Deuxième album de Bruce Springsteen, ce disque est le plus "soul" du Boss. Sept titres assez longs composent le disque, aux arragements très rythme'n'blues. L'influence de Bob Dylan est encore très présente dans les textes, des histoires-fleuves aux rimes et allitérations très travaillées. C'est surtout pour la musique et les arrangements que ce disque parvient encore à tenir le coup, sans doute parce que ce son est revenu à la mode ces dernières années. Parmi les titres, deux pépites, deux classiques de la scène, qui en concert peuvent être rallongées à volonté : "Kitty's back in town", très bluezy, avec solo d'orgue hammon et cuivre à gogo, un gros foutoir d'une redoutable efficacité, et au swingue impeccable ! Et puis le must : "Rosalita", 7 minutes d'intensité, d'énergie, de rupture de rythmes, un des morceaux les plus réussis de l'auteur. Dans un registre plus folk, nous avons "Sandy" superbe ballade avec accordéon, "Wild Billy circus" et sa fanfare, et pour conclure l'album "New York City serenade", longue chanson de 10 minutes, avec une très jolie intro au piano, et un dévellopement original, sans doute un peu alambiqué, mais terriblement attachant.
On pourra dire, à raison, que ce deuxième album se cherche un peu, trop d'influence et de styles différents, parfois brouillon, quand on sait ensuite la direction très rock et carrée qu'a choisi Springsteen. L'auteur a sans doute voulu y mettre trop de choses. Mais "The wild..." est en tout cas un album très intense, attachant, généreux, plein de rythmes et de couleurs. Plus de 30 ans plus tard, avec "We Shall overcome", Springsteen est revenu à ce genre de musique, aux sources, entre blues et fanfare, une musique conviviale, et cela lui va très bien !
L'année suivante, Springsteen accouchera (dans la douleur) de son chef d'oeuvre : "Born to run", et on connaît la suite...