The Open Society and its Enemies est l'ouvrage majeur de Karl Popper en matière de philosophie politique. Par sa date de rédaction (1940-42), il est à mettre en regard avec La Route de la Servitude de Friedrich Hayek. Tous deux, réfugiés autrichiens au Royaume-Uni, ont alors senti le besoin d'exprimer leur attachement à la démocratie libérale et d'en défendre les valeurs face aux attaques intellectuelles dont elles étaient la cible. Alors que Hayek a ciblé son libelle contre les dérives totalitaires d'un phénomène relativement nouveau (le socialisme), Popper a eu pour ambition de remonter aux racines du mal, aux fondements philosophiques des doctrines totalitaires. Et, pour lui, l'ancêtre de ces doctrines se trouve dans les théories platoniciennes. Ce sera donc l'objet du premier tome de son étude. Le second sera dédié aux doctrines historicistes récentes de Hegel et Marx. C'est un livre fondamental du libéralisme politique moderne, donc de la démocratie contemporaine.