Beniamino Gigli né à Recanati le 20 mars 1890 en Italie centrale était le dernier d'une famille de six enfants, son père était un pauvre cordonnier.
Beniamino montra dés sa plus tendre enfance un gout pour la musique et une extraordinaire habileté de chanteur et, à l'age de sept ans, il était soliste principal dans la plus grande église de sa ville natale.
Lorsque sa voix mua, ce qui ne se produisit que dans sa dix-septieme année, il se trouva posséder une belle voix de baryton et, aprés avoir travaillé deux ans comme assistant chez un pharmacien, il décida de vouer sa vie au chant.
A cet effet, il demanda une place à la Schola Cantorum, à la chapelle Sixtine de Saint-Pierre de Rome. Il y étudia et chanta pendant trois ans, et à vingt ans il entra au fameux conservatoire de St-Cecilia à Rome comme élève d'Enrico Rosati.
Sa voix de baryton était alors devenue une voix de ténor lyrique d'une chaleur et d'une richesse rares. A vingt-trois ans il gagna le premier prix dans un concours organisé à Parme par Campanini, un fameux chef-d'orchestre du début du XXeme siécle. Le prix de ce concours était un engagement à l'opéra de Chicago, mais malheureusement la premiere guerre mondiale éclata et Gigli du faire sa premiere apparition sur une scéne d'opéra le 15 octobre 1914 à Rovigo dans le role d'Enzo dans La Gioconda d'amilcare Ponchelli.
Sa renommée grandit rapidement et moins d'un an aprés ses débuts on commença à se disputer son concours entre les principaux théatre d'Italie. Rapidement par la suite, cette rivalité se manifestera également entre les différents opéras du monde entier.
Pendant le premier conflit mondial, Gigli chanta à l'opéra de Turin, Palerme, Rome, au San-Carlo de Naples ou il obtint un immense succés et à la Scala de Milan ou il fut entendu pour la premiere fois par Arturo Toscanini qui lui offrit le role de Faust dans le Mefistofeles d'Arrigo Boito pour le festival Boito de la Scala de Milan en 1919. Le succés qu'il obtint dans ce role lui valut un engagement à Buenos-Aires au célébre théatre Colon et il passa ensuite prés de deux ans à interpréter differents opéras dans les principaux théatres d'Amérique du Sud.
En 1920 Gatti-Cadazza, le fameux imprésario, à la recherche d'un ténor pour tenir les roles principaux au Metropolitan-Opéra de New-York aux cotés de Caruso entendit Gigli et l'engagea pour trois ans.
En 1921 le grand Enrico Caruso mourait, et de ce moment jusqu'à l'étè 1932 Gigli va etre le principal ténor italien du Metropolitan. Il fut pour le public américain ce qu'avant lui Caruso avait étè. C'est sans doute de là que vient le fait qu'on le considére comme le succésseur de Caruso et ceux qui un peu comme des enfants s'amusent à faire des classements, dans celui des plus grands ténors il le place en numéro deux juste derriere Caruso.
Il fut choisi pour créer les roles de ténor dans les opéras italiens et français montés par le Metropolitan.
Il fut l'étoile des nuits d'ouverture de chaque saisons et la grande attraction des nuits de gala.
Pendant les années qui suivirent son départ on pu suivre son remarquable succés dans toutes les villes du monde.
Il enregistra de nombreux disques et des opéras comme La Tosca, La Traviata, Aida, La Boheme ou Madame Butterfly souvent avec la soprano Maria Caniglia.
La science du phrasé de Beniamino Gigli et ses merveilleux mezza voce sont quasiment uniques parmi les ténors, son sens dramatique lui permit de creer dans les salles de concert lors de ses nombreux récital l'atmosphére intense de la scéne d'opéra.
Ce célèbrissime ténor mourut d'une pneumonie le 29 novembre 1957. Deux jours plus tot il était tombé malade et selon le docteur Scimone il sembla tout d'abord n'avoir qu'un léger refroidissement. Mais le lendemain la fiévre monta brusquement. Le docteur Scimone appela alors un spécialiste le docteur Frugoni en consultation et les deux spécialistes décidèrent d'un traitement urgent aux antibiotiques. Mais l'état du malade continua à s'aggraver rapidement et le matin du 29 le docteur Scimone prevint les proches du chanteur q'une issue fatale était à prevoir. Toute sa famille était à son chevet au moment de sa mort..
Jusqu'à la fin Beniamino Gigli a continuer à plaisanter avec les personnes qui se trouvaient auprés de lui. Au dire du docteur Scimone, il n'a réalisé la gravité de son état qu'en voyant entrer dans la chambre ou il reposait le pretre dominicain que sa femme avait appelé pour lui administrer les derniers sacrements.
Aprés Enrico Caruso disparaissait Beniamino Gigli mais il revit ici sur les beaux morceaux qu'il interpréte sur ce double CD d'une bonne qualité.
Comme ensuite disparaitront toutes ces grandes voix que furent aussi Giacomo Lauri-Volpi, Tito Schipa, Mario Del Monaco, Luciano Pavarotti. Et pourtant en écoutant leur voix l'on peut dire pour reprendre un air bien connu qu'ils ont tous chanté :
Nel cielo lucevan le stelle.