J'avais beaucoup aimé le premier album de Limp Bizkit, Three Dollars Bill Y'All, mais la suite m'avait tout autant déçu. C'est donc par hasard que j'ai entendu les échos positifs de cet EP, The Unquestionable Truth (Part I). On parlait alors d'un son plus brut, d'un chant proche de celui de Zack de la Rocha (Rage Against The Machine), d'un revirement artistique lié au retour de Wes Borland à la guitare et de Ross Robinson à la production. Je me suis donc finalement laissé tenter.
Et on a effectivement de tout ça sur ce CD de 7 titres. Les compositions sont incisives, bien construites, peu complexes mais très efficaces. La longueur des morceaux est en moyenne de 4-5 minutes, ce qui est raisonnable, et servis de textes réussis traitant de la désinformation ("The Propaganda" ; "The Truth"), des dérives de la religion ("The Priest") et des médias ("The Channel"). Le chant de Fred Durst est en effet proche de celui de Zack de la Rocha sans que ce soit trop flagrant à mon sens. On notera la présence d'une sorte d'interlude Hip-Hop du nom de "The Key", pas désagréable, et la discrétion globale de DJ Lethal, que l'on n'entendra réellement qu'avec le matériel adapté.
Un bon CD en somme, que je n'espérait plus de la part de Limp Bizkit. Certains passages font mouche (le final de "The Propaganda"), restent en mémoire (le très bon "The Truth")... L'artwork de la pochette lui même a son charme et annonce la couleur. Une seule exception : la ballade "The Surrender", largement dispensable, qui conclut l'opus.
Bref, honorable tant sur la forme que sur le fond.