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Ce nouvel essai de Bertrand Leclair fait suite à LIndustrie de la consolation qui, en 1998, étudiait les rapports nécessairement conflictuels de « la littérature face au cerveau global » et à ce quil nomme aujourdhui, avec un humour et un dégoût légitimes, « lidéologie » ou « lunivers communicationnaire ». Face à limpératif communicationnel qui formule une nouvelle « doxa », la littérature saffirme comme résistance, elle se veut « paradoxale », résistant à la transparence de la langue et des corps. Elle est en ce sens tout entière érotique, plongeant dans lépaisseur de la langue et donc des corps, contrant la déréalisation des individus.
« Je nattends pas de la littérature quelle mindique le sens de la vie. Jattends de la littérature quelle me déroute sans cesse [...].». Cette Théorie de la déroute par la littérature nest pas une idée neuve ; elle emprunte beaucoup à Bataille et à la notion de dépense. Le mérite de Bertrand Leclair est de mettre ce désir de littérature en rapport avec une époque qui nest plus celle de Bataille. Et si cette théorie nest pas neuve, on tombera daccord avec Bertrand Leclair pour dire quelle est plus que jamais « scandaleuse ». Cest une pensée, une pratique, qui feront trébucher où les automatismes ruinent jusquà la possibilité de la critique.
Recoupant certains travaux de Pierre Lévy, lanalyse de lauteur dit parfaitement le statut de la parole dans « lunivers communicationnaire » et comment lidéologie travaille la langue au corps. Elle dit aussi comment la littérature, en pariant sur la présence de lautre, peut sauver la langue et partant, une certaine approche du réel et de lhumain. Il faut écrire « dans » la langue comme il faut écrire dans son époque et non « pour » elle. Écrire avec Sarraute et non pas Sartre.
Bertrand Leclair est intelligent cela ne fait aucun doute, une intelligence claire qui sexprime dans une langue claire, précise, en pleine possession de ses moyens. Il a du style. Et si le paysage quil décrit est plus ou moins connu, son livre est une excellente synthèse et son combat plus que légitime, qui fait léloge dune littérature vivante et complexe. --Arnaud Bertina--
« Je nattends pas de la littérature quelle mindique le sens de la vie. Jattends de la littérature quelle me déroute sans cesse [...].». Cette Théorie de la déroute par la littérature nest pas une idée neuve ; elle emprunte beaucoup à Bataille et à la notion de dépense. Le mérite de Bertrand Leclair est de mettre ce désir de littérature en rapport avec une époque qui nest plus celle de Bataille. Et si cette théorie nest pas neuve, on tombera daccord avec Bertrand Leclair pour dire quelle est plus que jamais « scandaleuse ». Cest une pensée, une pratique, qui feront trébucher où les automatismes ruinent jusquà la possibilité de la critique.
Recoupant certains travaux de Pierre Lévy, lanalyse de lauteur dit parfaitement le statut de la parole dans « lunivers communicationnaire » et comment lidéologie travaille la langue au corps. Elle dit aussi comment la littérature, en pariant sur la présence de lautre, peut sauver la langue et partant, une certaine approche du réel et de lhumain. Il faut écrire « dans » la langue comme il faut écrire dans son époque et non « pour » elle. Écrire avec Sarraute et non pas Sartre.
Bertrand Leclair est intelligent cela ne fait aucun doute, une intelligence claire qui sexprime dans une langue claire, précise, en pleine possession de ses moyens. Il a du style. Et si le paysage quil décrit est plus ou moins connu, son livre est une excellente synthèse et son combat plus que légitime, qui fait léloge dune littérature vivante et complexe. --Arnaud Bertina--