L'économie va mal, l'intolérance gagne chaque jour du terrain, les centrales atomiques japonaises explosent et Johnny revient avec sa Fifibrindacier...Vous pensez que tout est foutu ? Vous n'avez peut être pas tort.
Alors, autant quitter un moment ce monde de brutes et se vautrer dans un bain de douce vacuité et de douceurs insignifiantes en se passant cet album en boucle. Attention quand même à l'excès de sucre.
Il faut préciser à l'attention des plus jeunes qu'avant Lady Dada et Juster Bibine, il existait il y a de cela plusieurs années, un groupe composé de 2 vrais talents mélodiques et d'accompagnateurs en retrait (le 1er qui dit : les Beatles est un goujat) qui ont cartonné mondialement et au delà, avec des têtes de vieux babas et une musique calibrée caractérisée par un harmonica et des pianos électriques (le fameux wurlitzer) omniprésents avec un son à base d'accords brefs, très rythmés et répétés : il s'appelait Supertramp et c'était le groupe de Rick -businessman- Davies et Roger -spiritual- Hodgson.
Chose étrange, en plein succès et alors que les divergences entre les 2 leaders ne semblaient pas plus insurmontables, que par exemple, celles de Jagger et Richards, ils se sont séparés.
D'un côté, nous trouvons donc Ricky (qui a eu la bonne idée de garder le nom, ce qui lui permet aujourd'hui de continuer -péniblement- à tourner en balançant aux foules les tubes co-écrits, qu'il fait chanter par un ectoplasme. Car en fait, ces tubes sont principalement l'œuvre del'autre : "Dreamer", "The logical song", "Take the long way home", "Breakfast in America", "It's raining again", "Give a Little bit"... ) et de l'autre côté, nous avons donc Roro, qui lui, découvre l'opéra celtique entre 2 albums potables, sans profiter du nom de Supertramp, toujours bien côté.
Aux dernières nouvelles, ils sont toujours fâchés. C'est ballot.
En attendant, cette compilation est un bonheur. Evidemment, comme tout exercice de cette nature, chacun voudrait remplacer ici ou là quelques titres (par exemple "Rudy" ou "Cannonball") par d'autres ("Lady", "Don't Leave Me now", "A Soapbox Opera" ou "Fools overture", "Easy does It"). La solution alternative existe quand même, puisqu 'il existe un volume 2 qui reprend certains de ces titres.
En attendant, savourez celui ci. Le temps du matraquage insupportable des chansons de "Breakfast in America" au début des années 80 est loin derrière nous et ne reste aujourd'hui que le pur régal. Et comme la sélection parmi "Crime...", "Even In The quietest Moments" et "Crisis'" est judicieuse, pourquoi hésiter ?