Parmi les grands classiques du 7° art qui enchantèrent petits et grands, faisant naître sous leurs yeux les créatures les plus incroyables, il y eut surtout « King Kong » et « le 7° Voyage de Sinbad ». King Kong était avec « le Monde Perdu » l'œuvre avec qui tout avait commencé, consacrant Willis O'Brien génie des effets spéciaux et grand visionnaire du cinéma fantastique. Mais le grand O'Brien avait lancé la vocation. Et Ray Harryhausen, qui découvrit dans son enfance le singe géant, voua son existence à l'animation des monstres au cinéma.
Avec lui, plus encore qu'avec son maître et père spirituel (avec qui il collabora le temps d'un « Mighty Joe Young » faisant office de « King Kong au rabais ») qui ne fit quasiment rien d'autre dans la suite de sa carrière, tout devenait possible, et les créatures les plus incroyables apparurent sur les écrans. Des cyclopes et dragons cracheurs de feu dans notre « 7° voyage de Sinbad », une pieuvre géante dans « It came from the sea », un géant extraterrestre dans « 20 millions miles to earth », des animaux géants dans « les Voyages de Gulliver » et « l'Île Mystérieuse », des squelettes vivants et une hydre à sept têtes dans « Jason et les Argonautes », des extraterrestres belliqueux commandant des chenilles géantes dans « Les Premiers hommes dans la lune », des dinosaures à foison dans « Un Million d'années avant J.C. » et « La Vallée de Gwangi », Une déesse à six bras, un griffon et un centaure dans « Le Voyage fantastique de Sinbad », un minotaure, un morse géant et un tigre à dents de sabre dans « Sinbad et l'œil du tigre », Pégase, le Kraken et la Gorgone dans « Le Choc des Titans »... Il berça l'enfance et émerveilla les jeunes et les moins jeunes, demeurant le maître absolu dans sa discipline durant trois décennies.
Si aujourd'hui, le moindre spot publicitaire anime les monstres les plus incroyables avec une facilité désarmante, il ne faut pas oublier ce que ce merveilleux artisan que fut Ray Harryhausen nous apporta à une époque où la technologie actuelle n'existait pas. De plus, ses films (dont il est, plus encore que leurs metteurs en scènes respectifs, le géniteur) dévoilent une poésie visuelle aujourd'hui perdue. Où quand le merveilleux naïf des histoires de monstres s'accordait avec la technique rudimentaire d'une animation qui dévoilait ses imperfections de façon enfantine. Aujourd'hui, lorsqu'une histoire de monstre est formatée de façon réaliste, c'est tout simplement moins adapté. Et surtout, ça a moins de charme !