Richard Kelly ou comme seuls les états unis peuvent nous proposer ce genre de réalisateurs encore aujourd'hui.
Dony Darko, son premier long, inaugurait déjà une forme, un style et une approche du fantastique très littéraire mais qui suggérait, qui caressait le sujet jusqu' à finalement l'étreindre.
The box, son troisième film est comme l'achèvement, la finalité des idée qui taraudent le réalisateur depuis le début de son expérience cinématographique.
Sous ses aspects premiers de thriller classique avec le couple joué par l'actrice star, le concept vite balancé et évident, la facture cossue de l'ensemble, le film va très vite se transformer. On rentre donc par une petite porte, on est dans un couloir qui semble balisé mais l'espace semble s'élargir avec bientôt des tas d'escaliers et d'autres couloirs qui s'offrent à vous. Bientôt vous êtes dans un tableau d' Eicher.
The box, sans vouloir raconter l'histoire ou "spoiler", va élargir son prisme au bout de quarante minute de manière folle. Le film est d'une ambition assez étonnante pour ce genre de production. Ce qui finalement n'étonne pas du tout de la part de ce réalisateur qui se sert du cinéma comme le faisait ceux des années soixante dix. John Boorman ou William Friedkin aurait sans doute été tenté par l'expérience à l'époque.
De nos jours, seuls David Fincher aurait pu faire ce film ou même Roman Polansky. On pense à ces deux réalisateurs en tout cas.
The box, c'est un film de science fiction à part entière avec cet alibi premier de thriller qui n'en est finalement pas un.
Film hybride malaxant les genres et créant même le doute quand à savoir s'il s'inspire lui-même d'un cinéma des 70's, de X-files, de la 4 ème dimension (le film est tiré d'une nouvelle de Richard Matthesson) ou bien est-il la matrice de ce genre en soit.
Richard Kelly ne craint pas le grandiloquent. Le film regorge de plans complètement fous, tétanisants, dérangeants, sublimes, malsains.
Il faut y voir également une forme plus aboutie en terme de scénario que ceux de David Lynch. L'un ne pense ses films qu'en terme de rêve et d'univers que l'on peut regarder de notre inconscient. l'autre, à une approche plus pragmatique et souhaite expliquer une partie de ses visions quand à la race humaine et son devenir. L'un est malgré tout un optimiste, l'autre, un idéaliste.
En tout cas, La réalisation est brillante et même si le film ne remporte pas vraiment l'adhésion de ceux qui veulent voir dans le cinéma et surtout dans ce cinéma-là, un chemin tout tracé, balisé avec les tenants et les aboutissants, The box est un magnifique exemple de cinéma de genre.
Après 2012, La route... la fin du monde n'en fini pas de se décliner. Spectaculaire, viscéral et mélancolique et enfin ici, sous la forme d'un choix.