Déjà, nous avions été quelques-uns à avoir remarqué le retour d'Helloween en 1994, avec "Master of the Rings", l'album d'un groupe pas encore tout à fait remis de ses mésaventures, mais qui revenait de loin... avec la ferme intention d'en découdre.
Je me permets de dire "quelques-uns" car, en octobre 1994, le groupe avait donné son concert parisien à l'Arapaho, salle minuscule qui ne devait pas compter plus de 300 ou 400 places... c'était absolument génial! Refermons cette parenthèse.
Je m'étais mis à espérer que l'album suivant serait celui du grand retour. Et aujourd'hui, 13 ans après sa sortie, je l'affirme avec autant de conviction qu'à l'époque, "The Time of The Oath", malgré ses imperfections, est cet album!
Quelle claque! Quel plaisir! Quels sourires sur les visages de mes amis et moi-même à la première écoute de "The Time of the Oath"! C'est un disque qui a la particularité d'établir une double performance: il est à la fois l'album du groupe le plus inspiré de la décennie, mais c'est également le plus mal produit! Quel dommage! C'est quoi ce petit son brouillon, sans pêche? J'espère que le responsable de cette infamie a eu le bon goût de se retirer du monde de la musique, parce que franchement, c'est vraiment produit avec les pieds. Mais il ne faut pas vous laisser rebuter par ce son (indigne d'un tel groupe)! Non, car "The Time of The Oath" renferme de véritables pépites.
Ce disque contient des chansons comme on ne pensait plus en entendre de la part d'Helloween. "We Burn", "Before the War", ou "Kings will be Kings" sont des compositions speed, puissantes, majestueuses qui nous font croire que les beaux jours des "Keeper of the Seven Keys" sont revenus! D'autres morceaux comme "Power" ou "Steel Tormentor" sont très enjoués, mélodiques, funs et convaincants. Mais il y a aussi des surprises: un original et excellent "Mission Motherland" avec ses allures de titre progressif, ses 9 minutes tout en changements de rythmes, ses mélodies géniales et sur lequel les musiciens s'en donnent à coeur joie... ils font vraiment un boulot remarquable! Puis, il y a la chanson titre composée par Roland Grapow. "The Time of the Oath" est un titre sombre, classe et épique, doté d'un riff power metal, de choeurs en latin sur le refrain, d'une super mélodie... bref, c'est la claque!
Cet album est incontestablement le meilleur qu'Helloween ait sorti depuis "Keeper of the Seven Keys II" (8 ans plus tôt) et signe le retour en fanfare d'un groupe miraculé. Je ne lui donne que 4 étoiles à cause de sa production médiocre et de quelques titres pas terribles ("A million to one", "If I knew"...), mais quel plaisir j'ai pu prendre à l'écouter encore et encore! 1996 fut donc une grande année pour Helloween. La tournée fut d'ailleurs un succès (à Paris, ils passèrent dans un Elysée Montmartre comble cette fois-ci)... elle donna lieu à un double album live ("High Live" au son guère plus puissant que celui de cet album). Le groupe était revenu sur le devant de la scène, chose inimaginable 3 ans plus tôt.
Je terminerai par un bref commentaire sur cette édition remasterisée. Le son est un chouilla meilleur, mais franchement, la remasterisation ne fait pas de miracle! Il aurait carrément fallu le ré-enregistrer. Le deuxième disque compile tout ce que le groupe avait sorti de faces-b et diverses bonus à l'époque. Il y a du sympa: l'inédite "Still I don't know", la reprise de Judas Priest "Electric Eye" ou celle de "Rain" de Status Quo. Mais il y a aussi du bizarre avec "Take it to the limit" et ses claviers incongrus, ou de l'ignoble avec "Time Goes By" et "Light in the Sky", 2 ballades sirupeuses à en vomir.
Retrouvez cette chronique (et bien d'autres) sur le webzine auxportesdumetal.com