Avant cette nouvelle production de Murcof, on pouvait craindre qu'il ne compose que six albums, puisque les initiales des titres des quatre premiers correspondent, dans l'ordre, aux lettres formant son nom d'artiste :
Martes,
Utopia,
Remembranza et
Cosmos (j'ai rédigé un commentaire sur chacun de ces albums).
Celui-ci se situe hors du cadre. Et il ne faut malheureusement pas compter sur la pochette de l'album pour comprendre ce qu'est ce projet, sinon qu'interviennent notamment une viole et une viole de gambe ! Selon Les Inrockuptibles (16/12/08), il s'agit d'une "suite musicale en six mouvements, enregistrée sur des instruments baroques du XVIIe siècle et composée pour le festival Les grandes Eaux nocturnes du château de Versailles".
La musique que contient cet album est donc également hors du cadre de ce que nous proposait le Mexicain jusqu'à présent, même si nous restons dans l'électronique expérimentale. Et vraiment expérimentale pour le coup. L'ensemble est difficile d'accès mais très intéressant. On est parfois proche de la musique contemporaine. J'apprécie trois morceaux plus particulièrement : 'Louis XIV's demons', plein de silences et très expérimental, les 12 minutes de 'Spring in the artificial gardens', morceau le plus proche de ce à quoi nous avait habitué Murcof, et une très réjouissante réappropriation de Lully pour clore l'album.
À réserver aux oreilles averties.
À noter que Murcof a aussi collaboré à d'autres projets : le mini album de Erik Truffaz
Mexico dans le cadre du triple mini album de celui-ci
Rendez-Vous : Paris, Bénarès, Mexico, deux morceaux de
Private Domain de Laurence Equilbey (sous le pseudo Iko), et le dernier morceau de l'album
Aimer ce que nous sommes de Christophe (et d'autres collaborations peut-être).