C'est avec une certaine joie que l'on retrouve la cour du "bon" Roi Henry car on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série : un scénario avec une forte intensité dramatique, une mise en scène de premier ordre, des acteurs toujours aussi brillants ainsi que des décors et des costumes absolument somptueux. Mieux, le scénario évite les longueurs qui avaient parfois plombé la saison 3.
N.B. : La suite de ce commentaire est susceptible de faire référence à des faits que certains pourraient considérer comme des SPOLIERS. Étant donné leur nature historique, ces révélations n'ont rien de franchement exceptionnelles... mais je préfère vous mettre en garde tout de même.
Les évènements qui ont jalonné les sept dernières années du règne d'Henri VII ont de quoi pimenter cette grande saga historique :
- le cinquième mariage avec la trop jeune et trop légère Catherine Howard (Tamzin Merchant) qui s'est rapidement perdue dans les intrigues de palais.
- le sixième et dernier mariage avec la douce et intelligente Catherine Parr (Joely Richardson), qui s'est chargée de l'éducation des deux derniers enfants du Roi et a su man½uvrer pour échapper au triste destin de celles qui l'ont précédé ;
- la guerre contre les Français ;
- le lent et douloureux déclin d'un roi vieillissant et malade et la lutte entre les factions aristocratiques du Royaume. En ce qui concerne la lutte pour la succession du Roi, celle-ci sera illustrée par la rivalité entre Edward Seymour (Max Brown), beau-frère du Roi, et le flamboyant comte de Surrey (David O'Hara). En ce qui concerne les agitations religieuses, celles-ci sont illustrée par les tentatives menées par l'évêque Gardiner - soutenu par la très catholique Princesse Marie - pour discréditer les frères Seymour ainsi que la Reine C. Parr.
Ainsi, on peut distinguer trois parties dans cette saison.
- Les 5 premiers épisodes sont un peu plus dans la veine de la saison 1 et 2 car développant une intrigue assez sulfureuse. Seulement, ce n'est plus le Roi qui se glisse dans le lit d'une maîtresse, mais un courtisan qui aura la fort mauvaise idée de se glisser dans le lit de la Reine. Portée par un scénario bien écrit et servie par des seconds rôles convaincants, cette partie devrait plaire à ceux qui ont trouvé la saison 3 un peu trop "sage".
- Les 3 épisodes suivants sont l'occasion de remettre le Roi sur le devant de la scène et de renouer avec les aspirations historiques de la saison 3. Il y a son mariage avec la très posée Catherine Parr puis le siège à Boulogne - un siège qui n'en finit pas et qui marquera surtout le spectateur par son impact sur la santé du Roi et sur les finances du Royaume.
- Les deux derniers épisodes sont l'occasion de dresser le bilan du règne d'Henry VIII, un homme malade et impotent, hanté par les fantômes du passé, et de voir sa succession se dessiner dans un pays déchiré.
Au final, j'ai particulièrement aimé cette saison. On reste bien sûr dans le domaine de la fiction historique, avec ce que cela implique de prises de liberté par rapport aux évènements historiques, mais l'ensemble reste cohérent et les personnages sont menés avec un certain brio jusqu'au bout de leur destin.
Contrairement à la saison précédente, je n'ai pas eu l'occasion de m'ennuyer et c'est avec une certaine émotion que j'ai regardé le dénouement de cette série. Ceux qui auront suivi cette série jusqu'à la fin ne devraient pas donc être déçus. On regrettera peut-être que la série s'arrête là alors que les règnes d'Edouard VI, de Marie I et de Elizabeth I auraient probablement mérité quelques saisons supplémentaires.