Vanden Plas, qui, avec son petit dernier, "Christ O", avait légèrement déçu nos espoirs altiers (finalement, le meilleur titre était celui en bonus, "Gethsmane", une merveille), revient avec cet opus séraphique, qui remet les pendules à l'heure et replace le groupe sur la route du puissant et inspiré "Beyond Daylight", mais pas seulement.
Car le groupe de Kaiserslautern est intelligent et sait évoluer. Parti d'un métal prog costaud en 95 avec le sublime Colour Temple, déjà bien fouillé à l'époque, et terriblement empreint de ce style si particulier aux 5 allemands, c'est aujourd'hui un digne concurrent d'un Dream Theater par exemple, sans pour autant complexifier leur sujet. Toujours forgé de leur patte inimitable, cet album délivre à la fois puissance et inspiration, le tout à un niveau que je qualifierais "d'intellectuel", prenant presque la relève d'un Queensryche aux oubliettes, avec une sacré dose de guitares en plus.
Il faut dire que la bande est férue de musique tous azimuts, que son chanteur Andy Kunzt a enchainé les comédies musicales et en a même créée une entre 2 albums ("Abydos").
Cette nouvelle livraison arrive donc comme un vent de fraîcheur dans le contexte actuel, restant à la fois fidèle à son style et en même temps bien dense.
D'ailleurs, dès le 1er titre, "Frequency", le ton est donné, le son surprend par son agressivité, qui renvoie - je le cite encore - au son de guitare des dernières livraisons de Dream theater. Très rentre dedans, ce morceau donne le ton général du disque, et montre immédiatement l'évolution du groupe : on reste sur les mêmes vocaux très stylés de Kuntz, mais on monte d'un cran en force dans les mélodies. Le boulot de Stephen Lill à la 6 cordes est monumental. C'est l'un des 2 titres "courts" de l'album (6mn15), avec l'excellent "Holes in the Sky" qui le suit immédiatement avec ses 5mn25 de tornade heavy mélodique de haut vol.
Le reste de la galette, fluide, suit le train et envoie du gros, gros, gros ! En effet, la seconde écoute permet de sortir du lot les percutants "Holes in the Sky", second missile up-tempo très inspiré, ainsi que "The final murder" (9mn53) et "Quicksilver" (8mn54), longues pièces musicales démarrant lentement puis offrant 2 crescendos explosifs, tout comme les 9mn22 de "Rush of Silence", sans parler des 12mn50 de "On My Way To Jerusalem", clôturant magnifiquement le disque (sauf l'édition limitée, qui propose en plus un titre chanté en latin, "Eleyson", tiré de la comédie musicale jouée en Allemagne par le groupe).
Seul bémol dans la continuité du disque : "Scar Of An Angel" et "Sound of blood", plus complexes et moins abordables, qui nécessiteront plusieurs écoutes pour s'intégrer à l'ensemble et conquérir l'auditeur.
On peut positionner cette oeuvre entre "Beyond Daylight" et "Christ O", mais avec une attaque guitaristique novatrice pour le groupe. De là à dire que "Séraphic Clockwork" est le meilleur album des 5 allemands à ce jour, il n'y a qu'un pas (que je n'ai pas encore franchi). Mais pour affirmer cela, il faudra éprouver le durée de vie de cette oeuvre dans le temps, car le concept proposé et sa mise en musique sont denses, très denses, et grâce au support fouillé et superbe du livret, devraient alimenter de longues soirées d'écoute... voire d'étude !
Bravo les gars !