The Who

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50 YEARS OF THE WHO 26 August 1964 can mean just once thing. The High Numbers are playing at the Scene tonight! http://t.co/L1bQkdpPfP


Biographie

Car même si l'?uvre musicale reste d'importance (mais c'est l'affaire essentiellement de Pete Townshend) la légende du groupe s'est construite autour de cette façon sauvage de se produire en concert, de créer le standard quasiment inégalé de l'explosion scénique rock. C'est sur un déluge sonore jamais entendu à l'époque, un sommet d'énergie brute rarement atteint, que Pete Townshend (formidable guitariste rythmique, perpétuellement en mouvement, assénant ces puissants accords à coup d'incroyables moulinets de bras - inspirés par son éminent homologue Keith Richards et à qui il doit le surnom ... Lire la suite

Car même si l'?uvre musicale reste d'importance (mais c'est l'affaire essentiellement de Pete Townshend) la légende du groupe s'est construite autour de cette façon sauvage de se produire en concert, de créer le standard quasiment inégalé de l'explosion scénique rock. C'est sur un déluge sonore jamais entendu à l'époque, un sommet d'énergie brute rarement atteint, que Pete Townshend (formidable guitariste rythmique, perpétuellement en mouvement, assénant ces puissants accords à coup d'incroyables moulinets de bras - inspirés par son éminent homologue Keith Richards et à qui il doit le surnom de « Birdman »), John Entwistle (bassiste virtuose, ne se contentant plus d'un accompagnement paresseux, mais donnant pour la première fois à son instrument un rôle de tout premier ordre, un des seuls sûrement à l'époque à pouvoir endiguer, encadrer la frénésie rythmique de leur démentiel batteur), Keith Moon (l'unique, l'imperturbable, l'inénarrable, machine à cogner, dans une effarante continuité, comme s'il avait dix bras, avec une facilité, une rapidité, une sécheresse d'exécution hallucinantes, comme insouciant du tempo, sans pourtant et miraculeusement jamais le perdre) et Roger Daltrey (l'icône rock tant copiée plus tard, à commencer par Robert Plant de Led Zeppelin, au magnifique et puissant organe, inaugurant les indémodables stridence du hurlement) que tous les quatre, alors et seulement complètement soudés dans une gigantesque entreprise de démolition, asseyaient donc leurs prestations live, poussant celles-ci jusqu'au paroxysme qui les voyaient régulièrement fracasser, pulvériser, guitares, amplis et batteries, et terminer dans un indescriptible maëlstrom de furie destructrice.

L'expression de Florent Mazzoleni dans son « Odyssée du Rock » : « la puissance d'un tremblement de terre et la finesse d'une lame de rasoir », le record dont fait état le Guiness Book (120 db à 50 mètres de la scène lors d'un concert aux Etats-unis) et les affres financières dont le groupe faillit ne jamais se relever, tant ils étaient contraints de renouveler perpétuellement le matériel, résument finalement assez bien la sauvagerie de leurs concerts.Mais non content de semer la tempête sur scène, les Who et tout particulièrement Keith Moon, soufflaient un vent de folie ravageuse partout où ils passaient, ne reculant devant aucune frasque pour provoquer sans cesse et toujours la bonne société, et revendiquer plus que haut et fort une rage d'exister, pour le moins totalement libérée des normes et des conventions (inventant, par exemple, le jet de téléviseur des chambres d'hôtels dont ils furent, pour certains, longtemps interdits, en représailles à l'ampleur des dégâts qu'ils laissaient à chaque fois derrière eux ), créant là aussi une nouvelle et délirante esthétique comportementale qui allait faire date.

On comprendra donc que l'héritage essentiel de leur discographie soient les deux cathartiques témoignages des prestations de leur apogée scénique : le Live at Leeds de 1971 et le Live à l'Isle de Wight de 70 (en fait paru bien plus tard). Et l'on s'arrêtera malheureusement là, car le groupe qui avait clairement exprimé l'espoir pour ses membres de mourir avant la vieillesse, allait tenir à moitié cette promesse, et payer un lourd tribut à cette orgie d'excès en tous genres (orchestrée bien sûr par des substances qui n'ont pas toujours pour effet de prolonger l'espérance de vie), usé avant l'heure, se délitant petit à petit après cet acmé discographique live et les chefs d'?uvre en studio de la maturité (musicale il s'entend car pour le reste ..), jusqu'à l'extinction finale en 1982, dont la mort prématurée en 1978 de leur âme damnée de batteur peut être considérée, à postériori, comme un funeste et cruel symbole précurseur.

Car il est clair dès le premier album (où retentit l'hymne de toute une jeunesse rebelle « My Génération ») en 1965 que, musicalement transcendé par le jeu incroyable de Keith Moon et l'énergie démente qu'il insuffle au groupe, les Who sont en train d'accoucher d'une façon quasiment inédite de jouer du rock (à l'instar, dans un registre légérement différent, des Kinks dont le premier single du groupe « I can't explain », paru l'année précédente, s'inspire clairement, comme le reconnaîtra Pete Towshend lui-même), d'une façon qu'on pourrait qualifier de purement britannique de s'accaparer l'héritage. Héritage des schémas du rock américain à la Chuck Berry et du rythm'n blues (ils reprennent d'ailleurs deux titres de James Brown) qu'ils dépoussièrent d'une certaine sensualité, d'un certain swing (marquant fortement, par exemple, le style Rolling Stones) tout autant que des démonstrations de virtuosité en vogue sur la scène londonienne alors foisonnante de guitar-heroes en herbe (si John Entwistle n'hésite pas, pour la bonne cause, à en produire un de temps en temps, mais en ce qui concerne la basse c'est quasiment révolutionnaire, tout solo, surtout s'il est démonstratif est quasiment prohibé chez Pete Townshend, de toutes façons limité techniquement dans ce domaine, mais qui par contre, véritable tête chercheuse, redouble d'inventivité pour électrifier, durcir, densifier, le son de sa guitare : des powers-chords ou accords de quinte au médiator glissant sur le manche, en passant par le larsen, la distorsion, les variations subites de volume, sans oublier le feedback, même si en la matière la bataille en reconnaissance de paternité fait rage avec Jeff Beck) pour un expression musicale beaucoup plus tranchante, plus agressive, plus blanche, comme on le dit de la colère, de la rage ou du bruit, et que le rock-garage aux Etats-Unis n'allait pas tarder à reprendre à son compte, en attendant les Stooges et autres précurseurs du Punk.

Mais en tout bon britannique qu'il est, Pete Townshend a la pop chevillée au corps, et aux brûlots du premier album vont de plus en plus succéder, toujours sur ce fond sonore âpre et fougueux, de splendides vignettes de pop survoltée aux mélodies superbes et aux magnifiques harmonies vocales, où le leader des Who, chroniqueur avisé, talentueux et sarcastique de son époque (au même titre que Ray Davies) n'hésite pas à mettre en scène les frustrations, pour une fois exprimées sans détours, d'une jeunesse désemparée. Et c'est sur un tempo d'enfer lui aussi, et avec quelques poussées psychédéliques dans le goût de l'époque, donc que, de « Substitute » à « Magic Bus » en passant par « Happy Jack » et autres « I Can't see for Miles » les hits se succéderont au gré des trois albums suivants (dont le particulièrement loufoque The Who Sell Out en 1968), un parfait résumé, dans des versions magistralement réenregistrées, en étant donné dans l'album Meaty Beaty Big and Bouncy sorti en 1971) pendant que le groupe continue à incendier les scènes et les chambres d'hôtel du monde entier, jusqu'à la sortie en 1969 du chef d'?uvre qui allait enfin leur apporter la lumière.

Car Pete Townshend a dans l'idée depuis longtemps de marquer de son empreinte l'histoire de la musique populaire de son temps, et n'a jamais caché ses ambitions de compositeur (des titres anciens annoncent et préfigurent, déjà dans la forme, en ce qui concerne « A quick one while he's away » du second album, et plus encore dans les grilles d'accords et les mélodies elles mêmes, en ce qui concerne « Tatoo » et surtout « Rael » du troisième, l'?uvre à venir) . Déficit d'image, désir de reconnaissance (on raconte, par exemple, que le premier bris de guitare sur le plafond trop bas d'un club aurait été purement accidentel, et que c'est devant le manque de réaction du public qu'il aurait décidé d'en remettre une couche) tout est bon pour faire parler de lui. Mais le meilleur moyen est encore de pondre le grand-?uvre auquel il aspire. Et ce sera bien sûr Tommy, répertorié comme le premier opéra rock (en tous cas, à succès, puisque le SF Sorrowdes Pretty Things sert indubitablement de point de repère), de nouveau le « mariage de la carpe et du lapin » : en tous cas, celui de la puissance exacerbée d'un groupe rock en pleine possession de ses moyens et de la musique sérieuse voire prétentieuse ; celui des préoccupations mégalomaniaques, concepts légèrement fumeux, mélodies évanescentes et autres arrangements sophistiqués de son concepteur, et de l'interprétation explosive et rageuse, en compagnie des trois autres pas vraiment concernés. Mais comme toujours le mélange détonnant fonctionne à merveille, et Tommy, finalement d'une cohérence sans failles et d'une étrange et inaltérable beauté, qu'ils interpréteront sans interruptions aux quatre coins de la planète durant plus d'une année, sera un succès phénoménal marquant à jamais l'histoire du rock tout autant que celle du groupe.

Car, en fait, les Who resteront marqué de façon indélébile par le souvenir envahissant du joueur de flipper aveugle, sourd et muet, et qui plombera définitivement l'avenir du groupe, désormais sur la pente descendante. Il n'est, certes, pas question de tenir pour quantité négligeable leur deuxième chef d'?uvre studio Who's next (sorti en 1971, avec le célèbre « Won't get fooled again »), mais déjà, l'échec et l'implacable usure oeuvrent dans l'ombre. En effet, ce magnifique album où Townshend essaye d'amener le groupe, à son corps défendant, sur des voies nouvelles (introduction du violon et autres synthétiseurs) tout en préservant (mais, ce sera pour la dernière fois) la force brute de son rock, n'est autre que le reliquat d'un projet grandiose avorté (le fameux « Lifehouse » dont quelques autres titres émailleront les albums suivants, les seuls parfois à sortir ceux-ci de la quasi indigence, eu égard à un tel passé, comme le « Who are You » de l'album éponyme en 1978), projet dont un des objectifs déclarés était justement de surpasser Tommy et que le groupe et son leader, réuni en « drug-brain session » , n'arriveront jamais à mener à terme (ce dont Pete Townshend ne se remettra vraiment jamais).Puis au fur et à mesure, la consommation intensive de substances diverses, la répétition harassante des concerts, les démêlés judiciaires, ce mode de vie que les quatre avait porté à son summum d'intensité, allaient malheureusement, mais inéluctablement, avoir de terribles conséquences sur leurs capacités créatives et leur énergie interprétative. Et la fin du groupe ne fut plus qu'une longue et lente agonie : de l'opéra-récidive raté Quadrophenia sorti en 1973 (toujours Tommy en point de mire) aux deux derniers albums avec Keith Moon à la batterie (déjà plus que l'ombre de lui-même), suivie d'une pathétique tentative de résurrection sans le ph?nix frappeur, ponctuée par deux albums insipides. En dernier ressort, le groupe qui avait tout et trop donné, débordé, dans une sorte de juste retour des choses, par la jeunesse impitoyable et triomphante : la déferlante punk qu'il avait lui même, en quelque sorte, initié quelques quinze ans plus tôt, décidait quand même de fermer le ban après une tournée d'adieu fin 1982, tournée suivant l' ultime album dont seul le titre reste peut-être à retenir : It's Hard.
Il faut attendre 2006 pour voir Roger Daltrey et Pete Townsendrevêtir la casaque des Who pour Endless Wire. Parmi les nombreux musiciens additionnels présents sur le disque, on peut noter Pino Palladino à la basse et Zac Starkey (fils de Ringo Starr) à la batterie. The Who continue ensuite de tourner sporadiquement avec divers intervenants. Le 30 mars 2010, le groupe joue Quadrophenia pour la première fois en intégralité sur scène au Royal Albert Hall de Londres. Il s'ensuit une tournée qui démarre en novembre 2012 à Ottawa au Canada pour se terminer le 8 juillet 2013 au stade Wembley Arena de Londres. Cette prestation est filmée et enregistrée et fait l'objet du CD et DVD Quadrophenia - Live in London qui sort en juin 2014. Copyright 2014 Music Story Olivier Souane

Car même si l'?uvre musicale reste d'importance (mais c'est l'affaire essentiellement de Pete Townshend) la légende du groupe s'est construite autour de cette façon sauvage de se produire en concert, de créer le standard quasiment inégalé de l'explosion scénique rock. C'est sur un déluge sonore jamais entendu à l'époque, un sommet d'énergie brute rarement atteint, que Pete Townshend (formidable guitariste rythmique, perpétuellement en mouvement, assénant ces puissants accords à coup d'incroyables moulinets de bras - inspirés par son éminent homologue Keith Richards et à qui il doit le surnom de « Birdman »), John Entwistle (bassiste virtuose, ne se contentant plus d'un accompagnement paresseux, mais donnant pour la première fois à son instrument un rôle de tout premier ordre, un des seuls sûrement à l'époque à pouvoir endiguer, encadrer la frénésie rythmique de leur démentiel batteur), Keith Moon (l'unique, l'imperturbable, l'inénarrable, machine à cogner, dans une effarante continuité, comme s'il avait dix bras, avec une facilité, une rapidité, une sécheresse d'exécution hallucinantes, comme insouciant du tempo, sans pourtant et miraculeusement jamais le perdre) et Roger Daltrey (l'icône rock tant copiée plus tard, à commencer par Robert Plant de Led Zeppelin, au magnifique et puissant organe, inaugurant les indémodables stridence du hurlement) que tous les quatre, alors et seulement complètement soudés dans une gigantesque entreprise de démolition, asseyaient donc leurs prestations live, poussant celles-ci jusqu'au paroxysme qui les voyaient régulièrement fracasser, pulvériser, guitares, amplis et batteries, et terminer dans un indescriptible maëlstrom de furie destructrice.

L'expression de Florent Mazzoleni dans son « Odyssée du Rock » : « la puissance d'un tremblement de terre et la finesse d'une lame de rasoir », le record dont fait état le Guiness Book (120 db à 50 mètres de la scène lors d'un concert aux Etats-unis) et les affres financières dont le groupe faillit ne jamais se relever, tant ils étaient contraints de renouveler perpétuellement le matériel, résument finalement assez bien la sauvagerie de leurs concerts.Mais non content de semer la tempête sur scène, les Who et tout particulièrement Keith Moon, soufflaient un vent de folie ravageuse partout où ils passaient, ne reculant devant aucune frasque pour provoquer sans cesse et toujours la bonne société, et revendiquer plus que haut et fort une rage d'exister, pour le moins totalement libérée des normes et des conventions (inventant, par exemple, le jet de téléviseur des chambres d'hôtels dont ils furent, pour certains, longtemps interdits, en représailles à l'ampleur des dégâts qu'ils laissaient à chaque fois derrière eux ), créant là aussi une nouvelle et délirante esthétique comportementale qui allait faire date.

On comprendra donc que l'héritage essentiel de leur discographie soient les deux cathartiques témoignages des prestations de leur apogée scénique : le Live at Leeds de 1971 et le Live à l'Isle de Wight de 70 (en fait paru bien plus tard). Et l'on s'arrêtera malheureusement là, car le groupe qui avait clairement exprimé l'espoir pour ses membres de mourir avant la vieillesse, allait tenir à moitié cette promesse, et payer un lourd tribut à cette orgie d'excès en tous genres (orchestrée bien sûr par des substances qui n'ont pas toujours pour effet de prolonger l'espérance de vie), usé avant l'heure, se délitant petit à petit après cet acmé discographique live et les chefs d'?uvre en studio de la maturité (musicale il s'entend car pour le reste ..), jusqu'à l'extinction finale en 1982, dont la mort prématurée en 1978 de leur âme damnée de batteur peut être considérée, à postériori, comme un funeste et cruel symbole précurseur.

Car il est clair dès le premier album (où retentit l'hymne de toute une jeunesse rebelle « My Génération ») en 1965 que, musicalement transcendé par le jeu incroyable de Keith Moon et l'énergie démente qu'il insuffle au groupe, les Who sont en train d'accoucher d'une façon quasiment inédite de jouer du rock (à l'instar, dans un registre légérement différent, des Kinks dont le premier single du groupe « I can't explain », paru l'année précédente, s'inspire clairement, comme le reconnaîtra Pete Towshend lui-même), d'une façon qu'on pourrait qualifier de purement britannique de s'accaparer l'héritage. Héritage des schémas du rock américain à la Chuck Berry et du rythm'n blues (ils reprennent d'ailleurs deux titres de James Brown) qu'ils dépoussièrent d'une certaine sensualité, d'un certain swing (marquant fortement, par exemple, le style Rolling Stones) tout autant que des démonstrations de virtuosité en vogue sur la scène londonienne alors foisonnante de guitar-heroes en herbe (si John Entwistle n'hésite pas, pour la bonne cause, à en produire un de temps en temps, mais en ce qui concerne la basse c'est quasiment révolutionnaire, tout solo, surtout s'il est démonstratif est quasiment prohibé chez Pete Townshend, de toutes façons limité techniquement dans ce domaine, mais qui par contre, véritable tête chercheuse, redouble d'inventivité pour électrifier, durcir, densifier, le son de sa guitare : des powers-chords ou accords de quinte au médiator glissant sur le manche, en passant par le larsen, la distorsion, les variations subites de volume, sans oublier le feedback, même si en la matière la bataille en reconnaissance de paternité fait rage avec Jeff Beck) pour un expression musicale beaucoup plus tranchante, plus agressive, plus blanche, comme on le dit de la colère, de la rage ou du bruit, et que le rock-garage aux Etats-Unis n'allait pas tarder à reprendre à son compte, en attendant les Stooges et autres précurseurs du Punk.

Mais en tout bon britannique qu'il est, Pete Townshend a la pop chevillée au corps, et aux brûlots du premier album vont de plus en plus succéder, toujours sur ce fond sonore âpre et fougueux, de splendides vignettes de pop survoltée aux mélodies superbes et aux magnifiques harmonies vocales, où le leader des Who, chroniqueur avisé, talentueux et sarcastique de son époque (au même titre que Ray Davies) n'hésite pas à mettre en scène les frustrations, pour une fois exprimées sans détours, d'une jeunesse désemparée. Et c'est sur un tempo d'enfer lui aussi, et avec quelques poussées psychédéliques dans le goût de l'époque, donc que, de « Substitute » à « Magic Bus » en passant par « Happy Jack » et autres « I Can't see for Miles » les hits se succéderont au gré des trois albums suivants (dont le particulièrement loufoque The Who Sell Out en 1968), un parfait résumé, dans des versions magistralement réenregistrées, en étant donné dans l'album Meaty Beaty Big and Bouncy sorti en 1971) pendant que le groupe continue à incendier les scènes et les chambres d'hôtel du monde entier, jusqu'à la sortie en 1969 du chef d'?uvre qui allait enfin leur apporter la lumière.

Car Pete Townshend a dans l'idée depuis longtemps de marquer de son empreinte l'histoire de la musique populaire de son temps, et n'a jamais caché ses ambitions de compositeur (des titres anciens annoncent et préfigurent, déjà dans la forme, en ce qui concerne « A quick one while he's away » du second album, et plus encore dans les grilles d'accords et les mélodies elles mêmes, en ce qui concerne « Tatoo » et surtout « Rael » du troisième, l'?uvre à venir) . Déficit d'image, désir de reconnaissance (on raconte, par exemple, que le premier bris de guitare sur le plafond trop bas d'un club aurait été purement accidentel, et que c'est devant le manque de réaction du public qu'il aurait décidé d'en remettre une couche) tout est bon pour faire parler de lui. Mais le meilleur moyen est encore de pondre le grand-?uvre auquel il aspire. Et ce sera bien sûr Tommy, répertorié comme le premier opéra rock (en tous cas, à succès, puisque le SF Sorrowdes Pretty Things sert indubitablement de point de repère), de nouveau le « mariage de la carpe et du lapin » : en tous cas, celui de la puissance exacerbée d'un groupe rock en pleine possession de ses moyens et de la musique sérieuse voire prétentieuse ; celui des préoccupations mégalomaniaques, concepts légèrement fumeux, mélodies évanescentes et autres arrangements sophistiqués de son concepteur, et de l'interprétation explosive et rageuse, en compagnie des trois autres pas vraiment concernés. Mais comme toujours le mélange détonnant fonctionne à merveille, et Tommy, finalement d'une cohérence sans failles et d'une étrange et inaltérable beauté, qu'ils interpréteront sans interruptions aux quatre coins de la planète durant plus d'une année, sera un succès phénoménal marquant à jamais l'histoire du rock tout autant que celle du groupe.

Car, en fait, les Who resteront marqué de façon indélébile par le souvenir envahissant du joueur de flipper aveugle, sourd et muet, et qui plombera définitivement l'avenir du groupe, désormais sur la pente descendante. Il n'est, certes, pas question de tenir pour quantité négligeable leur deuxième chef d'?uvre studio Who's next (sorti en 1971, avec le célèbre « Won't get fooled again »), mais déjà, l'échec et l'implacable usure oeuvrent dans l'ombre. En effet, ce magnifique album où Townshend essaye d'amener le groupe, à son corps défendant, sur des voies nouvelles (introduction du violon et autres synthétiseurs) tout en préservant (mais, ce sera pour la dernière fois) la force brute de son rock, n'est autre que le reliquat d'un projet grandiose avorté (le fameux « Lifehouse » dont quelques autres titres émailleront les albums suivants, les seuls parfois à sortir ceux-ci de la quasi indigence, eu égard à un tel passé, comme le « Who are You » de l'album éponyme en 1978), projet dont un des objectifs déclarés était justement de surpasser Tommy et que le groupe et son leader, réuni en « drug-brain session » , n'arriveront jamais à mener à terme (ce dont Pete Townshend ne se remettra vraiment jamais).Puis au fur et à mesure, la consommation intensive de substances diverses, la répétition harassante des concerts, les démêlés judiciaires, ce mode de vie que les quatre avait porté à son summum d'intensité, allaient malheureusement, mais inéluctablement, avoir de terribles conséquences sur leurs capacités créatives et leur énergie interprétative. Et la fin du groupe ne fut plus qu'une longue et lente agonie : de l'opéra-récidive raté Quadrophenia sorti en 1973 (toujours Tommy en point de mire) aux deux derniers albums avec Keith Moon à la batterie (déjà plus que l'ombre de lui-même), suivie d'une pathétique tentative de résurrection sans le ph?nix frappeur, ponctuée par deux albums insipides. En dernier ressort, le groupe qui avait tout et trop donné, débordé, dans une sorte de juste retour des choses, par la jeunesse impitoyable et triomphante : la déferlante punk qu'il avait lui même, en quelque sorte, initié quelques quinze ans plus tôt, décidait quand même de fermer le ban après une tournée d'adieu fin 1982, tournée suivant l' ultime album dont seul le titre reste peut-être à retenir : It's Hard.
Il faut attendre 2006 pour voir Roger Daltrey et Pete Townsendrevêtir la casaque des Who pour Endless Wire. Parmi les nombreux musiciens additionnels présents sur le disque, on peut noter Pino Palladino à la basse et Zac Starkey (fils de Ringo Starr) à la batterie. The Who continue ensuite de tourner sporadiquement avec divers intervenants. Le 30 mars 2010, le groupe joue Quadrophenia pour la première fois en intégralité sur scène au Royal Albert Hall de Londres. Il s'ensuit une tournée qui démarre en novembre 2012 à Ottawa au Canada pour se terminer le 8 juillet 2013 au stade Wembley Arena de Londres. Cette prestation est filmée et enregistrée et fait l'objet du CD et DVD Quadrophenia - Live in London qui sort en juin 2014. Copyright 2014 Music Story Olivier Souane

Car même si l'?uvre musicale reste d'importance (mais c'est l'affaire essentiellement de Pete Townshend) la légende du groupe s'est construite autour de cette façon sauvage de se produire en concert, de créer le standard quasiment inégalé de l'explosion scénique rock. C'est sur un déluge sonore jamais entendu à l'époque, un sommet d'énergie brute rarement atteint, que Pete Townshend (formidable guitariste rythmique, perpétuellement en mouvement, assénant ces puissants accords à coup d'incroyables moulinets de bras - inspirés par son éminent homologue Keith Richards et à qui il doit le surnom de « Birdman »), John Entwistle (bassiste virtuose, ne se contentant plus d'un accompagnement paresseux, mais donnant pour la première fois à son instrument un rôle de tout premier ordre, un des seuls sûrement à l'époque à pouvoir endiguer, encadrer la frénésie rythmique de leur démentiel batteur), Keith Moon (l'unique, l'imperturbable, l'inénarrable, machine à cogner, dans une effarante continuité, comme s'il avait dix bras, avec une facilité, une rapidité, une sécheresse d'exécution hallucinantes, comme insouciant du tempo, sans pourtant et miraculeusement jamais le perdre) et Roger Daltrey (l'icône rock tant copiée plus tard, à commencer par Robert Plant de Led Zeppelin, au magnifique et puissant organe, inaugurant les indémodables stridence du hurlement) que tous les quatre, alors et seulement complètement soudés dans une gigantesque entreprise de démolition, asseyaient donc leurs prestations live, poussant celles-ci jusqu'au paroxysme qui les voyaient régulièrement fracasser, pulvériser, guitares, amplis et batteries, et terminer dans un indescriptible maëlstrom de furie destructrice.

L'expression de Florent Mazzoleni dans son « Odyssée du Rock » : « la puissance d'un tremblement de terre et la finesse d'une lame de rasoir », le record dont fait état le Guiness Book (120 db à 50 mètres de la scène lors d'un concert aux Etats-unis) et les affres financières dont le groupe faillit ne jamais se relever, tant ils étaient contraints de renouveler perpétuellement le matériel, résument finalement assez bien la sauvagerie de leurs concerts.Mais non content de semer la tempête sur scène, les Who et tout particulièrement Keith Moon, soufflaient un vent de folie ravageuse partout où ils passaient, ne reculant devant aucune frasque pour provoquer sans cesse et toujours la bonne société, et revendiquer plus que haut et fort une rage d'exister, pour le moins totalement libérée des normes et des conventions (inventant, par exemple, le jet de téléviseur des chambres d'hôtels dont ils furent, pour certains, longtemps interdits, en représailles à l'ampleur des dégâts qu'ils laissaient à chaque fois derrière eux ), créant là aussi une nouvelle et délirante esthétique comportementale qui allait faire date.

On comprendra donc que l'héritage essentiel de leur discographie soient les deux cathartiques témoignages des prestations de leur apogée scénique : le Live at Leeds de 1971 et le Live à l'Isle de Wight de 70 (en fait paru bien plus tard). Et l'on s'arrêtera malheureusement là, car le groupe qui avait clairement exprimé l'espoir pour ses membres de mourir avant la vieillesse, allait tenir à moitié cette promesse, et payer un lourd tribut à cette orgie d'excès en tous genres (orchestrée bien sûr par des substances qui n'ont pas toujours pour effet de prolonger l'espérance de vie), usé avant l'heure, se délitant petit à petit après cet acmé discographique live et les chefs d'?uvre en studio de la maturité (musicale il s'entend car pour le reste ..), jusqu'à l'extinction finale en 1982, dont la mort prématurée en 1978 de leur âme damnée de batteur peut être considérée, à postériori, comme un funeste et cruel symbole précurseur.

Car il est clair dès le premier album (où retentit l'hymne de toute une jeunesse rebelle « My Génération ») en 1965 que, musicalement transcendé par le jeu incroyable de Keith Moon et l'énergie démente qu'il insuffle au groupe, les Who sont en train d'accoucher d'une façon quasiment inédite de jouer du rock (à l'instar, dans un registre légérement différent, des Kinks dont le premier single du groupe « I can't explain », paru l'année précédente, s'inspire clairement, comme le reconnaîtra Pete Towshend lui-même), d'une façon qu'on pourrait qualifier de purement britannique de s'accaparer l'héritage. Héritage des schémas du rock américain à la Chuck Berry et du rythm'n blues (ils reprennent d'ailleurs deux titres de James Brown) qu'ils dépoussièrent d'une certaine sensualité, d'un certain swing (marquant fortement, par exemple, le style Rolling Stones) tout autant que des démonstrations de virtuosité en vogue sur la scène londonienne alors foisonnante de guitar-heroes en herbe (si John Entwistle n'hésite pas, pour la bonne cause, à en produire un de temps en temps, mais en ce qui concerne la basse c'est quasiment révolutionnaire, tout solo, surtout s'il est démonstratif est quasiment prohibé chez Pete Townshend, de toutes façons limité techniquement dans ce domaine, mais qui par contre, véritable tête chercheuse, redouble d'inventivité pour électrifier, durcir, densifier, le son de sa guitare : des powers-chords ou accords de quinte au médiator glissant sur le manche, en passant par le larsen, la distorsion, les variations subites de volume, sans oublier le feedback, même si en la matière la bataille en reconnaissance de paternité fait rage avec Jeff Beck) pour un expression musicale beaucoup plus tranchante, plus agressive, plus blanche, comme on le dit de la colère, de la rage ou du bruit, et que le rock-garage aux Etats-Unis n'allait pas tarder à reprendre à son compte, en attendant les Stooges et autres précurseurs du Punk.

Mais en tout bon britannique qu'il est, Pete Townshend a la pop chevillée au corps, et aux brûlots du premier album vont de plus en plus succéder, toujours sur ce fond sonore âpre et fougueux, de splendides vignettes de pop survoltée aux mélodies superbes et aux magnifiques harmonies vocales, où le leader des Who, chroniqueur avisé, talentueux et sarcastique de son époque (au même titre que Ray Davies) n'hésite pas à mettre en scène les frustrations, pour une fois exprimées sans détours, d'une jeunesse désemparée. Et c'est sur un tempo d'enfer lui aussi, et avec quelques poussées psychédéliques dans le goût de l'époque, donc que, de « Substitute » à « Magic Bus » en passant par « Happy Jack » et autres « I Can't see for Miles » les hits se succéderont au gré des trois albums suivants (dont le particulièrement loufoque The Who Sell Out en 1968), un parfait résumé, dans des versions magistralement réenregistrées, en étant donné dans l'album Meaty Beaty Big and Bouncy sorti en 1971) pendant que le groupe continue à incendier les scènes et les chambres d'hôtel du monde entier, jusqu'à la sortie en 1969 du chef d'?uvre qui allait enfin leur apporter la lumière.

Car Pete Townshend a dans l'idée depuis longtemps de marquer de son empreinte l'histoire de la musique populaire de son temps, et n'a jamais caché ses ambitions de compositeur (des titres anciens annoncent et préfigurent, déjà dans la forme, en ce qui concerne « A quick one while he's away » du second album, et plus encore dans les grilles d'accords et les mélodies elles mêmes, en ce qui concerne « Tatoo » et surtout « Rael » du troisième, l'?uvre à venir) . Déficit d'image, désir de reconnaissance (on raconte, par exemple, que le premier bris de guitare sur le plafond trop bas d'un club aurait été purement accidentel, et que c'est devant le manque de réaction du public qu'il aurait décidé d'en remettre une couche) tout est bon pour faire parler de lui. Mais le meilleur moyen est encore de pondre le grand-?uvre auquel il aspire. Et ce sera bien sûr Tommy, répertorié comme le premier opéra rock (en tous cas, à succès, puisque le SF Sorrowdes Pretty Things sert indubitablement de point de repère), de nouveau le « mariage de la carpe et du lapin » : en tous cas, celui de la puissance exacerbée d'un groupe rock en pleine possession de ses moyens et de la musique sérieuse voire prétentieuse ; celui des préoccupations mégalomaniaques, concepts légèrement fumeux, mélodies évanescentes et autres arrangements sophistiqués de son concepteur, et de l'interprétation explosive et rageuse, en compagnie des trois autres pas vraiment concernés. Mais comme toujours le mélange détonnant fonctionne à merveille, et Tommy, finalement d'une cohérence sans failles et d'une étrange et inaltérable beauté, qu'ils interpréteront sans interruptions aux quatre coins de la planète durant plus d'une année, sera un succès phénoménal marquant à jamais l'histoire du rock tout autant que celle du groupe.

Car, en fait, les Who resteront marqué de façon indélébile par le souvenir envahissant du joueur de flipper aveugle, sourd et muet, et qui plombera définitivement l'avenir du groupe, désormais sur la pente descendante. Il n'est, certes, pas question de tenir pour quantité négligeable leur deuxième chef d'?uvre studio Who's next (sorti en 1971, avec le célèbre « Won't get fooled again »), mais déjà, l'échec et l'implacable usure oeuvrent dans l'ombre. En effet, ce magnifique album où Townshend essaye d'amener le groupe, à son corps défendant, sur des voies nouvelles (introduction du violon et autres synthétiseurs) tout en préservant (mais, ce sera pour la dernière fois) la force brute de son rock, n'est autre que le reliquat d'un projet grandiose avorté (le fameux « Lifehouse » dont quelques autres titres émailleront les albums suivants, les seuls parfois à sortir ceux-ci de la quasi indigence, eu égard à un tel passé, comme le « Who are You » de l'album éponyme en 1978), projet dont un des objectifs déclarés était justement de surpasser Tommy et que le groupe et son leader, réuni en « drug-brain session » , n'arriveront jamais à mener à terme (ce dont Pete Townshend ne se remettra vraiment jamais).Puis au fur et à mesure, la consommation intensive de substances diverses, la répétition harassante des concerts, les démêlés judiciaires, ce mode de vie que les quatre avait porté à son summum d'intensité, allaient malheureusement, mais inéluctablement, avoir de terribles conséquences sur leurs capacités créatives et leur énergie interprétative. Et la fin du groupe ne fut plus qu'une longue et lente agonie : de l'opéra-récidive raté Quadrophenia sorti en 1973 (toujours Tommy en point de mire) aux deux derniers albums avec Keith Moon à la batterie (déjà plus que l'ombre de lui-même), suivie d'une pathétique tentative de résurrection sans le ph?nix frappeur, ponctuée par deux albums insipides. En dernier ressort, le groupe qui avait tout et trop donné, débordé, dans une sorte de juste retour des choses, par la jeunesse impitoyable et triomphante : la déferlante punk qu'il avait lui même, en quelque sorte, initié quelques quinze ans plus tôt, décidait quand même de fermer le ban après une tournée d'adieu fin 1982, tournée suivant l' ultime album dont seul le titre reste peut-être à retenir : It's Hard.
Il faut attendre 2006 pour voir Roger Daltrey et Pete Townsendrevêtir la casaque des Who pour Endless Wire. Parmi les nombreux musiciens additionnels présents sur le disque, on peut noter Pino Palladino à la basse et Zac Starkey (fils de Ringo Starr) à la batterie. The Who continue ensuite de tourner sporadiquement avec divers intervenants. Le 30 mars 2010, le groupe joue Quadrophenia pour la première fois en intégralité sur scène au Royal Albert Hall de Londres. Il s'ensuit une tournée qui démarre en novembre 2012 à Ottawa au Canada pour se terminer le 8 juillet 2013 au stade Wembley Arena de Londres. Cette prestation est filmée et enregistrée et fait l'objet du CD et DVD Quadrophenia - Live in London qui sort en juin 2014. Copyright 2014 Music Story Olivier Souane


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