Auréolé des subtils vents solaires du magicien Eno, le piano minimal et aérien d'Harold Budd élève rien moins que votre âme à l'échelle du Cosmos, en égrenant de douces mélodies prégnantes d'une mélancolie apaisée et intemporelle. Pur moment de grâce, à la fois élégiaque et recueilli, "The Pearl" la bien nommée agit comme une sorte de matrice poétique ouvrant des espaces infinis à votre imaginaire qui vous sera reconnaissant de lui offrir pareilles floraisons opiacées à parcourir inlassablement. Musique pour les contemplatifs et les rêveurs que j'invite à se laisser doucement envoûter par ce délicat parfum libérateur d'éternités.
Si elle est élégante et racée, d'une lumineuse nostalgie bienveillante, cette musique est aussi désarmante de simplicité. On l'accueille aussi naturellement que les "3 Gymnopédies" d'Erik Satie et je vous jure que cette filiation n'est pas osée (pour ceux qui adorent comme moi, vous pouvez aussi aller écouter le merveilleux "Voices" de Roger Eno, le frère). Curieusement, cette collaboration entre Harold Budd et Brian Eno ne retrouvera pas cette plénitude si inspirée avec le pourtant très bon "Plateaux of Mirrors" enregistré quelques mois plus tard. Un moment de grâce, je vous dis. Il y a plein de musiques qui occupent totalitairement l'espace, celle-ci vous l'offre. Je souhaite bon voyage aux adeptes des siestes rêvasseuses et fertiles !