Ce tome regroupe les épisodes 7 à 12 de la série et le numéro spécial "Spearhead" (parus entre 2008 et 2012), soit les derniers de la série. Il forme une histoire complète avec
The Twelve 1 (épisodes 1 à 6) qu'il faut avoir lu avant. Cette histoire peut être lue indépendamment de toute autre.
Ce tome reprend l'histoire exactement où elle s'était arrêtée dans le tome d'avant. Un nouveau meurtre vient d'être commis dans un bar gay : tous les clients ont été démembrés. La police a accepté que Phantom Reporter (Dick Jones) pénètre sur les lieux du crime pour se faire sa propre idée. Captain Wonder (Steve Jordan) reçoit la visite de Tim Mulrooney, qui dans les années 1940 était un adolescent qui combattait à ses cotés sous le surnom original de "Tim". Roy Chambers (Blue Blade) a du mal à conserver son public télévisuel et il cherche comment doper son audience. Elizabeth Zogolowski a obtenu le droit de récupérer Electro, l'invention de son père. Master Mind Excello invite Dick Jones dans son manoir pour lui faire part de ses doutes. Et Jones s'interroge sur les agissements de Black Widow (Claire Voyant). Il semble bien que le groupe des Twelve se dissolve de lui-même.
Joseph Michael Straczynski (le scénariste) poursuit donc la réinsertion des 12 superhéros des années 1940 estampillés Timely Comics (l'éditeur qui allait devenir Marvel Comics) à l'époque contemporaine : Phantom Reporter, Mister E, Master Mind Excello, Dynamic Man, Rockman, Captain Wonder, Black Widow, Laughing Mask, Fiery Mask, Blue Blade, Witness et Electro. Il entremêle les retours en arrière pour que le lecteur puisse découvrir les origines (et parfois les origines secrètes cachées derrière), la prise de contact avec les personnes de leur famille ou leurs connaissances encore vivantes, et le mystère du héros décédé dans le tome précédent. Le constat est que Straczynski a toujours du mal à trouver de la place pour tous ces personnages principaux. Certains ont droit à plus de place que les autres (Phantom Reporter bien sûr) et d'autres restent réduits à un seul trait de caractère tel Blue Blade. Cet aspect n'empêche pas d'apprécier chaque personnage dans la mesure où les dessins de Chris Weston sont toujours aussi finement détaillés et permettent au lecteur d'acquérir le degré de familiarité nécessaire pour qu'ils disposent de suffisamment d'épaisseur.
D'un autre coté, Weston s'en tient au scénario qui veut que chaque personnage conserve son costume des années 1940. Le contraste avec l'époque actuelle est un peu trop important. Par exemple Master Mind Excello et ses protège chaussures font ressortir la volonté de donner une forme de costume de superhéros à chacun malgré l'impossibilité de se procurer des costumes de rechange de ce type à notre époque. Les dessins étant très réalistes, ils mettent en évidence ce dispositif scénaristique un peu gauche. Cela empire quand Phantom Reporter tient absolument à garder son masque violet quand il enquête alors que son identité est devenue publique. Straczynski lui fait dire qu'il s'agit de son style de vie, mais cette remarque tombe à plat.
L'utilisation de superpouvoirs reste dans le ton des comics des années 1940, ce qui s'avère très agréable. Straczynski prend soin de contextualiser l'usage de chaque superpouvoir de manière à ce que ce recours à la force ait un sens dans l'action d'écrite, plutôt que de simples décharges d'énergie ou des coups de poings sur tout ce qui bouge. Les différents héros ne sont pas capables de faire tout et n'importe quoi avec leur rayon d'énergie (par exemple le feu émis par Fiery Mask). Cette approche un peu à l'ancienne des superpouvoirs s'intègre parfaitement à la narration et elle évite que cette histoire ne sombre dans des combats primaires et superficiels. Il y a par exemple Dynamic Man attrapant des balles de fusil lors d'un spectacle de charité. Weston capture parfaitement l'instant avec une évidence qui évoque les illustrations de Gary Frank.
Le lecteur plonge donc dans une histoire menée par l'intrigue et les personnages plutôt que par l'action et les combats. Straczynski a conçu un mystère donnant lieu à une enquête dont la solution est révélée à la manière d'Agatha Christie : le héros réunit tout le monde dans la même pièce et explique comment les événements se sont enchaînés, il révèle les secrets et confond le coupable. Weston utilise un style réaliste et minutieux qui donne à chaque endroit une personnalité unique. Lors de l'examen de la scène du crime dans un bar, le lecteur contemple les lames du plancher souillées de sang, les tables de billard abimées, le détourage des victimes avec du ruban adhésif sur le sol, les bouteilles d'alcool alignées sur les étagères, et tout cela dans une seule case. La demeure dans laquelle résident les superhéros dispose d'une terrasse où il fait bon boire un verre, avec vue sur le domaine, du mobilier de jardin, la façade en brique, les fenêtres, un balcon avec sa rambarde en fer forgé, une balustrade en pierre. La chambre à coucher de Black Widow est élégamment meublée et reflète son utilisation.
Le tome se conclut avec le numéro spécial "Spearhead" écrit et dessiné par Chris Weston, et encré par Gary Erskine. Il détaille comment les 12 superhéros de The Twelve se sont retrouvés ensemble à Berlin en 1945 à pénétrer dans ce bâtiment. Weston est parfaitement dans le ton des 12 épisodes de la maxisérie, avec une voix pour chacun des personnages, quelques moments de prise de conscience face aux horreurs de la guerre (l'un d'entre eux est confronté à un four crématoire), et des illustrations toujours aussi minutieuses.
JM Straczynski et Chris Weston bouclent leur récit ramenant 12 personnages oubliés de Timely Comics à la période actuelle de Marvel Comics. Il s'agit d'un récit qui peut se lire sans connaissance particulière de l'univers partagé Marvel. Il se compose à la fois de la découverte du passé de ces 12 individus, de leur histoire, et d'une enquête sur plusieurs meurtres pour découvrir le coupable. En 12 épisodes, Straczynski n'a pas le temps de développer tous les personnages au même niveau. L'enquête se trouve parfois un peu ralentie par les retours en arrière qui, pour certains, servent plus les personnages que l'intrigue. Les dessins de Chris Weston sont très minutieux et donnent une densité impressionnante au récit en conférant une forte identité visuelle à chaque personnage et chaque endroit.