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Au début, il était le blues, puis vint le tambour du jazz. Ainsi commence cet album issu de la série baptisée
Montreal Tapes, à savoir une carte blanche offerte au contrebassiste Charlie Haden lors du dixième festival canadien. Ce qui suit est du même acabit : de chants en contrepoints, de bien beaux solos en solide trio, tout y passe sans jamais lasser les oreilles. La présence, aux côtés de l'homme de la Côte Ouest, de la pianiste Geri Allen et l'omniprésence du débatteur Paul Motian ne sont, bien entendu, pas étrangères à la réussite de ce concert.
--Jacques Denis
Description du produit
Monument à six faces, presque une stèle, ce coffret réunit les musiques des soirées offertes à Charlie Haden, en 1989, par le dixième festival de jazz de Montréal sous forme d'une "carte blanche". A déguster comme un audiofilm traversant l'histoire et l'actualité du jazz, à contempler comme un passionnant portrait (ce serait un polyptique), mouvant et contrasté, du talent pluriel du contrebassiste-leader : d'un triangle inaugural avec le regretté saxophoniste Joe Henderson (1937-2001) et le batteur Al Foster, qui fit longtemps merveille auprès de Miles Davis, à l'explosive apothéose du Liberation Music Orchestra et son bouquet d'hymnes libertaires, en passant par les retrouvailles entre anciens partenaires d'Ornette Coleman - avec le trompettiste Don Cherry (1936-1995) et le batteur Ed Blackwell (1929-1992) - et trois trios superbement dissemblables, et donc complémentaires, avec pianiste : successivement Geri Allen, aussi à l'aise dans les courants avant-gardistes que sur les flots profonds du blues, Gonzalo Rubalcaba, jeune virtuose que le bassiste avait repéré lors d'un séjour à Cuba, et Paul Bley l'incontournable aventurier du clavier (qu'Haden avait connu dès 1958, dans le premier groupe d'Ornette), le toujours déconcertant Paul Motian s'imposant à la batterie, lors des trois rencontres, comme un irrésistible agitateur-animateur rythmique. Et de la première à la dernière seconde de cette suite en six épisodes, plutôt qu'un fil rouge, les quatre cordes du "gros violon" que Charlie Haden fait parler-chanter, gémir et crier, entre ses compositions fétiches : d'un lyrique "Silence" à un "First Song" emblématique de toute sa musique, comme si chaque fois l'on assistait à la naissance d'un chant premier.