Quel bonheur !
Je dois avouer que ce qui a attiré tout d'abord mon attention, avant de lire le titre en forme de clin d'oeil au film de Ridley Scott, avant même de découvrir le nom des actrices, c'est la photo sur l'affiche d'une superbe DS 21...
Pas très sérieux, je le reconnais, pour juger de la qualité d'un film. Mais toutefois suffisant pour intriguer l'amoureux de cette voiture que je suis.
Simultanément, un ami travaillant dans une grande enseigne de produits culturels bien connue m'a conseillé d'acheter la musique de la bande originale. Je suis tombé sous le charme des mélodies originales de Keren Ann et j'ai fondu devant toutes les reprises de ces chansons des sixties revisitées (mais pas massacrées comme on le voit trop souvent par ailleurs). Une pépite : la subtile et troublante interprétation de « La plus belle pour aller danser » par Chris Garneau, jeune chanteur américain qui m'était totalement inconnu jusque là.
Avec tout ça, j'avais donc déjà un a priori plus que favorable quand je me suis rendu dans le cinéma le plus proche pour voir le film.
J'ai adoré. J'ai adoré ce trio de quinqua un peu cabossées par trente ans de vie, de joies, de peines, de désillusions surtout. En dépit de la différence de leur parcours personnels, elles se retrouvent toutes au même point. Ce voyage, auquel on accole parfois l'adjectif « initiatique » aura, sur toutes les trois, l'effet de tirer un trait sur leur passé et leur donnera l'envie de repartir pleines d'enthousiasme sur de nouvelles bases.
La mise en scène de Benoît Pétré est fluide, sans effets superflus, sans tics ampoulés de « débutant qui veut faire genre... » : elle est au service de son film. Point barre !
Les dialogues sont à tomber par terre (la palme revenant à la sublime Caroline Cellier, beaucoup trop rare sur les écrans). Jane Birkin, fragile et émouvante, est magnifique. Catherine Jacob, en « boulet » qu'on traîne un peu par obligation sait aussi bien nous faire sourire que nous émouvoir.
Ma réplique préférée ? Sans doute, après la crevaison sur une route de campagne, lors de la rencontre avec le jeune québecois qui se propose de dépanner les trois pétroleuses. Pour ce qui s'y dit, c'est en bonne place dans la bande annonce...
A sa sortie, je ne pouvais pas ne pas acheter le DVD ! Outre une qualité d'image supérieure à celle à laquelle j'ai eu droit dans ma (petite) salle de multiplexe (!), ce DVD comporte des bonus intéressants. On y apprend (entre autres choses) que Benoît Pétré s'est -assez librement- inspiré de l'histoire de sa propre mère et de ses copines pour inventer ses personnages. Dans la version « commentée », sa mère apporte quelques bémols par ci, par là, mais apprend à l'occasion à son fils qu'il a été parfois en-deçà de la réalité...
Un très bon film, qu'il faut apprécier pour ce qu'il est : un très agréable périple à travers le pays avec de délicieuses compagnes de voyage.
Et puis alors, qu'est-ce que c'est beau une DS !...