Attention, culte !
1985. Les Mötley Crüe ont déjà enfanté deux albums, dont le très remarqué
Shout At The Devil et ont déjà défrayé la chronique. Mais cela n'est rien à côté de ce qui va suivre.
Il faut remettre l'album dans son contexte. Aux USA, les groupes de Hard US marchent vraiment bien et c'est un peu la surenchère pour se faire remarquer, entre les grands qui se mettent à copier les jeunots (
Kiss,
Ozzy Osbourne) pour avoir une part du gâteau et les jeunots, justement, qui veulent faire leur trou (Bon Jovi, WASP, Ratt... et Mötley Crüe.)
Si ces derniers ont été rapidement sur le devant de cette scène, ce n'est pas un hasard. Alors, c'est vrai qu'on a beaucoup parlé d'eux pour leurs frasques sans aucun rapport avec la musique mais si la musique n'avait pas été à la hauteur, en aurait-on parlé autant ?
Sur ce "Theatre of pain", les Mötley Crüe ont laissé tomber le look bad boys tout en cuir pour le côté paillettes et fanfreluches (foulards, spandex et toute la panoplie propre au Glam). Vince a même récupéré les gants blancs de M. Jackson ! La pochette montre aussi ce virage iconographique, plus dans l'air du temps (on passe tout de même d'un pentacle sur fond noir à ces deux masques de carnaval sur fond rouge/rosé).
Pourtant, côté musique, pas de grands bouleversements. Du riff simpliste mais efficace ("Louder than hell", "Keep your eyes on the money"), du refrain qui claque, de la ballade pour assurer le tube sur MTV ("Home sweet home"), de la reprise calibrée radio également ("Smokin in the boys room") avec vidéos à l'appui bien sûr. Ces deux titres vont d'ailleurs toucher leur cible car ils vont cartonner !
Même si certains y verront un changement de style musical, on n'est pas si éloigné que ça des titres des 2 premiers albums. Car si l'on compare par exemple "Tonight (we need a lover)" à "Looks that kill" sur "Shout", ce n'est pas la révolution annoncée. Mötley Crüe n'a jamais joué du Heavy Metal avec des gros riffs bien gras. Certes, on trouve sur cet album un ensemble de titres taillés pour passer en radio/télé mais on a encore du riff bien lourd ("Save our souls") et le tout reste bien rock n'roll. Vince Neil s'égosille toujours autant et si Mick Mars n'est pas un soliste hors-pair, il sait tout de même glisser le petit solo quand il le faut.
La popularité du groupe va aller en grandissant après cet album, au gré des tournées en première partie de Ozzy Et Kiss justement, puis en tête d'affiche, en proposant des shows de plus en plus gigantesques. La tournée avec Ozzy étant un sommet dans les excès de toutes sortes.
Malgré tout cela et tout ce qui a pu être dit sur ce groupe, aujourd'hui, les 4 musiciens de Mötley Crüe sont toujours là. Ces gars sont de vrais survivants !