Sans être un grand amateur de Death Metal, j'ai tout de même quelques notions et connaissances dans le domaine. J'ai tenté à plusieurs reprises quelques incursions dans ce monde de brutes, avec plus ou moins de bonheur... Parfois, ça a vraiment valu la peine. Death fait partie de ces groupes qui ne m'ont pas laissé indifférent.
Un ami m'a initié à ce groupe (qu'il en soit remercié!) avec l'album "Symbolic" (1995), et là... j'ai été absolument bluffé et conquis! Une découverte qui ne laisse pas indemne et qui m'a donné envie de me pencher un peu plus sur le travail et le talent manifeste du regretté Chuck Schuldiner. C'est ainsi que je me suis retrouvé à acheter ce "Sound of Perseverance" à sa sortie, en 1998.
Certes, c'est un album très impressionnant, au son énorme, aux rythmiques complexes et torturées... un peu trop? C'est mon avis, en effet. Je n'ai pas grand chose à reprocher à ce disque si ce n'est que le côté ultra-alambiqué de ses compositions le rend vraiment difficile à digérer. Bien sûr, on n'attend pas de Death qu'ils fassent du easy-listening, mais là, c'est pousser le bouchon un peu loin à mon goût.
J'admire et respecte le savoir-faire des musiciens qui sont absolument admirables (une section rythmique de malades avec Steve DiGiorgio à la basse et Richard Christy à la batterie, qui joueront tous deux sur l'album suivant d'Iced Earth), c'est hyper technique et des passages sont réellement à couper le souffle... MAIS tout ça est bien difficile à assimiler tant la musique part dans tous les sens.
Je trouve qu'il est parfois vraiment dur d'accrocher et de se retrouver dans cet enchainement incessant de riffs et de changements de rythmes. Plein d'idées, c'est clair! Il y en a 50 par morceau!! C'est beaucoup trop et l'ensemble manque de cohérence et y perd en efficacité. Dommage mais pas si grave car l'album renferme tout de même quelques pépites incontournables ("Scavenger of Human Sorrow", "Bite the Pain", "To Forgive is to Suffer" ou la monstrueuse reprise "Painkiller" de Judas Priest) qui le rendent digne d'intérêt. Cependant, je continue de préferer des albums comme "Symbolic" et "Individual Thought Patterns" qui étaient, à mon sens, plus équilibrés. Ils étaient également très techniques, torturés et sombres, mais la démonstration empiétait moins sur la musique. Les idées, la performance... c'est bien, mais il ne faut pas oublier d'écrire des chansons!