C'est surtout par les expérimentations auxquelles ils s'adonnèrent que The United States of America passèrent à la (culte) prospérité. Cependant, leur unique album recèle de plus de trésors que son seul aspect avant-gardiste.
Si la richesse de la scène psychédélique américaine de la fin des années soixante n'est plus à démontrer, la plupart des albums majeurs ou incontournables sont connus du plus grand nombre. Il existe relativement peu de trésors cachés tel que cet unique album de The United States of America.
Hélas, le monde, semble-t-il, n'était pas prêt pour les incursions électroniques et autres manipulations soniques qui sont la marque de fabrique de ce quatuor unique en son genre. Et ces justement grâce à ces expérimentations que The US of A est si particulier. Force est de constater que, sans cette particularité, les compositions ici présentées ne seraient probablement pas aussi savoureuses et rapprocheraient probablement beaucoup plus de ce que leurs condisciples produisaient. Evidemment, période et scène oblige, ça fleure donc bon le patchouli et l'usage de quelques psychotropes consommés plus que de raison.
Plus de 40 ans après sa sortie, l'aeuvre éponyme qui n'avait pas rencontré le succès public malgré les éloges critiques, a finalement rencontré son public et on ressent l'onde de choc de son influence jusque dans la musique de certains des groupes les plus "hype" du moment tels que Broadcast, les krautrockeux de Faust, The Beta Band et - plus largement - tout ce qui se réclame de l'héritage de la late sixties west-coast psychedelic rock scene et ça en fait un paquet !
Archétype même de ces perles rares, de ces albums maudits au parcours tortueux... Il n'est que justice de le voir, tardivement, recueillir les louanges publiques qui lui avaient initialement échappé.