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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Duo à trois,
Par Stad (Beyrouth, Liban) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Third Man (CD)
Dans la lignée de ses affinités récurrentes pour le 7ième Art, ECM publie ce nouvel opus signé Enrico Rava et Stefano Bollani, et intitulé "The Third Man" - un clin d'oeil au chef d'oeuvre éponyme de Carol Reed (1949).De même que le "Nostalghia" de François Couturier a pour vocation de retranscrire les atmosphères sereines et embuées du monde cinématographique de Tarkovsky, mais sans pour autant puiser la matière musicale dans les bandes son, ainsi le projet du duo Rava - Bollani gravite autour de l'exploration du mystérieux Third Man. C'est du moins le cas de la plage 2 qui prête son titre à l'ensemble - pochette de couverture comprise. Enrico Rava, trompettiste vétéran, dont le lyrisme a largement contribué à étendre la carte du Jazz jusqu'en Europe, et son jeune compatriote Stefano Bollani, entré sans transition dans la cour des grands pianistes de jazz par le biais d'un premier album (Piano Solo) incendiaire, s'accordent ici pour improviser en duo, en alternant les rôles du soliste et de l'accompagnateur. Merveilles de l'Alchimie. Bravant les barrières des générations et se suffisant à eux-mêmes, les deux artistes ne semblent nullement se soucier de l'absence de la contrebasse, et moins encore de celle des percussions. Bien au contraire, la plénitude de leur duo est telle, que le moindre supplément n'aurait été qu'ingérence dans l'intimité essentielle de leur discours. De toute façon le pianiste se charge d'apporter le soutien nécessaire quand et si besoin est, comme dans la longue introduction de Sweet Light (plage 7). C'est dans Cumpari (plage 6) que Bollani va déployer ses ailes, et donner son élan à une épreuve de force d'une virtuosité quasi lisztienne. Par ailleurs, Retrato Em Branco... d'Antonio Carlos Jobim (plage 4) dont une variation est reprise (plage 11), ainsi que deux standards du folklore italien vont pointer le bout du nez, mais pour disparaître aussitôt, et se perdre dans les méandres d'une improvisation subversive, à la fois mûre et géniale. Pour finir, on s'evertuera à tenter de spéculer sur la révélation du Troisième Homme de ce duo mais en vain, puisqu'il n'est autre que chacun de soi, de nous, assis dans le "rôle" anonyme de celui écoute. Cela me semble évident. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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