Après 3 albums sortis en solo, et la reformation du groupe The Verve il y a deux ans (qui a déjà splitté depuis), Richard Ashcroft nous revient avec un nouveau projet intitulé United Nations of Sound. Alors soit, le monsieur est allé chercher des musiciens aux USA, et ceux-ci ont fait leurs armes dans le R'n'B, mais tout cela ne fait pas de United Nations of Sound un album de hip hop. Musicalement, même si certains changements ont eu lieu, c'est bien de pop ashcroftienne dont il s'agit.
De bonnes surprises, quelques autres moins bonnes... il y a de tout dans ce premier essai. Au rayon des bons points, on notera un effort pour offrir un disque un peu plus varié et tonique que d'habitude. Quelques chansons qui bougent bien (l'imparable "Born again", sans doute la meilleure piste de cette galette, "Beatitudes", "Royal Highness"...), une belle ballade ("She brings me the music"), un titre mid-tempo tranquille soutenu par des cordes ("Good loving" avec des arrangements et un style qui rappelle l'ère "Human Conditions"), une petite incursion dans le blues-rock avec "How deep is your man", et même un titre aux allures de gospel ("Glory")... on ne nous offre pas la même soupe pendant 12 pistes ! Maintenant, de là à dire que tout est réussi...
Ici, le meilleur côtoit le moins bon. Alors que "Born Again" est un hymne qui mettra le feu sur scène (et je peux en témoigner pour avoir vu le monsieur présenter son album en juin dernier au Trabendo à Paris), on voit mal ce que peut apporter une chanson ultre-répétitive comme "Life can be so beautiful"... à part une certaine forme d'agacement tant la ligne de chant de Mr. Ashcroft (qui prend pour l'occasion une petite voix aigue) se révèle irritante. Le son de l'ex-leader a changé, il s'est un peu américanisé (forcément, vu les collaborations). Ce qui est le plus décevant, c'est peut-être la production avec une batterie trafiquée en permanence (on se demande d'ailleurs si un vrai batteur joue sur l'album du coup tant ça sonne synthétique)... En fait, la raison qui me fait dire cela vient du fait que, comme vous l'avez lu quelques lignes plus haut, j'ai d'abord découvert cet album sur scène. De là vient ma déception, je pense. Car, en live, indiscutablement, c'était plus impressionnant... ça avait plus d'ampleur et de pêche (c'est particulièrement flagrant avec la compo "Let my soul rest" qui m'avait forte impression alors qu'elle apparait beaucoup plus plan-plan dans sa version studio).
Cependant, même s'il n'est pas parfait, voire assez inégal, ce "United Nations Of Sound" est attachant. On y trouve quelques très bons morceaux qui nous prouvent que Richard Ashcroft sait encore composer de beaux hymnes pop. Rien qui soit dans la lignée des grandes heures du monsieur non plus (ceux qui s'attendent à retomber sur des chansons de la trempe de "Bittersweet symphony", "Sonnet", "The drugs don't work" ou "Velvet morning" risquent d'être déçus), mais l'ensemble demeure plus convaincant et agréable que le semi-ratage "Forth" des The Verve il y a 2 ans. Parfois léger, parfois plus mélancolique, beau ou agaçant (dommage, à mon sens, que Richard force parfois sa voix dans des tons un peu geignards et nasillards), ce nouvel opus mérite l'attention des fans du monsieur... A eux de se faire leur propre opinion.