Matador narre la rencontre improbable, et l'amitié plus improbable encore, entre un gars normal au chômage et un tueur à gages dépressif.
On aurait pu s'attendre à une grosse comédie bien lourde à la Ben Stiller, mais le film est hilarant juste par l'intelligence des situations posées, et, étrangement, plutôt réaliste.
Pas si caricatural que ça, ce Pierce Brosnan grossier à souhait, baisant tout ce qui se bouge et se paye. À quoi d'autre pourrait bien ressembler un tueur à gage ?
Puis, surtout, libéré du smoking contraignant de James Bond, il devient enfin bon acteur (très bon même, jubilatoire), le costume de salaud lui allant beaucoup mieux que la tenue impeccable. C'est un peu la version mal dégrossi du personnage qu'il interprète dans Le Tailleur de Panama.
Le film est léger de bout en bout, ne se prend pas au sérieux et, sans avoir l'air d'y toucher, est plus profond qu'il n'y parait.
Rajoutons à ça le jeu impeccable et un poil déjanté des autres acteurs, une esthétique assez spéciale et décalée, des détails saugrenues par-ci par-là (comme ce Mexicain à l'ongle pointu qui sirote sa bière d'un seul trait), et on obtient un film réussi de bout en bout, pas assez "normal" pour avoir du succès, et donc forcément un coup de coeur pour ceux qui sauront l'apprécier.