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4.0 étoiles sur 5
Hitchcock et The pleasure garden,
Par Nicolas Mesnier-Nature "NMN" "LE DISC... (Besançon, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Pleasure Garden [Import anglais] (DVD)
The Pleasure Garden (Le Jardin du Plaisir) - 1925 - est le tout premier film d'Hitchcock, tourné en Allemagne pour les intérieurs, en Italie pour les extérieurs. Il sera suivi par The Mountain Eagle, considéré jusqu'à maintenant comme perdu (ça a été le cas de Pleasure Garden jusqu'à ce qu'on le retrouve...), suivi lui-même par The Lodger, premier grand chef-d'oeuvre.Pourquoi s'intéresser au premier film d'un réalisateur ? Tout simplement parce qu'il est celui d'un des plus grands du 20è siècle, et surtout parce qu'il porte en germe quasiment tous les thèmes qui seront développés durant plus de 50 ans de productions. Et que la réalisation technique elle-même mérite toute notre attention. Les grands sujets traités dans ce film assez court sont donc : - le voyeurisme : est développé dès la première séquence de façon magistrale en plan subjectif flou/net. Un des spectateurs masculin lorgne les jambes des danseuses à travers des lunettes de théâtre et fait l'appoint. Nous sommes désormais associés au regard lubrique de ce dernier. - les apparences : elles sont développées à partir du monde du théâtre qui a tant fasciné Hitch tout au long de sa carrière. Les personnages ne donnent qu'une image déformée d'eux-mêmes : la gentille dame de compagnie de province s'avère une garce, Levet, élégant et séducteur, mène une double vie et une fois marié révèle petit à petit son vrai caractère. Patsy porte en réalité une perruque lors de ses spectacles (blonde, déjà...) - l'influence des morts sur les vivants : le spectre de la maîtresse des tropiques revient hanter Levet jusqu'à le rendre fou - le voyage : conçu sous forme de boucle, on passe de l'Europe du nord à l'Italie puis à l'Afrique tropicale pour revenir en Europe du nord. Le voyage correspond évidemment à une évolution intérieure des personnages. - l'homosexualité : évidente chez le couturier, suggérée et fantasmée entre les deux héroïnes Patsy et Jill (elle dorment dans le même lit après avoir accompli un déshabillage/strip-tease dans la chambre à coucher) finement filmé et suggéré. Le fétichisme des jambes et des chaussures apparait à plusieurs reprise - les escaliers : c'est le premier plan du film. Des danseuses descendent un escalier à vis. Il y en aura d'autres dans le film. - la mer et le chaos : associée au voyage de Patsy qui va découvrir la triste vérité, elle borde la case de son mari qui abrite le couple adultérin; plus tard, le premier meurtre d'Hitchcock se passera en pleine mer, et transformera une volonté suicidaire en noyade. - l'humour : surtout de situation, comme au théâtre. Hamilton, le directeur, fumant un gros cigare devant une pancarte d'interdiction de fumer; chutes inopportunes; le cigare dans l'oreille du prince; la pluie battante le jour du mariage; l'escalade du vieux couple pour aller chercher l'argent au-dessus du vaissellier, les frasques domestiques du chien Cuddles. La scène du restaurant entre Jill, le Prince et les trois hommes de salle, toute en directions gestuelles, est du pur théâtre de boulevard. - la religion : mise à mal et associée à l'homosexualité et à l'humour, la scène très ambiguë où Jill et Patsy se retrouvent dans la même chambre, Jill s'agenouille pour prier au pied du lit, et le chien vient lui lécher les pieds... - la nourriture : scènes de restaurant et surtout boisson. Techniquement, on sera étonné d'une maîtrise déjà étonnante de la caméra et de ses mouvements : travellings dès les premières scènes, multiplication des points de vue, surimpressions et transitions travaillées. Certains plans sont d'une rare beauté : une barque flottant au milieu d'un lac entouré de montagne filmées en contre-jour; tous les plans extérieurs en Italie où la caméra se transforme en témoin ethnologique; la solitude de Patsy devant un mur dépouillé ou soous les arbres tropicaux penchés; la tentative d'assassinat par l'épée : Levet tente d'atteindre Patsy en la passant au travers d'une porte aux motifs décoratifs géométriques. Le visage effrayée de Patsy au travers est un pur plaisir visuel. Hitch n'apparait pas encore dans ce film. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3.0 étoiles sur 5
naissance d'un style,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Pleasure Garden [Import anglais] (DVD)
Premier film réalisé intégralement par Hitchcock, à voir absolument pour les premières minutes, une leçon de montage, cadrages, audaces visuelles. Pour les fous de cinéma et Hitchcock. Le dvd est un bel outil de cinéphile! Sinon l'ensemble laisse encore sur sa faim, mais le prix permet de prendre connaissance d'une telle rareté non éditée en France. Retrouvera-t-on le deuxième film, pour l'instant perdu, "the mountain eagle", comme "the pleasure garden" le fut après de longues années?
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