'il vous faut, à mon humble avis, vous procurer d'urgence .