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Commentaires client les plus utiles
17 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La Conquête de l'Outback,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Proposition [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
On connaît désormais le réalisateur australien John Hillcoat car il a adapté le roman de Cormac McCarthy, La Route. Si ce film est plus qu'estimable, cela n'empêche pas qu'on aurait pu comme souvent se pencher sur son cas il y a déjà quelque temps, quand il faisait des films plus puissants dans son pays d'origine. Par exemple Ghosts of the Civil Dead (1988), un des films les plus forts (et les plus durs) sur l'univers carcéral. Ou The Proposition, qui date de 2005 mais n'a été distribué qu'en 2010 dans une poignée de salles à la faveur de la sortie de La Route. Ayant fait des entrées ridicules faute d'exposition, il n'est toujours pas sorti en édition française. On espère qu'elle sera prochaine, mais en attendant, les anglophones peuvent avoir accès à la très bonne édition anglaise - attention: étrangement, des sous-titres anglais sont inclus dans le dvd, mais pas dans le blu-ray.The Proposition est un western australien. Partant du constat que nombre d'éléments étaient communs, Hillcoat s'est longtemps demandé pourquoi ce genre n'avait pas été acclimaté à l'Australie: la frontière sauvage, la naissance de la nation reposant sur une conquête et une violence endémique, les hors-la-loi, les conflits inter-ethniques (Anglais et Irlandais, en l'occurrence), la mise au pas de la population indigène, tout cela pouvait se passer dans l'outback autant que dans la grande Prairie ou à Monument Valley. Il demanda alors à son ami de longue date Nick Cave, également auteur de la musique du film, de s'atteler à l'écriture d'un scénario. Dans une remarquable note d'intention (où il annonçait tout ce que son film est effectivement, reprise et traduite dans la revue Positif), Hillcoat écrit: "Le récit de Nick Cave contient certains éléments traditionnels du Far West, et propose une fable classique des frères hors-la-loi qui vivent sur une frontière sauvage. Ce sont des personnages flamboyants, en lutte contre un destin contraire. Tel le héros westernien archétypique et laconique, plusieurs des personnages de Cave répriment leur douleur intime et, incapables de verbaliser leurs émotions, ils proposent d'autres solutions au conflit, mais sont inéluctablement entraînés vers la violence. Il était possible de réinventer le pouvoir légendaire du genre, mais dans un contexte spécifiquement australien. Lorsqu'il s'agit de réinventer le genre, les mythes existants ne sont détruits que pour permettre la création de nouveaux mythes. Pour être revitalisés, l'histoire et le genre ont toujours eu besoin d'un angle nouveau. L'impérialisme colonial, avec la violence de sa lutte des classes, la confrontation des colons isolés avec des broussards hors-la-loi, le conflit sans merci avec les aborigènes, l'instinct de survie - tous ces thèmes ne peuvent qu'ajouter à l'originalité du récit." L'arrière-plan historique précis est bien là, mais c'est effectivement la puissance mythique du récit qui domine. La "proposition" du titre, c'est celle que fait après l'avoir arrêté le Capitaine Stanley (Ray Winstone) à un des frères Burns - famille sans doute très largement inspirée du gang Kelly. Il libère Charlie (Guy Pearce), qui a pour mission de tuer son frère Arthur, l'aîné et le plus meurtrier de la famille (Danny Huston), afin de sauver de la pendaison son plus jeune frère Mikey. L'histoire est donc celle d'une quête et d'un dilemme pour Charlie, tandis que la mission civilisatrice du Capitaine est elle mise en péril par celle qui est sa force mais aussi son point faible, sa femme (Emily Watson), d'autant qu'il est désavoué par le capitaliste local (David Wenham). Visuellement splendide, avec à peine quelques plans trop apprêtés, The Proposition lorgne autant du côté du western américain que d'autres visions de l'Amérique pastorale, en particulier Les Moissons du ciel de Terrence Malick. On sent aussi que le scénario est influencé par la littérature américaine ayant revisité ces dernières décennies avec plus d'âpreté l'Ouest sauvage, de Cormac McCarthy (Méridien de sang) à Tom Franklin (La Culasse de l'enfer) en passant par Ron Hansen (Le Sang des Dalton). Tour à tour violent, rêveur, mélancolique, le film est porté par la musique en suspension et entêtante de Nick Cave - absolument idéale ici, alors que je trouve qu'elle est en partie ce qui affaiblissait La Route. La reconstitution, les notations historiques, la dimension légendaire, voire de mythe, tout est fondu dans un récit que des acteurs à leur meilleur niveau incarnent parfaitement. A noter la présence - et une scène goûteuse - de John Hurt en chasseur de primes. Et de David Gulpilil, l'acteur aborigène le plus connu d'Australie depuis le très étonnant et remarquable Walkabout de Nicolas Roeg (1971). D'ailleurs, avec Walkabout et Ten Canoes / 10 canoës, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer (voir mes commentaires sur ces deux films), je dirais que ce sont les plus grands films que je connais ayant pour cadre l'Australie. Je vous conseille plutôt l'édition 2 dvd Tartan. Non seulement les sous-titres anglais ne sont disponibles que là, mais le commentaire audio avec John Hillcoat et Nick Cave ne se trouve pas non plus dans le blu-ray. Seul le making-of de 27' (standard) se trouve dans les deux éditions. Par ailleurs, si le master HD est supérieur à celui du dvd, l'image et le son du dvd sont franchement déjà de très bonne qualité. A vous de voir si vous ne pouvez pas vous passer de l'image HD, ou si vous préférez avoir sous-titres en anglais et commentaire audio (non sous-titré bien sûr). 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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La Conquête de l'Outback,
Par LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 10 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Proposition [Import anglais] (DVD)
On connaît désormais le réalisateur australien John Hillcoat car il a adapté le roman de Cormac McCarthy, La Route. Si ce film est plus qu'estimable, cela n'empêche pas qu'on aurait pu comme souvent se pencher sur son cas il y a déjà quelque temps, quand il faisait des films plus puissants dans son pays d'origine. Par exemple Ghosts of the Civil Dead (1988), un des films les plus forts (et les plus durs) sur l'univers carcéral. Ou The Proposition, qui date de 2005 mais n'a été distribué qu'en 2010 dans une poignée de salles à la faveur de la sortie de La Route. Ayant fait des entrées ridicules faute d'exposition, il n'est toujours pas sorti en édition française. On espère qu'elle sera prochaine, mais en attendant, les anglophones peuvent avoir accès à la très bonne édition anglaise - attention: étrangement, des sous-titres anglais sont inclus dans le dvd, mais pas dans le blu-ray.The Proposition est un western australien. Partant du constat que nombre d'éléments étaient communs, Hillcoat s'est longtemps demandé pourquoi ce genre n'avait pas été acclimaté à l'Australie: la frontière sauvage, la naissance de la nation reposant sur une conquête et une violence endémique, les hors-la-loi, les conflits inter-ethniques (Anglais et Irlandais, en l'occurrence), la mise au pas de la population indigène, tout cela pouvait se passer dans l'outback autant que dans la grande Prairie ou à Monument Valley. Il demanda alors à son ami de longue date Nick Cave, également auteur de la musique du film, de s'atteler à l'écriture d'un scénario. Dans une remarquable note d'intention (où il annonçait tout ce que son film est effectivement, reprise et traduite dans la revue Positif), Hillcoat écrit: "Le récit de Nick Cave contient certains éléments traditionnels du Far West, et propose une fable classique des frères hors-la-loi qui vivent sur une frontière sauvage. Ce sont des personnages flamboyants, en lutte contre un destin contraire. Tel le héros westernien archétypique et laconique, plusieurs des personnages de Cave répriment leur douleur intime et, incapables de verbaliser leurs émotions, ils proposent d'autres solutions au conflit, mais sont inéluctablement entraînés vers la violence. Il était possible de réinventer le pouvoir légendaire du genre, mais dans un contexte spécifiquement australien. Lorsqu'il s'agit de réinventer le genre, les mythes existants ne sont détruits que pour permettre la création de nouveaux mythes. Pour être revitalisés, l'histoire et le genre ont toujours eu besoin d'un angle nouveau. L'impérialisme colonial, avec la violence de sa lutte des classes, la confrontation des colons isolés avec des broussards hors-la-loi, le conflit sans merci avec les aborigènes, l'instinct de survie - tous ces thèmes ne peuvent qu'ajouter à l'originalité du récit." L'arrière-plan historique précis est bien là, mais c'est effectivement la puissance mythique du récit qui domine. La "proposition" du titre, c'est celle que fait après l'avoir arrêté le Capitaine Stanley (Ray Winstone) à un des frères Burns - famille sans doute très largement inspirée du gang Kelly. Il libère Charlie (Guy Pearce), qui a pour mission de tuer son frère Arthur, l'aîné et le plus meurtrier de la famille (Danny Huston), afin de sauver de la pendaison son plus jeune frère Mikey. L'histoire est donc celle d'une quête et d'un dilemme pour Charlie, tandis que la mission civilisatrice du Capitaine est elle mise en péril par celle qui est sa force mais aussi son point faible, sa femme (Emily Watson), d'autant qu'il est désavoué par le capitaliste local (David Wenham). Visuellement splendide, avec à peine quelques plans trop apprêtés, The Proposition lorgne autant du côté du western américain que d'autres visions de l'Amérique pastorale, en particulier Les Moissons du ciel de Terrence Malick. On sent aussi que le scénario est influencé par la littérature américaine ayant revisité ces dernières décennies avec plus d'âpreté l'Ouest sauvage, de Cormac McCarthy (Méridien de sang) à Tom Franklin (La Culasse de l'enfer) en passant par Ron Hansen (Le Sang des Dalton). Tour à tour violent, rêveur, mélancolique, le film est porté par la musique en suspension et entêtante de Nick Cave - absolument idéale ici, alors que je trouve qu'elle est en partie ce qui affaiblissait La Route. La reconstitution, les notations historiques, la dimension légendaire, voire de mythe, tout est fondu dans un récit que des acteurs à leur meilleur niveau incarnent parfaitement. A noter la présence - et une scène goûteuse - de John Hurt en chasseur de primes. Et de David Gulpilil, l'acteur aborigène le plus connu d'Australie depuis le très étonnant et remarquable Walkabout de Nicolas Roeg (1971). D'ailleurs, avec Walkabout et Ten Canoes de Rolf de Heer (voir mon commentaire), je dirais que ce sont les plus grands films que je connais ayant pour cadre l'Australie. Je vous conseille plutôt l'édition dvd. Non seulement les sous-titres anglais ne sont disponibles que là, mais le commentaire audio avec John Hillcoat et Nick Cave ne se trouve pas non plus dans le blu-ray. Seul le making-of de 27' (standard) se trouve dans les deux éditions. Par ailleurs, si le master HD est supérieur à celui du dvd, l'image et le son du dvd sont franchement déjà de très bonne qualité. A vous de voir si vous ne pouvez pas vous passer de l'image HD, ou si vous préférez avoir sous-titres en anglais et commentaire audio (non sous-titré bien sûr). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un western australien,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Proposition [Import anglais] (DVD)
Réalisé par John Hillcoat (La Route), à partir d'un scénario de Nick Cave (oui THE Nick Cave), The Proposition est un western australien âpre, servi par des acteurs incroyables d'intensité : Guy Pearce, Ray Winstone et Emily Watson. On pense à un film de Sam Peckinpah tourné dans l'outback. Violent (The Proposition ne convient ni aux enfants ni aux personne sensibles), fort. N'hésitez pas. Plutôt 4,5 étoiles que 4.
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