2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un éclatant roman sur le droit à la différence, 16 octobre 2011
"The Speed of Dark" est un livre de SF passionnant que j'ai dévoré en une très grosse matinée.
D'abord, la SF est très subtile et d'autant plus crédible. On sait qu'on est dans le futur, avec quelques siècles d'avance. Mais sinon ni les structures politiques, économiques, religieuses ou sociétales ne semblent avoir bougé. Les personnages continuent de se déplacer en voiture et ont les mêmes loisirs que maintenant. Ce n'est que par petites allusions dans le domaine médical qu'on comprend qu'il y a eu évolution...
Surtout, c'est un roman sur l'homme, qui après tout aurait sa place dans d'autres genres littéraires. Le héros, Lou, est un génie des mathématiques employé dans une gigantesque multinationale. Lou aime aller manger une pizza le midi avec ses collègues, aller à ses séances d'escrime le mercredi, acheter ses légumes le jeudi soir, laver son linge le vendredi soir, sa voiture le samedi, aller à l'église le dimanche. C'est un homme à la vie très organisée. Lou a quelques très bons amis (Tom et Lucia en particulier), et Lou regarde avec les yeux de Chimène la jolie Marjory, qui fait de l'escrime avec lui, et qui le regarde aussi beaucoup. Ah... et Lou est autiste.
L'Etat incite les entreprises, via des incitations fiscales, à intégrer les handicapés, dont les autistes, dans leurs employés. Et les génies comme Lou sont très recherchés. Pensez, ils s'immergent dans leur travail toute la journée sans partager aucune interaction sociale. En plus ils font du bon travail, les ordinateurs ne sont pas encore à la hauteur de leur intellect et de leur créativité.
Dans ce "Speed of Dark" (beau titre bien exploité), on va suivre la vie de Lou en entreprise, où un nouveau chef détestable (le frère de la madame Mangin de Princesse Sarah) ne rêve que se débarasser d'eux, ou du moins de les rendre "normaux" via un traitement expérimental, bon gré mal gré. Et on va aussi suivre Lou dans sa vie quotidienne. Du coup, quand Lou, au pied du mur, doit choisir entre le fait de rester différent ou de devenir potentiellement quelqu'un de "normal", on comprend mieux ce choix déchirant (pour nous) et ce qu'il peut perdre et gagner de chaque côté.
C'est un roman splendide, rédigé par un auteur qui semble profondément aimer le genre humain. Chaque personnage est subtil, ni trop bon (même si parfois... mais çà fait du bien), ni trop mauvais (les deux mauvais principaux le sont tellement qu'ils deviennent des personnages repoussoirs et quasi abstraits). Ainsi le chef direct de Lou, Aldrin, est un mélange de compassion maladroite, de gentillesse dissimulée, de certitudes stéréotypées et de lâcheté certaine (mais face à la même situation, aurions-nous fait mieux?).
La conclusion est particulière, ambiguë et parfaitement réussie (je n'ai toujours pas réussi à me dire si je suis d'accord avec le choix fait ou pas...).
C'est un roman que je conseille à tout public, jeune ou vieux, féminin ou masculin, lecteur de SF ou pas (vue sa touche très très légère).
(lu en anglais)
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Une perspective précise et émouvante hélas assortie d'une histoire très fade : 3* et demie, 1 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Speed of Dark (Format Kindle)
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Le point fort de cette histoire est Lou, un autiste de 35 ans, bien intégré dans une société d'un futur proche.
Le récit alterne son point de vue (à la première personne du singulier) et celui du narrateur, d'une manière fluide et agréable.
La perception intérieure d'une personne différente est exceptionnellement bien rendue. Les efforts faits par Lou pour interagir comme il faut avec les "normaux" sont très touchants, mettant en relief les défauts de l'humanité d'une façon pas toujours très flatteuse pour le lecteur.
Au récit d'un quotidien se mêlent de fréquentes digressions sur la perception du monde par Lou, en particulier la musique, l'escrime et la science, mais aussi toutes les petites choses du monde qui nous entourent. Ces petites touches sont les bienvenues, même si j'imagine qu'elles pourraient aisément lasser certains lecteurs. Il y a en effet une redondance marquée qui, même si elle ne gêne pas vraiment la lecture, m'a paru le plus souvent inutile. Peut-être est-ce lié au talent de l'auteur pour nous faire comprendre son personnage dès les premières pages ? Moins de répétitions m'auraient rendu cette histoire bien plus poignante, bien plus intense.
Le côté SF est quasiment inexistant et ne doit pas être un moteur de lecture de ce livre. Pour les besoins du récit l'auteur plante quelques avancées scientifiques (existence de stations spatiales, traitements neurologiques avancés, thérapeutique coûteuse et donc encore rare contre le vieillissement) mais l'ambiance du livre évoque les années 80. Aucun développement alléchant n'est proposé, ce n'est pas le but de cette histoire. Ainsi les détails d'anticipation servent-ils les besoins de la cause, mais ne sont jamais repris dans un cadre plus général pour nous faire rêver.
Bien que la lecture de ce livre ait été aisée, j'ai trouvé très faible la structure du récit banale et plate - pas du tout à la hauteur du personnage et du travail effectué pour nous le rendre familier et attachant malgré ses différences. L'intrigue est sans intérêt et floue, le côté social est linéaire et répétitif, et la fin est... compréhensible dans le contexte mais clichée à mes yeux.
Sachant que l'auteur a écrit ce livre alors que son enfant souffrait lui-même d'autisme est un facteur important de sympathie et d'intérêt. On comprend bien comment elle a pu rêver d'un monde où les progrès de la science ont réussi à atténuer l'autisme, permettant même à certains des autistes (les variantes dans les degrés de ce trouble ne sont pas éludés, mais au contraire fréquemment évoqués) de mener une vie normale - ou du moins une vie parmi les "normaux". Cette histoire sera peut-être l'occasion pour certains de réfléchir à l'injustice de la notion de normalité, à la faiblesse humaine face aux handicaps, qui provoquent le rejet ou peut-être encore pire - l'évitement. En ce qui me concerne j'ai déjà lu de nombreux livres abordant le sujet d'une manière ou d'une autre, et parfois aussi émouvante qu'ici, même si c'était alors dans un cadre moins faste, voire même très discret, comme dans une romance sans prétention.
Un beau témoignage, mais une histoire qui se laissera aisément oublier...
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