Nada Surf, ou la confusion du siècle. Beaucoup n’y voit là que le groupe d’un tube, « Popular ». Matraqué au milieu des nineties sur toutes les radios dîtes « rock » de l’époque (quand on voit où elles ont sont aujourd’hui…), le groupe ne s’est depuis jamais défait de cette image de « one hit wonder » étendard d’une certaine frange de kids pas forcément « cools » dans leurs bahuts. Tout faux. Si Nada Surf reste aujourd’hui le groupe de power-pop typiquement post-adolescent dans sa musique, sa richesse, et surtout, son talent d’écriture ne sauraient tromper sur l’expérience dont font preuve ces désormais trentenaires. Quatrième album et ni plus ni moins que l’impression de se trouver devant la descendance directe des Beatles en terme d’aisance mélodique. Chaque titre de ce « The weight is a gift » transpire la grâce à travers cette espèce d’évidence de chaque plan, de chaque note, de chaque mélodie. Comme si chaque chose était parfaitement à sa place, mais qu’elle était également aussi évidente que brillante. Nada Surf tutoie ici la perfection de la power-pop, cette espèce d’équilibre parfait entre la candeur enfantine, la découverte adolescente des hauts et des bas et le regard réfléchi de l’adulte. Transformé en musique, mon tout nous offre un disque frais et délicat, aussi simple et facile que touchant et revigorant. Pour faire simple, « The weight is a gift » donne simplement envie d’être heureux, de laisser le négatif de côté pour sourire à l’avenir et recommencer à y croire. Peux de disques ont ce pouvoir, et ceux-ci sont précieux… pas la peine de tourner 107 ans autour du pot, « The weight is a gift » est l’album power-pop de l’année.