Ce double album n'en est pas un : il s'agit de la réédition de deux courts albums - 30' pour le premier et 19 ' pour le second - premiers travaux regroupés sous le titre de "The Richard Swift Collection volume one", titre un brin fanfaron vu la jeunesse (27 ans) de son auteur. Ces albums viennent juste de nous arriver en France et c'est sur le label Secretly Canadian - à qui on doit, entre autres, la découverte d'Antony & the Johnsons.
Richard Swift séduira tous les amateurs de pop lo-fi, de chansons intemporelles dont il faut chercher l'origine des influences dans les 60's et 70's, des Beatles à Randy Newman. Influence que l'on ressent jusque dans l'habillage du cd, avec son design vintage. La voix est belle, chaude et grave, les arrangements classieux, les chansons sont courtes et séduisent immédiatement.
Le premier opus "Walking without effort" est très bien produit, avec des arrangements de cuivres simples et discrets. On pense au Beck acoustique de "Sea Changes" mais on ne peut parler d'influences puisque l'opus de Swift est antérieur, ayant été enregistré en 2001. Il s'agit plus de similarités et c'est probablement dû à des souces d'inspiration communes. Les titres sont inégaux, mais il y a de vrais perles - comme As I Go, Beautiful Heart et surtout Losing Sleep.
Le deuxième "The Novelist" date de 2004 et Swift l'a enregistré chez lui sur un 4 pistes. Différent du premier opus, il s'en dégage un parfum de cabaret déglingué très séduisant, qui n'est pas sans rappeler Rufus Wainwright - mais un Wainwright qui serait débarassé de ses excès de maniérisme, que demander de mieux ?
Bref un jeune et talentueux songwriter qui, s'il transforme ces essais, devrait vite rencontrer son public et faire partie de ceux sur lequel il faut compter.