CHRONIQUE DE SACHA REINS MAGAZINE BEST SEPTEMBRE 1980 N° 146 Page 68
? (je suis perdu avec toute sa discographie, Jeff Beck Group, BBA ) donc (je pense)7° Album solo 1980 Réf 33T : Epic 83288
Nous sommes nombreux à attendre depuis quelques années que Jeff Beck revienne au rock. Je crois qu'il ne faut plus espérer ce retour. Jeff Beck s'est lancé dans quelques chose de bien plus délicat et difficile, une musique partie du rock mais qui puise dans d'autres formes, d'autres harmonies, d'autres rythmes. Revenir au rock tel qu'il le jouait il y a quelques années serait pour lui faire marche arrière et le créateur qu'il est ne le veut pas et ne le supporterait pas si on le lui imposerait. Adieu donc les "Jailhouse Rock" et plutôt que de pleurer,
dégustons donc ce qu'il mijote ces jours-ci. Beck a découvert avec MacLaughlin cette musique née du croisement du jazz et du rock avec une influence contemporaine (Terje Rypdal, Terry Riley) assez nette. Et ce nouvel album
se situe à la croisée de ces influences diverses.
"There & Back" est un album à la fois dépouillé et complexe. Dépouillé car Jeff y joue en trio ou en quartet.
Il est soutenu par Jan Hammer ou Tony Hymas aux claviers, Mo Foster à la basse et Simon Philipps à la batterie.
La complexité vient évidemment de sa musique. Les thèmes s'entremêlent, les claviers et les parties de guitares forment une mosaïque complexe, un édifice imposant mais fragile tant il en faudrait peu pour se désagrège. Maintenant qu'il ne fait plus de rock dur, Jeff Beck travaille le son avec volupté. En cela il se rapproche d'un Larry Carlton qui lui aussi allie son et feeling. Jeff a quelque chose en plus, c'est l'énergie. Comment ne pas être estomaqué par cette énergie qu'il déploie même avec ce genre de musique ? Il ne m'appartient pas de dire (d'ailleurs j'en serais incapable même si on me le demandait) si Jeff Beck fait fausse route ou non. Si il perd son temps et son énergie où s'il prépare une des musiques de demain. Mais ce que je puis dire c'est que cet homme est un des guitaristes les plus époustouflants qui soient et cet album, qui peut irriter et décevoir les vieux fans de son époque hard, en fait brillamment la démonstration