"And then there were three" a toujours été considéré comme un album bancal et ce, pour de multiples raisons...
D'abord, c'est le premier album à 3 de Genesis, marquant le départ de Steve Hackett, donc changeant complètement les caractéristiques du son de Genesis et la manière dont sont faits les arrangements.
Ensuite, il fut publié en 1978, date de l'explosion "punk" où Genesis fût alors taillé en mille pièces par la critique anglaise.
Et enfin, il marque la première vraie incursion dans les hits-parades et l'ouverture véritable vers l'Amérique grâce au titre "Follow you, follow me".
Donc, un album forcément de transition, aujourd'hui encore rejetté par ses auteurs, qui bénéficiait jusqu'à cette version d'un mixage horrible, lorgnant vers les aïgus avec des sons de claviers omniprésents qui écrasaient tout le reste, chant et batterie inclus !
Grâce au nouveau remixage, l'album semble comme... "transfiguré", à la limite d'être un nouveau disque !
Le chant de Collins est enfin restitué dans toute sa splendeur et dirige les chansons et ses parties de batteries et percussions, parfois extrêmement recherchées et dynamiques, soutiennent enfin la musique qui se veut au départ plus abordable.
On peut redécouvrir quelques grands titres (le solide "Deep in the motherlode", l'amusant "Scenes from a night's dream" ou l'extraordinaire "The lady lies", l'un de mes 10 titres préférés du groupe)
Certes, question compositions, on a plus l'impression d'avoir un recueil de chansons de Banks d'une part et Rutherford de l'autre, que d'une vraie alchimie commune créative.
De plus, Banks, après avoir pondu des chefs-d'oeuvres aux multiples rebondissements, propose ce coup-ci des morceaux plus ramassés, voir simples (la superbe ballade "Many too many") et Rutherford s'embourbe un peu dans ses ballades ("Say it's alright Joe", "Snowbound")...
L'album n'est pas un chef-d'oeuvre donc et le groupe n'avait pas encore trouvé la manière dont il allait fonctionner en trio, mais cette nouvelle version fait beaucoup mieux que le réhabiliter...
Mal-aimé ou sous-estimé, il regagne enfin grâce à ce remixage quelques gallons et on prendra du plaisir à apprécier la version en 5.1 autant que celle stéréo (à noter que le titre "Say it's alright Joe" est le seul à avoir été remixé d'une manière artificielle, les bandes masters du titre ayant disparu)