Film excellent,... percutant comme une série de " manchettes "!
Un hommage à ces obscurs gladiateurs des temps modernes qui, dans des combats-spectacle plus ou moins chorégraphiés, mettent en péril leur intégrité physique par amour du public... et pour un cachet dérisoire.
Sans conteste, le réalisateur Darren Oronofsky signe ici un vrai petit chef d'oeuvre, malgré un budget restreint.
Il brosse, avec un réalisme parfois à la limite du sordide, le portrait d'une star adulée des rings de catch des années 80: Randy " le Bélier " Robinson. Vingt ans ont passé. Randy vit dans une caravane, se produit toujours les week-ends, pour quelques billets, dans des salles de gym d'école ou de quartier, devant un maigre public.
Si le feu sacré est toujours là, la " mécanique ", boostée chimiquement, commence à renâcler, usée par les violents excès physiques.
A la suite d'une exhibition extrême ( raw-catch ), il s'effondre, foudroyé par une crise cardiaque.
Contraint au repos du guerrier, il renonce aux combats, trouve un boulot peu gratifiant dans une grande surface, tente de renouer contact avec sa fille dont il s'est détourné et n'a pas vu grandir, et essaie de construire une relation avec une strip-teaseuse " d'âge mûr "...
Seul, largué, paumé, abîmé par la vie et sa passion, il ne pourra renoncer à l'appel du ring, par amour du catch, du spectacle et pour l'amour de ses fans...
Le Bélier est interprété de manière poignante et magistrale par Mickey Rourke. L'ex " belle gueule de voyou bodybuildé " réalise ici une époustouflante performance d'acteur, après 15 années d'absence des plateaux de cinéma et de " descentes aux enfers ". Ce rôle, sans doute le meilleur de sa carrière, est pour lui plus une re-naissance... qu'un come-back. Souhaitons que ce ne soit pas qu'un feu de paille.
Les prestations de Marisa Tomei et de la talentueuse et très prometteuse Evan Rachel Wood sont également à saluer bien bas.
Sans oublier la très belle chanson originale du film, écrite et interprètée par Bruce " the Boss " Spingsteen.