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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Baudelairien,
Par pinux (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Splendour Of Fear (CD)
The Splendour of Fear est le deuxième album de Felt. Il sort en 1983 et ne ressemble à rien de ce qui se fait à ce moment. C'est un court recueil de quatre instrumentaux et deux morceaux chantés, si on peut parler de chant pour cette voix qui manque singulièrement d'assurance, les paroles sont quasi inaudibles. La basse bourdonne, monotone et la batterie est primitive, roulements de toms et pas de cymbales. Par opposition les guitares sont brillantes et volubiles, toutes voiles dehors. Le tout est noyé dans une brume de reverb'. L'ambiance générale, très atmosphérique, rappelle la poésie de Baudelaire, entre spleen et idéal. Pour Lawrence, le leader et Maurice Deebank, le bras droit et guitariste, au ras des pavés tout est humide, gris, sale et triste, mais là haut dans les nuages il y a de somptueux palais aux colonnes de marbre et décors d'or fin baignés de la lumière d'un soleil perpétuel.Le disque ouvre sur "Red Indians" : une danse au rythme ternaire pour indiens fantômes. Puis voilà "The world is as soft as lace", premier morceau chanté, plongé dans l'éther mais qui préfigure déjà un peu ce que sera le Felt à venir, celui de "The Strange Idols Patterns And Other Short Stories" (album plus pop mais néanmoins admirable). "The optimist and the poet" est un instrumental avec ralentissements et re-accélérations du rythme où Maurice Deebank déploie son talent de guitariste sans jouer aux gros bras façon Joe Satriani, rassurez-vous. Les "Mexican Bandits" font alors irruption, et la couleur change un peu. C'est une sorte de générique pour série télé en noir et blanc, un Mexique du XIXème siècle issu de l'imaginaire d'un enfant avec ce motif répété ad lib. "The Stagnant Pool" est peut-être le meilleur moment de l'album. La voix limite hiératique et la guitare ornementale sont tel un chevalier et sa fidèle épée. L'atmosphère très fantomatique. L'album se clôt sur le somptueux solo de guitare de Maurice Deebank : "A Preacher in New England que j'oserai qualifier de Brontë-esque (pardon). Felt est le projet de Lawrence, il avait prévu 10 albums en 10 ans et s'en est tenu là. L'œuvre du groupe est une des créations majeures des années 80 pour la pop-rock avec celles de REM ou des Smiths, elle est incontournable mais n'a malheureusement (ou heureusement ?) gagné qu'un succés d'estime auprès d'un petit nombre d'adeptes fidèles. La reédition en CD de la série complète des albums permet une redécouverte de leur production et l'ouverture à un public plus large. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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