Les férus de rock psychédélique ne pourront pas faire l'impasse sur le cosmique et prometteur album de Music Emporium. Cet opus est une petite pépite que le rock a malheureusement égarée en chemin. Paru en 1969, ce support psychédélique surprend par son aspect quelque peu progressiste. 10 pistes essentiellement courtes mais suffisamment longues pour planer, et mêlant orgue d'église, synthés, guitares fuzz, chorale et chants tibétains nourrissent ce disque très particulier, voire unique en son genre. Chaque pièce de ce puzzle discographique, dominé par un orgue trippy, est accrocheuse. Techniquement, l'affaire tient bien la route et, en dépit du fait qu'une meuf (Dora Wahal) soit derrière les fûts, ce qui était rare pour l'époque, cet éponyme, vaporeux à souhait, spontané, affiche de la puissance et de l'intensité. Les rythmes sont alertes, les riffs de guitare lourds (Dave Padwin), le chant (mixte) intime, harmonieusement partagé entre Bill Cosby (également claviériste talentueux) et la sublime Carolyn Lee qui, par ailleurs, tient généreusement la basse. Nam Myo Renge Kyo, Day Of Wrath, Velvet Sunsets, Cage, Catatonic Variations, Gentle Thursday impressionnent. Tout ceci sent bon l'encens et le flower power. Pour moi, c'est un des incontournables de l'American Psychedelic Music (PLO54)