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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Noir c'est noir.,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Menninblack (CD)
Album de transition entre « The raven » sorti l'année précédente, dont il constitue une sorte d'excroissance, et le merveilleux « La folie », « The gospel according to the meninblack » révèle un groupe à la croisée des chemins. En 1980, le mouvement punk est mort, les survivants se cherchent un futur, celui des Etrangleurs s'annonce noir face aux vents contraires qui soufflent sur eux, c'est la période maudite avec l'arrestation à Nice, les événements inexpliqués durant les concerts, la condamnation du chanteur en Grande Bretagne. Axé sur le concept des Meninblack, individus étranges vêtus de noir qui auraient un lien avec les extraterrestres (Will Smith et Terry Lee Jones n'ont rien inventé), l'album se voulait une bible à l'envers, aussi les références bibliques imprègnent le disque, « Second coming », « Four horsemen », jusque sur l'intérieur de la pochette qui reproduit la Cène de Léonard de Vinci avec un « man in black » remplaçant un apôtre. Le disque démarre sur une valse dadaïste qui voit réapparaître les créatures du morceau « Men in black » de l'album précédent, lesquelles viennent aussi faire des vocaux sur le 2ème titre. Le drakkar des Stranglers a quitté les rivages du rock sec et carré pour aborder les rives de l'étrange, avec « Turn the centuries, turn » morceau purement instrumental aux frontières du psychédélisme, « Two sunspots » suinte du Wire, « Manna machine » sonne façon Jah Wobble & Holger Czukay et « Hallow to our men » ressemble à une scorie de l'album précédent. Pourtant malgré des longueurs et une approche expérimentale, ce frère d'errance du « Metal box » de PIL ou de désespoir du « Pornography » de Cure intrigue assez pour qu'on s'y arrête.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Secret Invasion,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Menninblack (CD)
Le phénomène est plutôt classique dans tout bon groupe de rock : tôt ou tard la formation cède à la lubie de ses éléments créateurs pour le traduire en musique : Hindouisme chez les Beatles , Blues chez les Stones , Paranoïa chez Pink Floyd , Occultisme chez Led Zep etc.Avec The Gospel ... , The Stranglers cédaient quant à eux aux phénomènes paranormaux , à l'observation d'UFO , aux théories de conspiration secrète et d'infiltration Alien . La biographie de David BuckleyNo Mercy nous apprend que cette passion développée originellement par le claviériste Dave Greenfield n'avait rien d'opportuniste et que le groupe plancha consciencieusement sur ce concept album . 20 ans avant l'agent Mulder , les Stranglers imaginaient un univers délirant où les aliens infiltraient notre civilisation après en avoir crée les fondamentaux des siècles auparavant . A l'instar des Beatles sur Sergent Pepper , chaque membre du groupe s'invente un avatar : Jetinblack, Hughinblack etc . Le livret présente des Meninblacks présent dans la Cène , la pochette du disque sous entendant qu' "ils" sont parmi nous depuis la Bible . EMI sera pétrifiée à l'écoute de cette livraison surréaliste et aucun clip ne sera tourné conférant un aura de mystère supplémentaire au disque. L'album s'ouvre sur un morceau magique , "Waltzinblack" en lien direct avec la fin de l'album The Raven . C'est une valse incroyablement sinistre comme le groupe les affectionne ( "Golden Brown" ) et qui n'aurait pas pas dépareillé sur Elephant Man Ost . Il est d'ailleurs notable que les morceaux les plus forts de l'album sont des instrumentaux : "Waltzinblack , "Turn the Centuries Turn" et "Hallow to our Men "qui clot magistralement le disque. La production est glaciale , les mélodies macabres, les guitares à l'envers de Revolver passés à la sauce Beefheart et Alice Cooper n'hésitera à venir y piocher des idées durant sa période New Wave que ce soit pour l'album Dada ou la pochette de Zipper Catches Skin . La basse de JJ Burnel sur est suffoquante sur "Second Coming" , morceau qui relie les Aliens à l'Apocalyspe, le clavier de Greenfield sur "Two Sunspots" accouche de la fausse naïveté synthétique qu'affectionneront par la suite aussi bien Pulp qu'Elli et Jacno . Le cauchemar est bien planqué derrière avec des guitares faussement désaccordées , et un chant rappelant Alan Vega . C'est Burnel qui tient le micro sur " Four Horsemen " avec une voix modifiée , une guitare qui évoque parfois Cure et une ambiance de plus en plus claustrophobe . Sur "Thrown Away" le suicide commercial est achevé , Cornwell désincarne complètement son chant dans un morceau où l'alchimie est parfaite entre le groupe . Les morceaux bonus viennent contrarier la cohérence du disque en apportant un courant d'air frais dans cette atmosphère lugubre . "Tomorow was Hereafter" est un aimable pastiche du "I Dont Live Today" d'Hendrix mais vient contredire les propos futuristes du disque avec sa tonalité Blues. Bien entendu cette hybridation des Stranglers avec Krawftwerk et Giorgio Moroder en laissera plus d'un sur la touche et le disque fera un four monumental , marquant une année maudite pour le groupe entrecoupée de décès de proche , d'emprisonnement , de consoles qui brûlent pendant l'enregistrement, de tournée annulées , et aussi de beaucoup d'héroïne . Avec son refus de mélodie , marque de fabrique d'un groupe aussi doué que les Beatles à truster les charts avec des pépites pop , The Gospel est l'équivalent du Lowde Bowie qui pissait sur la tombe de Ziggy Stardust (encore un Alien...) . C'est d'ailleurs Tony Visconti qui produira La Folie et Feline qui marqueront un retour aux mélodies qui tuent tout en conservant la noirceur poisseuse du groupe. Détester ce disque la première fois est tout à fait normal ; il reste cependant cette aura mystérieuse et obsédante qui pousse à la réécoute jusqu'en devenir une drogue dure . Incroyablement mature , sur le fil du rasoir entre série B et cynisme sophistiqué , ce disque, bourré d'arrangements qui vous tombent dessus au moment où l'on s'y attend le moins , est une pierre de rosette qui livrera progressivement ses secrets à qui voudra bien le déchiffrer ; Un OVNI musical qui vous emportera très loin d'ici. Il annonce l'étonnant Trompe Le Monde des Pixies et une bonne partie de la carrière solo de ... Franck ...Black ! La vérité est ailleurs ; la musique est ici ! Bruceinblack Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le plus alumé des albums des Stranglers,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Menninblack (CD)
Cet album est un véritable OVNI musical. Sans rapport avec les vigoureux albums précédents des Stranglers, leurs chef-d'oeuvres Rattus et No more heroes, cet album est clairement un album vaguement conceptuel, un peu mégalo (je ne pense pas que les Stranglers se soient pourtant pris au sérieux dans cette affaire de Men In Blacks). Sorti vint ans auparavant, cet album n'a rien à voir avec les films pour enfants avec Will Smith, et aborde le sujet de l'infiltration extra terrestre sous un aspect beaucoup plus sombre, quasi mystique...La musique est proprement édifiante et vous clouera au mur: il y a toujours la basse en tempête de Jean Jacques Burnel. Il y a beaucoup d'étranges sons synthètiques, auto-parodiques, beaucoup de voix déformées, tordues, des morceaux instrumentaux aussi. Les zébrures de guitares sont dans le ton de l'époque (1980) avec un New Wave stridente et bien alumée. J'adore cet album qui a longtemps été difficile à trouver, car son succès commercial a été faible, vu l'obscurité du message - et la pochette un peu mystique et pas très rock. C'est pourtant un de mes albums préférés des Stranglers, après celui-ci, les rythmes des morceaux se sont ralentis et quelque chose s'est brisé. Indispensable et rare. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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