Hellbilly Deluxe était une claque magistrale. C'était la bonne surprise que l'on attend pas, venue de nulle part, et qui nous avait scotché par son originalité et surtout sa qualité. Alors à l'heure de remettre le couvert, la barre est très haute pour Rob Zombie, qui fort de son précédent opus, et surtout de plusieurs chefs d'oeuvre avec White Zombie (La Sexorcisto, Astro-Creep 2000, entre autres), en a déjà pas mal dit, et se renouveller va être dur. Mais a-t'on vraiment envie de voir le sieur Zombie se renouveller ? Il est certain qu'une certaine évolution serait la bienvenue, mais d'autre part personne ne sait concocter ce subtil mélange de métal gorrifique, et si nous en étions privés, soit par un gros virage soit par un arrêt de sa musique, nous nous en trouverions bien embêtés. C'est pourquoi, même si ce Sinister Urge ne se pose pas en nouvelle facette du Zombie, c'est quand même un disque de très grande qualité dans la lignée directe de son prédécesseur, sur lequel on retrouve 11 titres excellents, ensemble que l'on pourrait nommer Hellbilly Deluxe II. Qu'à celà ne tienne, car les 13 titres du 1er album avaient un amer goût de trop peu. Alors 11 titres de plus, c'est avec plaisir ! Un morceau comme "(Go To ) California" est absolument génial, un boulet de canon à headbanguer en tapant du pied, avec une mélodie accrocheuse, des guitares bruts de décoffrage, un rythme retravaillé... tout y est. Les 10 autres titres ne dérogent pas à la règle, et tous le ingrédients du 1er album se retrouvent dans ce second opus : riffs martiaux (martiens ?), murs de guitares, samples déjantés, pincée technoïde bien dosée, vocaux impeccables du maître de cérémonie. Bref, si vous avez aimé "Hellbilly Deluxe", jetez-vous sur "Sinister Urge" sans hésiter.