Un autre commentateur ayant laissé un résumé, je vais plutôt expliquer pourquoi j'ai trouvé ce Prix Hugo et aussi Prix Nebula particulièrement décevant.
Tout d'abord, l'écriture. Je l'ai trouvée plate au possible, sans relief. L'auteur glisse des expressions thaïlandaises et japonaises, sans doute dans un souci de faire couleur locale. Mais là où cela devient ridicule, c'est quand deux personnages sont censés se parler en Thaï et qu'on trouve ces expressions : doit-on en déduire alors qu'ils se parlent en Thaï et que les expressions qu'ils utilisent sont en fait en anglais ? C'est agaçant à plus forte raison quand on sait que ces mots ont des équivalents ou des traductions.
Ensuite, les personnages. On peut tous les résumer à quelques mots, c'est dire leur épaisseur et leur profondeur ! Emiko, génétiquement modifiée mais qui va dépasser sa "programmation" orginelle, Anderson qui n'est intéressé que par le profit et mené par son intérêt, Hok Seng, le survivant paranoïaque mais pas assez, Jaidee, l'incorruptible chevalier blanc, etc. Un seul personnage pourrait sortir du lot, mais finalement, vu le lot en question, ce n'est pas dire grand chose.
Pour finir, l'histoire, l''action et le rythme. Il ne se passe rien de signifiant ou presque, à part dans les 100 dernières pages. Je ne suis pas plus amateur que ça de grosses explosions et de courses-poursuites, mais j'aime bien qu'il y ait un sens, un rythme. Là, la totalité du roman ne sert qu'à montrer l'engrenage qui mène aux 100 dernières pages, et franchement, il aurait pu faire ça en plus court ou en plus vivant.
Le cadre de la dystopie est très crédible (il n'y a qu'à lire le journal pour s'en rendre compte), mais finalement, il l'est tellement qu'on a l'impression d'un manque d'originalité terrible (que l'auteur essaye probablement de compenser par tous les "wais" et autres "kammas").
Je dois avouer en plus que j'ai eu une certaine répugnance face aux deux scènes de viol. En elles-mêmes, elles peuvent se justifier puisqu'elles expliquent les motivations d'un personnage. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que deux scènes de viol de deux pages et demi chacune, c'est montrer une certaine complaisance pour provoquer et attirer le chaland. Après, je suis peut-être réac' !
Bref, j'espérais que le double prix Hugo et Nebula serait un indicateur pour un roman qui me plairait. Ce n'est pas le cas, j'ai peut-être raté quelque chose que les membres des jurys ont vu.
Mais je trouve que des romans de SF plus originaux, mieux écrits et avec des personnages de plus grande qualité, sont sortis en 2009.