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5.0 étoiles sur 5
This is Pulp, 25 février 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : This Is Hardcore (CD)
Un album passionant du début à la fin, tant il est riche et tant les atmosphères qui règnent au fil des morceaux sont hétéroclites; chacun des douze titres nous amène dans un monde différent, monde dont il est quasi-impossible de ressortir indemne tant l'émotion est grande. Les sentiments sont exaltés de toute leur force qu'ils soient torturés, désespérés, joyeux, morbides, enjoués ou sinistres ... le tout est parfaitement représenté, de manière théatrale avec de grandes envolées lyriques à cordes ou bien de manière plus intimiste avec une voix basse et une guitare (plein d'instruments différents, en fait !). De nombreuses variations sont présentes au cours des morceaux, dans l'intensité, la puissance faisant souvent penser à l'énergie du désespoir, et les côtés calmes et plus intimistes prenant un air de résignation. Le tout est très mélodique (les mélodies sont sublimissimes), parfaitement orchestré, parfaitement composé (les morceaux de Pulp sont toujours composés de manière assez complexe rendant compte d'un réel génie du groupe et de son leader Jarvis Cocker). Certes il est difficile d'apprécier cet album (à sa juste valeur) du premier coup pour le neophyte car la musique est plutôt complexe. Continuez, ne perdez pas espoir, écoutez et vous verrez ... (air contemplatif) à terme cet album provoque une très forte dépendance...mais c'est si bon qu'on en redemande toujours. Excellent.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Sobre et décalé, 5 avril 2005
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Après les superbes We Love Life et, surtout, Different Class, voici un opus de Pulp fort différent et fort bienvenu. Paru en 1998, cet album s'éloigne des sirènes du rock, s'enfonçant dans des abimes mélodieux aux paroles décalées. Ne cherchez pas le lien avec les deux autres albums cités, à part peut-etre ce ton décalé : on sent chez Jarvis Cocker une montée en puissance des compositions, plus ambitieuses, plus travaillées, et en meme temps sans fioritures.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un samedi soir sur la Terre, 22 juillet 2011
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J'imagine souvent que mon existence morne et répétitive se projette sur grand écran, alors que des spectateurs forcément anonymes s'amusent de mes déconvenues ou de mes petites victoires. Bien sûr, je fais moi-même le montage (le trajet en bagnole ne dure pas plus de quatre plans), je remanie les dialogues, remets correctement les acteurs en scène, cadre le détail important ou élargit le champ de vision, règle la profondeur de champ, et surtout, je ne laisse à personne le choix de la bande-son.
Merci à lui, Jarvis Cocker a eu la même idée : il nous a offert ce disque intemporel pour pouvoir monter nos obsessions en 35mm. Rien ne manque, de la construction des morceaux à leur agencement, des thèmes aux textes, des instruments à la production, voici clé en main une performance à géométrie variable qui illustrera la scène quotidienne de la vaisselle (Dishes) à la grande messe des infos télévisées (The Day After the Revolution) en passant par le porno du samedi soir (This is Hardcore).
Nan mais quel putain de titre, quand même. This is Hardcore. Après avoir fait la liste de toutes les illusions perdues, de s'être rendu compte qu'il n'était pas Jésus alors qu'il avait les mêmes initiales (et c'est lui qui le dit dans le déjà cité Dishes), que les fêtes n'étaient pas toujours festives, que les fins de soirées n'étaient pas toujours couronnées de succès, que les amours passées ne revenaient jamais, que les histoires se répétaient et que la vieillesse attendait sereinement de nous happer, la seule conclusion que Jarvis Cocker trouve à nous dire tient dans ses trois mots : c'est de la pornographie.
La voici couchée une bonne fois pour toutes. La construction de ce disque est parfaite : au milieu se trouve le pivot, le morceau qui donne son titre à l'album. Ce morceau lui-même se bâtit comme un scénario : pas de couplet, pas de refrain, une scène de pénétration, qui commence avec une invitation, qui continue sur une mise en place ("Dont' make a move 'til I say "Action" "), qui explose en un pic rageur, celui-là même qui, enfin, délivre le titre en le nommant ("this is hardcore"). Pile au milieu de ces six minutes trente glacées montées sur un thème rappellant fortement ceux de James Bond, trompettes en sourdine incluses.
Je l'ai dit : intemporel. Sommes-nous en plein Swinging Sixties ? En plein casino de Las Vegas, applaudissant le spectacle du Rat Pack ? Dans un club lounge ? En boîte de nuit immense réservée aux nantis ? Dans tout cela, même si la réalité est plus prosaïque : nous sommes dans un film.
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