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The Shanghai Gesture
 
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The Shanghai Gesture

Gene Tierney , Victor Mature , Josef von Sternberg    Tous publics   DVD
3.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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Description du produit

Dans le Shanghai d avant-guerre, repère des hors-la-loi, « l impitoyable dragon » Gin Sling (Ona Munson) règne sur une maison de jeux qu un financier britannique, Sir Guy Charteris (Walter Huston) tente de s approprier. En enquêtant sur son compte, elle découvre un objet de chantage : sa fille Poppy (Gene Tierney) une ravissante jeune femme qui fréquente assidûment le casino. Gin Sling la pousse à jouer et à accumuler les dettes... -- Dix ans après Shanghai Express, Sternberg renoue avec les mystères de l univers chinois et offre à Gene Tierney un de ses rôles les plus fascinants. Les personnages pervertis par l argent, leur destinée tragique dont rien ni personne ne peut les détourner, les décors grandioses du casino, véritable arène du jeu où se livrent les luttes les plus amères, font de The Shanghai Gesture un film à la fois terrifiant et intensément captivant. -- « Une fable métaphysique qui atteint par moments à la grandeur de la tragédie. » (Le Monde)

Synopsis

Dans le Shanghaï d'avant-guerre, répère des hors-la-loi, "l'impitoyable dragon" Gin Sling règne sur une maison de jeux qu'un financier britannique, Sir Guy Charteris, tente de s'approprier. En enquêtant sur son compte, elle découvre un objet de chantage : sa fille Poppy, une ravissante jeune femme qui fréquente assidûment le casino. Gin Sling la pousse à jouer et à accumuler les dettes...

Description

Un film de Josef von Sternberg - Avec : Gene Tierney, Victor Mature, Walter Huston, Ona Munson - Scénario : Josef von Sternberg, Karl Vollmceller, Geza Herczeg, Jules Furthman d après la pièce de John Colton - Photo : Paul Ivano - Monteur : Sam Winston - Musique : Richard Hageman - Producteur : Arnold Pressburger - Etats-Unis 1941 - N/B Son Mono - Audio : Anglais, Français - Sous-titres : Français - Format 1 33 (4/3) --PAL Zone 2

Mes pérégrinations à travers l'humanité grouillante qui peuple la Chine m'amenèrent un jour jusqu'à l'embouchure du Huang-p'u. Là, sur ce qui avait été autrefois un marécage boueux, les marchands d'opium et de thé avaient construit une ville unique en son genre. Par la suite, cette colonie, appelée Shanghai, avait monstrueusement prospéré car elle était devenue la décharge - il faut bien qu'il y en ait une - où se déversaient l'ordure et la lie du monde entier. Peut-être, un jour, verra-t-on surgir une autre agglomération comme celle-là, rendue féconde par le fumier humain qui lui a servi de terreau, mais les chances sont minces. C'était la Chine, certes, mais une Chine où, sur des écriteaux accrochés aux devantures, on lisait « Interdit aux chiens et aux Chinois ». De cela, bien des gens auront à payer les conséquences et pendant très longtemps. En surface, la ville offrait une image d'ordre et de bon fonctionnement. Elle était divisée en secteurs où les citoyens d'une demi-douzaine de nations possédaient leurs propres tribunaux et jusqu'en 1923, leurs propres services postaux. Les lettres pouvaient être affranchies avec des timbres émis par les États-unis, Hong-Kong, la France, le Japon, la Russie, l'Allemagne et même, de temps en temps, par l'Inde. Pourtant, il suffisait de soulever un coin du voile pour découvrir toute autre chose. C'est de ce côté-là que je me suis rendu. Cette fois, mon guide, un attaché consulaire, était aussi bon qu'on puisse l'être. Non seulement il connaissait la ville comme sa poche, mais il s'était occupé du script d'un de mes films, et était donc allé à bonne école : rien de ce qui se passait à Shanghai ne lui échappait. J'en eus la preuve le jour où il m'emmena avec lui, et sortis convaincu qu'il avait percé tous les secrets de cette fourmilière. Néanmoins, je ne me contentai pas de cette seule excursion et passai trois heures palpitantes dans un établissement tumultueux, une succursale du « Grand Théâtre de l'Univers », situé au croisement de la route du Tibet et de l'avenue Édouard VII. C'était un monde en miniature, tout aussi complexe que s'il n'avait pas été compressé, sauf qu'il n'était pas fait pour les « diables étrangers » mais pour les Chinois. Il vaut la peine qu'on le décrive car, peu après ma visite, les Japonais envahirent Shanghai, et ce centre d'attractions fut détruit, de façon plutôt incompréhensible, dans un bombardement de l'aviation chinoise. L'endroit était bondé et on releva douze mille morts et autant de blessés. Offrant sur six étages un dérivatif aux remous de la foule, le bâtiment bouillonnait d'une vie désordonnée et bruyante et regorgeait de tous les divertissements que le génie chinois a pu inventer. Une fois pris dans ce flot impétueux d'êtres humains, je m'aperçus qu'il n'était plus question de rebrousser chemin, même si je l'avais voulu. Au premier, on trouvait des tables de jeu, des chanteuses de cabaret, des magiciens, des voleurs à la tire, des machines à sous, des feux d'artifice, des cages à oiseaux, des éventails, des bâtons d'encens, des acrobates et du gingembre. Au-dessus se trouvaient les restaurants, une douzaine de troupes de théâtre, des grillons en cage, des mères maquerelles et des sages-femmes, des barbiers et des extracteurs de bouchons de cérumen. Le troisième étage offrait des jongleurs, des plantes médicinales, des salons où l'on pouvait déguster des crèmes glacées, des photographes, une nouvelle volée de filles, vêtues de longs fourreaux à col montant et fendus jusqu'à la hanche - au cas où le client aurait dépassé sans les voir celles du dessous, qui, plus modeste, ne montraient que leurs cuisses/.... --Josef von Sternberg (De Vienne à Shanghai, les tribulations d'un cinéaste)

.../Ici, à l'enseigne de la modernité, plusieurs rangées de toilettes s'ouvraient à tous les regards, vantées par leurs tenanciers qui avertissaient cependant les clients amusés de ne point s'accroupir mais d'adopter une position plus en rapport avec la plomberie importée. Le quatrième étage était rempli de stands de tir, de tables de fan-tan, de roues tournantes, de bancs de massage, de cabinets d'acupuncture et de moxibustion, de comptoirs où l'on vendait des serviettes chaudes, du poisson séché et des tripes, ainsi que de pistes de danse animées par une flopée de musiciens rivalisant à qui jouerait le plus fort possible. Au cinquième, on pouvait voir des filles dont les robes étaient échancrées jusque sous les bras, une baleine empaillée, des conteurs d'histoires, des ballons, des lanternes magiques, des masques, un labyrinthe de miroirs, deux échoppes d'écrivains publics spécialisés dans les lettres d'amour - résultat garanti -, des objets en caoutchouc et un temple rempli de dieux féroces et de bâtons d'encens. Enfin, sur le toit de cette maison de tous les plaisirs, des funambules glissaient d'avant en arrière sur des cordes enchevêtrées ; il y avait aussi des balançoires, des jeux d'échecs chinois et de mah-jong, des guirlandes de pétards, des tickets de tombola et des officines matrimoniales. Alors que je cherchais comment redescendre, quelqu'un me montra une ouverture donnant sur le vide et m'expliqua que par là, des centaines de Chinois, après avoir dépensé leur dernier sou, avaient précipité leur retour dans la rue en sautant du toit. Quand, innocemment, je demandai pourquoi on n'avait pas posé un rail de sécurité devant une issue si fatale, on me rétorqua : « Mais comment peut-on empêcher un homme de se tuer ? » La vie semblait alors avoir bien peu de valeur ; elle en eut encore moins lorsque la bombe fut larguée. Comment peut-on en effet empêcher les êtres humains de se tuer et de s'entre-tuer ? Je ne m'engagerai pas dans la description des masses qui naissent, vivent et meurent dans les sampans de la rivière des Perles ou de l'incroyable saleté des villes et des villageois chinois. La Chine a changé. Elle n'est plus le pays que j'ai connu et, pour ce que j'en sais, le pire comme le meilleur a pu arriver. Lorsque je bourlinguais par toute l'Asie, il n'y avait pas de fils barbelés aux frontières. (Il est vrai qu'aujourd'hui, je ne pourrais pas non plus parcourir, comme je l'ai fait, les pays de l'Europe du Nord. Libre comme l'oiseau, j'ai voyagé à travers la Pologne, l'Estonie, la Livonie, la Lituanie et la Hongrie en empruntant à ma guise tous les couloirs, de Dantzig ou d'ailleurs). Non, les pays ne sont plus les mêmes ; deux grandes guerres et une douzaine de conflits les ont redistribués comme des cartes à jouer, mais, dans le grand livre de l'Histoire, j'ai bien peur que l'image des peuples ne demeure inchangée. --Josef von Sternberg (De Vienne à Shanghai, les tribulations d'un cinéaste)

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